Mon histoire

plus qu’un pas

En prenant le métro il y a quelques jours, j’ai vu au sol des stickers qui indiquaient que l’on n’était plus qu’à un pas d’une poubelle. Sous-entendu, “courage mon bon con, plus que quelques centimètres avant de jeter ton papier de Kinder Bueno huile de palmé, sois sympa, ne le jette pas par terre telle une personne qui s’en bat les couilles de tout. Bisou.*

Donc on imprime du plastique collant par terre comme dernier recours pour indiquer une poubelle dont les gens ne se servent visiblement pas, parce que soyons honnêtes, les gens sont sales.

 

“Vous n’êtes plus qu’à un pas”.

 

Putain, j’ai l’impression qu’en ce moment, on est à un pas de tout. Mais que l’on a besoin de nous l’indiquer en 4×3 tellement c’est devenu compliqué de voir ce qui se trouve sous nos yeux.

 

Et quand ce n’est même pas sous nos yeux alors ?

 

Cette impression d’être à un pas du job dont on a envie, du mec que l’on aimera, du sport qui nous plaît, de l’appartement dans lequel on sera heureux.

 

Et au final, on a cette sensation d’être à des milliers de kilomètres d’être capable de faire ce dont on a réellement envie, si tant est que l’on sache ce qui nous plaît dans la vie. Et comme le dit cette personne formidable qu’est Nicolas Beretti dans son TedX, on nous a tellement mis dans la tête qu’il fallait la trouver, cette foutue passion, que l’on passe la plupart de notre vie à la chercher, avec la peur de ne jamais la trouver et par conséquent de rater notre vie.

Et de mourir au compte-gouttes en étant obligé de regarder l’entièreté des saisons d’Inspecteur Barnaby en mangeant des Monster Munch au Ketchup**

Je ne sais pas pour vous mais j’ai tellement l’impression d’être à un pas d’une multitude de choses. Passionnantes ou pas. Et quand je parle avec des gens, qu’ils soient mes amis, ou des inconnus, ou des inconnus bourrés, j’ai cette sensation que pour tout le monde, ce petit pas semble être en réalité des milliers de putain de kilomètres

 

plus qu’un pas avant de faire une rupture conventionnelle et de quitter ce job qui ne nous plaît plus mais dans lequel on reste pour des raisons que l’on a oubliées

 

plus qu’un pas avant de trouver le bon mec, celui qui nous fera ressentir le zsa zsa zsu et auquel on n’aura pas besoin de préciser que oui, on amène une bouteille quand on est invité chez quelqu’un, et que non, regarder 17 fois son téléphone quand on dîne ce n’est pas poli.

 

plus qu’un pas avant de partir seul.e en vacances sans rien avoir réservé au préalable

 

plus qu’un pas avant de trouver le bon lieu pour son mariage, celui qui rentre dans le budget, qui n’est pas à 5h de Paris et qui est disponible avant 2024

 

plus qu’un pas avant de perdre ces kilos qui nous pourrissent depuis l’enfance et que l’on n’arrive pas à accepter

 

plus qu’un pas avant de quitter Paris et aller vraiment là où l’on se sent bien

 

plus qu’un pas pour se mettre en autoentrepreneur et lancer sa marque de fourchettes / fringues / son coffee shop / son tattoo shop / son bar à cocktails

 

plus qu’un pas avant de tout lâcher et de partir avec son passeport, 8 slips, un ordi, un chargeur et de la crème solaire pendant un an. Ou pour toute la vie.

 

plus qu’un pas pour dire non aux sorties du vendredi soir alors que l’on a envie de lire en buvant une camomille

 

plus qu’un pas pour passer végétarien, flexitarien, végétalien, pesco-végétarien, gluten free ou tout régime qui nous semble en accord avec nos convictions

 

plus qu’un pas pour changer d’appartement

 

plus qu’un pas pour trouver le bon sport. Ou en changer.

 

plus qu’un pas pour se dire que oui, on a changé d’ambition, et que ce MBA à 80K avec un job à 90H par semaine dans le conseil en marketing ne nous fait plus du tout envie

 

plus qu’un pas pour écrire ce bouquin auquel on pense depuis des années

Je crois que l’essentiel, c’est juste d’y aller. Parce que si l’on écoute le côté rationnel, trop rationnel que l’on a en nous, on ne le fait jamais ce pas. On ne met même pas nos chaussures d’ailleurs. Je sais pas vous, moi j’aime bien marcher pieds nus, alors j’ai viré mes pompes.

Faut juste faire attention aux petits cailloux.

*ce que, personnellement, j’aurais écrit noir sur blanc. Peut-être même sans le “bisou”.

**Ceci est ma vision personnelle de l’enfer et n’engage que moi

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How old are you?

J’ai lu un article d’un mec génial que vous trouvez ici qui explique que la plus grande richesse, c’est le temps. Le temps, c’est quelque chose que l’on ne peut pas récupérer. C’est un consommable que même les plus grosses fortunes ne peuvent pas s’offrir. Alors quand on se dit que chaque seconde écoulée est une seconde que l’on ne récupérera pas, on voit les choses un peu différemment.

Quand on s’octroie un moment où l’on repense au nous d’avant, que ce soit le nous d’il y a 10 ans, d’un an, ou d’une semaine, on voit à quel point l’on peut changer sur de nombreux points. Parfois un peu seulement, et souvent de façon totale.

Donc on vieillit. Bon ça, c’est inéluctable. Mais ce qui est cool avec le fait de vieillir, de grandir, c’est que l’on en apprend un peu plus sur soi chaque jour. Et que l’on apprend à s’écouter. Alors que l’on tente par tous les moyens de se conformer au reste du monde à 18 ans, aux amis, aux stars, aux influenceurs, à la pub, à ses frères et soeurs, à 30 on en a plus vraiment quelque chose à foutre si l’on prend le temps de s’écouter et de se défaire de ce côté matériel.

Et pas besoin d’attendre d’avoir 80 ans et de doubler sans pression dans la file d’attente du Monop pour pouvoir s’écouter et agir en écoutant “gut” (certains écoutent leur coeur, moi j’écoute mon intestin grêle, chacun fait ce qu’il veut).

Alors ça veut dire que l’on peut faire quoi ?

Bah tout. Tant que l’on respecte autrui.

 

On peut rejoindre des amis dans un bar. Se rendre compte que le sol colle au pied, se faire renverser une pinte dessus, avoir des frisottis dans les cheveux tellement c’est humide. Dire bonjour à nos amis et repartir immédiatement parce que non, là on ne peut pas supporter ça.

 

Aller dans un bar à cocktails pour boire “juste un verre”. En boire vraiment juste un. Rentrer à 22h, sobre, heureux. Le tout un vendredi soir.

 

Aller au yoga et manger des graines. Sourire aux gens qui se moquent des végétariens et leur envoyer des vidéos de l’association L214 un lundi matin en leur souhaitant une belle semaine.

 

Être perdu.e dans la vie.

 

Savoir exactement ce que l’on veut dans la vie, et ne pas s’excuser parce que c’est le cas.

 

Rencontrer quelqu’un, avoir peur que cela foire mais essayer quand-même. Foirer. Recommencer.

 

Ne pas rencontrer quelqu’un. Et être heureux.

 

Etre avec quelqu’un depuis 10 ans, décider de s’écouter et tout recommencer. Avec quelqu’un d’autre.

 

Ne pas parler aux gens que l’on trouve nocifs.

 

Dire non quand non, là on n’a pas envie, même si tout le monde le fait / y va / l’achète.

 

Faire la sieste.

 

Boire des tisanes.

 

On peut se séparer sans cri, sans larme, parce que l’on sait que c’est ce dont on a envie.

 

On peut se séparer en hurlant dans la rue, à genoux, en pleurant sans rien avoir à foutre que tout le monde nous regarde et nous juge. Parce que ce n’était pas du tout ce dont on avait envie.

 

On peut préférer l’espoir au cynisme. Parce que c’est plus dur, mais ça rend tellement plus heureux.

En fait on peut tout faire. Et on n’a pas besoin d’attendre d’avoir trente ans pour le faire. Alors si vous avez envie de changer de boulot, de ville, de vie, de mec, ou juste de mascara, faites-le bordel.

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4 personnes pour boire un verre s’il vous plaît

Je reviens de deux mois passés dans un pays dans lequel il y a de la place, où que tu veuilles aller. Pas besoin de faire de réservation, les gens sont arrangeants, tu peux aller déjeuner pieds nus parce que de toute façon tout le monde sort aussi de sa session surf et a encore de la crème solaire water résistante bleue sur le nez, et il y a toujours de la place en terrasse.

Je ne vais pas vous mentir, c’est pas agréable, c’est juste vital. Mais à chaque fois que je me rends dans un pays où l’espace n’est pas un problème, revenir à Paris est un peu… brutal.

Hormis le fait que les gens te rentrent dedans même quand tu es à l’arrêt ou que certaines personnes font des tours autour de toi quand elles sont au téléphone, visiblement stressées, le problème de place que l’on rencontre à paris me surprend toujours, même après plus de dix ans à tenter de m’extirper à chaque fois que je m’assieds ailleurs que chez moi.

Et après deux mois à écouter le ronronnement de la faune et la flore sud-africaine, passer deux heures dans un bar à Paris a été plus épuisant que de mettre une housse de couette dans un lit.

 

À Paris en février, il pleut. Marcher sous une petite bruine pendant 20min qui fait passer mes cheveux ondulés effet “je sors de la plage” à “j’ai une méduse à la place des veuch” n’est pas des plus agréables, mais l’idée du métro moite où les gens te collent pour danser du couper/décaler sur Magic System alors que tu as envie de rêvasser sur du The Blaze n’est pas envisageable.

Après un CityMapper en galère faute de gouttes d’eau qui viennent s’écraser sur mon iPhone, je finis par arriver audit bar. Pour pouvoir tirer la porte, il faut reculer sans tomber de la petite marche sur laquelle je me trouve, l’architecte avait le sens de l’humour, j’apprécie et je ne tombe pas mais vacille un peu. On a trouvé un bar où les cocktails sont archi bons et les serveurs super efficaces, je me dis que j’exagère et que l’image que j’avais des bars a peut-être changé.

 

Je me dis ça à 19h14.

À 20h j’ai envie de retrouver la petite marche et de me jeter de m’y jeter, rien que pour pouvoir avoir de l’air à respirer le temps de ma (courte) chute.

 

Nous sommes désormais plus de 7 milliards sur terre, et clairement plus de la moitié de la population mondiale se trouve dans ce bar. Le mec mignon avec lequel je eye contactais depuis quelques temps est désormais noyé dans une foule de barbus qui sentent le tabac froid et le cuir de Made.com. Je fais le deuil de mon potentiel futur mari et décide d’aller aux toilettes, ce qui me prend environ 17 minutes, tentant maladroitement de slalomer entre les groupes d’amis, les beaucoup trop nombreux sacs à mains (on parle du sac à main + du tote bag pour une seule et même personne ?) et les cocktails remplis à ras bord qui virevoltent sur les plateaux, m’excusant à chaque fois que mes épaules ne passent pas— c’est à dire partout— même pas dans la porte des toilettes où j’ai dû rentrer en crabe.

 

À 20h23 j’ai envie de fumer une cigarette et vois que les trois mètres qui me séparent de la sortie sont encombrés par environ 23 personnes—par mètre carré. Deux mois sans sport, j’ai plus vraiment de muscles, et la percée risque d’être compliquée. Si j’etais mariee a un rugbyman on n’en serait pas la, mais un rapide regard vers le bar me rappelle qu’a Paris les gens font moins de 70 kilos, peut-etre pour pouvoir se rendre dans ce genre de bar d’ailleurs.

J’hésite à allumer une cigarette en plein milieu du bar et croise le regarde du serveur qui me donne l’impression de lire dans ma tête et me dévisage. Je m’extrais de mon tabouret en donnant quelques coups de coude et marche sur deux trois manteaux The Kooples avant de foncer dans le tas en souriant. Personne ne m’engueule et je parviens enfin à sortir, me demandant si je devrais fumer tout mon paquet pour rentabiliser cette petite victoire qui m’a menée au monde extérieur—où il pleut, encore.

À 21h je m’avoue vaincue et sors du bar, après 8 minutes de “pardon” “excusez-moi” “attention derrière” “ok je vais vous abattre madame si vous ne vous poussez pas par contre maintenant” et part retrouver mon fauteuil club en parcourant Amazon et ses livres de recettes de cocktails. Pieds nus.

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Le timing

À chaque fois que le métro s’arrête entre deux stations et que je reste bloquée pendant de longues, très longues minutes dans le noir avec des gens qui soupirent leur frustration que j’entends à travers mes intra-auriculaires, je pense au timing.

 

À chaque fois que je bois un verre en terrasse avec une copine qui me dit que si elle avait rencontré ce type à un autre moment de sa vie, peut-être que ç’aurait été le bon, je pense au timing. Peut-être qu’ils seraient encore ensemble là, à boire des coups tous les deux sur une autre terrasse parisienne sans chauffage, à débattre sur les Gilets Jaunes ou à essayer de comprendre si Flavien Berger est un génie musical ou un simple fou.

 

À chaque fois que j’arrive en retard à une réunion et que je me retrouve sur la chaise bancale qui menace de s’écrouler sous mon poids à chaque fois que je gigote pour caler mes pieds, je pense au timing.

 

À chaque café froid que je bois en oubliant que je me l’étais fait il y a deux heures, je pense au timing.

 

À chaque thé brûlant que je bois en oubliant que je ne lui ai pas laissé le temps de refroidir, je pense au timing.

 

À chaque fois que je fais la queue chez Monop et que la queue d’à côté qui avait pourtant 8 personnes de plus que la mienne, avance beaucoup plus vite et qu’une personne dit alors “alors ça c’est bien ma veine, je ne choisis jamais la bonne queue”, je ris. Puis je pense au timing.

 

À chaque fois que je trouve un mec mignon dans un ascenseur et me crée une vie imaginaire avec lui le temps de quelques étages, puis qu’il ne me laisse pas sortir de l’ascenseur en premier, je pense au timing.

 

À chaque fois que les gens tombent amoureux, se séparent, ratent un avion, tombent malades, tombent tout court, à chaque fois qu’un iPhone rend l’âme alors que l’on attend un coup de fil capital, à chaque entretien, à chaque fois qu’un colis se perd le jour d’un anniversaire, à chaque combat qui finit par un KO, à chaque match qui finit par des prolongations, à chaque fois que l’on arrive pile à la première tournée de shots, à chaque fois que notre Uber annule sa course, à chaque fois que mon thé est trop infusé, qu’un hélicoptère passe au dessus de ma rue quand je décroche un appel, qu’un marteau piqueur se déclenche quand ma musique s’arrête, à chaque fois que je manque de faire tomber mon téléphone et le rattrape in extremis, que le mec devant moi chez le traiteur chinois prend le dernier vapeur végétarien, que l’on annonce à mon pote que la table d’à côté a commandé le dernier cheesecake, à chaque fois que l’on fête l’anniversaire de mon père, à chaque fois que l’on fête mon anniversaire à moi, à chaque fois que je pense à Disiz La Peste et à son McMorning, à chaque fois que je rate un appel, à chaque fois qu’une personne tombe enceinte, à chaque fois qu’une personne apprend qu’elle ne tombera jamais enceinte, à chaque mariage, à chaque enterrement, à chaque achat d’appartement, à chaque “et c’est comme ça qu’on s’est rencontrés”, à chaque 13 novembre, à chaque fois que je mange un avocat trop mur, à chaque fois que je suis dans un avion et que l’on quitte le tarmac.

 

Je pense au timing.

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Scary shit

C’est bientôt Halloween.

Ca sent le pumpkin spice latte à 6 euros chez ces escrocs de Starbuck’s, les feuille mortes par terre sur lesquelles nos Air Force glissent un peu trop souvent, les queues infinies devant tous les magasins qui vendent du faux sang à 12€ le centilitre, le diabète au coin de la rue et les “et toi tu te déguises en quoiiiii” à chaque pause dej.

Mais, même si Halloween reste une fête géniale, j’ai l’impression qu’entre les sorcières classiques, les écolières zombies slutty et les mecs qui ont mis un malheureux masque de Jason et arraché leur tee shirt blanc pour laisser apparaître leur bout de biceps — quand biceps il y a — les déguisements n’effraient plus vraiment personne, sauf ceux qui découvrent leur taie d’oreiller le lendemain alors qu’ils ne s’étaient pas démaquillés.

Pourtant, des trucs qui font peur, il y en a un paquet en 2018, non ?

Trump

 

La queue le 1er du mois aux bornes Navigo

 

Touche pas à mon poste

 

Vu à 23h56

 

Hello, on peut boire un verre dans la semaine ? J’ai besoin de te parler.

 

Les nanas de 34 kilos qui portent des dad shoes Fila

 

Jair Bolsonaro

1h44 de « OMAGAD ATTENTION DERRIERE TOI MAIS KILESTCON MAIS NAN VOUS SEPAREZ PAS BORDEL » devant Halloween, pour 4 jours de nuits blanches derrière

 

Le bruit d’un iPhone qui tombe sur le parquet quand on fait son lit

 

La queue chez Benedict le dimanche matin

 

Les grèves des compagnies aériennes pendant les vacances

 

Les Galeries Lafayette le samedi

 

La Manif pour tous

 

“Je t’aime”

 

La roulette multicolore Apple sur un fichier que l’on n’a pas enregistré depuis 45 minutes

 

Alad’2

 

La ligne 13. Tout le temps.

 

Flight delayed

 

Les messages de bourrés que l’on a envoyés et que l’on “découvre” le lendemain

 

Un cheveu blanc que l’on voit dans le miroir

 

Les reportages L214

Alors, trick or treat les gars ?

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Shoulda coulda woulda

Alors c’est quoi shoulda coulda woulda ?

 

C’est la contraction de “I should have, I could have, I would have”, soit “J’aurais dû, j’aurais pu, il aurait fallu”. En gros c’est l’auto-flagellation puissance 12. On ressasse une action du passé dans laquelle on regrette de ne pas avoir agi d’une différente façon et on passe son temps à marmonner dans sa barbe de trois jours. Ou sous sa BB Crème. Ou les deux.

Et cette capacité à se martyriser alors que l’on n’a seulement – selon nous – pris une mauvaise décision, c’est quand-même se faire du mal alors que, je sais pas, on pourrait peut-être être tolérant avec nous-même ?

Parce que l’on nous dit qu’il faut être tolérant avec le reste du monde, et oh mon Dieu oui, mais est-ce que l’on ne serait pas susceptibles d’être davantage ouverts et compréhensifs envers les autres si l’on était un peu plus détente avec nous même en premier lieu ?

Alors aujourd’hui, je t’épargne une séance de psy à 80€, et je te dis que franchement, c’est pas grave.

Tant que tu ne le fais pas tout le temps.

Sinon tu seras maudit et tu finiras seul.e avec un chat qui ne t’aime pas. Mais pas de pression.

 

C’est pas grave de ne pas avoir été au sport dimanche dernier

C’est pas grave d’avoir mangé trois doughnuts à la place

C’est pas grave de ne pas avoir rappelé ta mère le jour même

C’est pas grave d’être à découvert

C’est pas grave d’avoir la gueule de bois alors que selon la presse tu dois être un adulte responsable

C’est pas grave de ne jamais laver ton frigo

C’est pas grave de ne pas faire de masque pour les cheveux

C’est pas grave de te ronger les ongles

C’est pas grave de passer 17 minutes à faire une photo pour récolter des likes sur Instagram

C’est pas grave de ne pas manger 5 fruits et légumes par jour

C’est pas grave d’aller sur son profil pour voir ce qu’elle devient

C’est pas grave de mentir à ton médecin sur ton poids

C’est pas grave de retourner quatre fois en deux jours chez La Vie Claire parce que tu trouves le vendeur canon

C’est pas grave de pleurer quand t’es bourré.e

C’est pas grave de ne pas faire tes soupes maison

C’est pas grave de ne pas être propriétaire à 30 ans

C’est pas grave de ne toujours pas savoir la différence entre sec et minéral quand on te parle de vin

C’est pas grave de ne pas savoir ce que tu veux faire quand tu seras plus grand.e

C’est pas grave de ne pas lire la presse (et non Konbini c’est pas la presse) (Le Bonbon non plus)

C’est pas grave de sortir les cheveux mouillés

C’est pas grave de ne pas avoir de conclusion à cet article.

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Pas de panique

La dernière fois, alors que j’étais en train de commander mon Uber pour aller à l’aéroport et prendre un avion à 7h, que j’ai vu que la course était à 104€ au lieu des 30 habituels, j’ai téléchargé toutes les app possibles et imaginables pour trouver un moyen de rejoindre Orly. Après avoir échoué sur Taxify, G7 et Chauffeur Privé et réalisé qu’il était déjà 5h45, j’ai commencé, lentement mais sûrement, à paniquer un peu.

Du coup j’ai commencé à lister ces petits moments, ou ces petites phrases, qui annoncent une tachycardie certaine à venir. Puis j’ai continué à chercher une solution.

Le sens des priorités, tout ça.

Spoiler Alert : J’ai eu mon avion. Merci Heetch.

Si vous avez une assurance c’est bon, sinon c’est 800€

 

Il sont ensemble depuis 14 ans, ils n’ont jamais connu quelqu’un d’autre

 

A nous retourner avant le 18/08/2018. Check de date : 18/08/2018

 

Tu l’avais ce grain de beauté avant ?

 

T’as bien fermé la porte ?

 

T’as ton passeport ?

 

Comment ça tu vois pas notre avion sur le panneau des départs ?

 

Votre créneau est dépassé, vous ne pourrez pas visiter le site

 

Paiement refusé

 

C’est toi qui as ma CB ?

 

Elle fait un bruit bizarre la voiture, non ?

 

Attends bouge pas, t’as une bête dans les cheveux

 

Où sont mes Ray Ban ? Et sur quoi tu viens de marcher ?

 

T’avais laissé la fenêtre ouverte ?

 

C’est quoi le petit voyant rigolo qui clignote sur le tableau de bord ?

 

Il ne répond pas

 

C’est toi qui as les clefs ?

 

Il a lu le message mais il ne répond pas.

 

Il a lu le message, commencé à écrire quelque chose, arrêté, et il ne répond pas

 

No more battery

 

Ne panique pas mais il faut que je te dise un truc

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Haaaaave you met Tinder? Part 2

Non parce que Tinder, franchement c’est comme les brunchs à Paris ; clairement on pourrait écrire un paquet d’articles dessus, et ça ne cesse jamais de nous étonner.

Les mecs juste pas polis. Mais alors pas du tout

Tu parles avec un mec, et tu te rends compte qu’il est juste de passage à Paris pour une nuit, ou qu’il cherche un truc que toi tu ne cherches pas (note pour plus tard ; TOUJOURS lire les descriptions), ou tu parles simplement avec lui, et quand tu checkes de nouveau tes messages quelques heures / jours plus tard, tu te rends compte que le mec a disparu. En fait, il t’a juste “dématchée”.

Ouais, ça existe.

Et laisse-moi te dire qu’il n’a pas pris la peine de te dire quoi que ce soit avant de disparaître dans les affres de l’enfer tinderesque.

Alors si tu nous lis, toi le Roger qui m’a dit que ma photo avait une lumière “d’une dualité ostentatoire”, laisse-moi te dire deux, trois choses :

 

1 –  J’ai été assez polie pour ne pas te virer après avoir lu ta phrase de débile qui met les adjectifs les uns à la suite des autres pour palier à son manque de culture. Juste, j’aimerais qu’on le souligne.

2 – J’ai été assez cordiale pour te répondre alors que ta phrase d’intro était “salut”

3 – L’éducation, la politesse, tout ça. Merde.

 

Les “photos non contractuelles”

Les gars les gars les gars*… Pourquoi vous mettez des photos de vous d’il y a 7 ans. Tu le sais qu’on va le voir si tu arrives avec 30 kilos de plus ou de moins. Tu penses nous tendre un piège dans une rue à sens unique pour que l’on ne puisse pas faire demi-tour ? C’est quoi le bail ?

Pourquoi tu mets des photos de toi au tennis alors que tu n’as pas touché une raquette depuis 8 ans ? Dans ces cas-là tu mets une photo de toi qui regardes Roland Garros, c’est plus honnête. Merci.

*Marche sûrement pour les filles aussi, aucun de mes potes n’est plus sur Tinder. Ils savent que c’est l’enfer. Ou on leur a lancés en face qu’ils étaient trop chelous et devaient sûrement avoir Asperger (bisou chaton <3)

 

Les mecs entretien

Au bout de 3 secondes, je suis plus stressée que si je postulais pour une agence new-yorkaise. On me demande mon niveau d’études, les langues parlées, mes expériences passées et où je me vois dans 5 ans.

J’ai peur de demander ce que sera le salaire et j’hésite à commencer à chercher mon futur époux sur Linkedin.

 

Les mecs-annonce Le Bon Coin

Non smoker

Tidy

Well-Organized

Serious job

Mec, tu recherches une coloc ou c’est comment ? Il est beau l’appart au moins ? Poutres apparentes, parquet ancien ?

 

Bien à vous, et du swipe

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Been there, loved that

J’ai aimé voir des gens marrons, blancs, jaunes, noirs, s’embrasser pour ne laisser que le bleu blanc rouge sur leurs peaux

J’ai aimé voir les drapeaux du Maroc et de l’Algérie flotter dans les airs, parce qu’à partir du moment où les mecs portent leurs couleurs en permanence, d’une Coupe du Monde où ils sont sortis, à un Euro dans lequel ils ne sont pas en passant par un Tournoi des 6 nations, on peut clairement parler de patriotisme

J’ai aimé voir des flics armés jusqu’aux dents porter nos couleurs, non devoir les défendre

J’ai aimé entendre les bruits dignes du Queen Mary résonner dans l’air

J’ai aimé être soûle au bonheur (bon ok, et un peu au rosé)

J’ai aimé voir les pompiers embrasser les CRS

J’ai aimé ce mec qui m’a lancé un “celle la tu l’as pas volée” avant de me serrer dans ses bras place de la Concorde

J’ai aimé manger des chips sur les Champs-Elysées

Avoir les cheveux qui sentent la merguez

Entendre dans du Français approximatif “Allleeez la Fraaance” d’un groupe d’américains

Entendre des rugbymen faire l’éloge du foot

Voir des gens klaxonner pour autre chose que pour un mec mal garé

Ecouter mes copines donner une interview footballistique de 8 minutes alors qu’il y a un mois, elles ne savaient pas ce qu’était un corner

Voir un mec à 3gr faire le tri sélectif et être totalement perdu au milieu de toutes ces poubelles colorées

Ne plus avoir de réseau alors que ce n’est pas le jour de l’an

Voir les couleurs de mon pays après autre chose qu’un attentat

Avoir le parfum des gens sur ma peau

Avoir le bleu blanc rouge aux joue

Avoir les yeux brouillés par les larmes sans être triste

Voir un mec faire pipi sur la devanture de Chanel alors que l’on partage le meme batiment rien que pour imaginer le channel staff ce matin

Me rappeler d’il y a 20 ans, et de mon père qui hurlait “on est les champiooooons” sans comprendre son engouement. C’est bon papa, j’ai compris. Il m’a fallu 20 ans, mais j’ai compris.

Aimer mon pays malgre ses erreurs

Traverser Concorde et ne plus la trouver vide malgré l’absence de la roue

Ecorcher la Marseillaise

Fumer trop de clopes un dimanche

J’ai aimé perdre 4 points d’audition

J’ai aimé aimer la France

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Le bonheur estival en didascalie

Parce que parfois, on n’a pas vraiment besoin de mots.

 

Le serveur qui change la corbeille de pain de notre table en terrasse

Celui qui remplit notre verre d’eau fraîche sans nous couper dans notre conversation

Le métro climatisé

Les gels douche rafraîchissants

Le rayon du soleil pas trop chaud

Le nuage pas trop froid

L’enchaînement musical parfait pendant un running avant que les températures ne montent trop haut

Le Vogue été

L’Americano frappé

Les persiennes qui claquent avec le vent

Le bruit des balles de tennis neuves

L’odeur des balles de tennis neuves

Le bruit d’un ace

Les glaçons dans le Coca après une nuit trop courte et une journée qui s’annonce trop moite

Le bruit des confirmations de nos billets d’avion dans notre boîte mail

Le sourire des gens dans la section “Voyages” de la Fnac

Les effluves de monoï entre deux pots d’échappement

Le bruit des flips flops dans la rue

La langue engourdie après un Mister Freeze

La langue engourdie après 5 Mister Freeze

L’amertume d’une soirée Spritz

L’odeur de melon

La blancheur immaculée de la mozza sur toutes les tables

Le défilé constant des Ray Ban sur tous les nezs parisiens

 

Bien à vous, et du ventilateur

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