Mon histoire

Haaaaave you met Tinder? Part 2

Non parce que Tinder, franchement c’est comme les brunchs à Paris ; clairement on pourrait écrire un paquet d’articles dessus, et ça ne cesse jamais de nous étonner.

Les mecs juste pas polis. Mais alors pas du tout

Tu parles avec un mec, et tu te rends compte qu’il est juste de passage à Paris pour une nuit, ou qu’il cherche un truc que toi tu ne cherches pas (note pour plus tard ; TOUJOURS lire les descriptions), ou tu parles simplement avec lui, et quand tu checkes de nouveau tes messages quelques heures / jours plus tard, tu te rends compte que le mec a disparu. En fait, il t’a juste “dématchée”.

Ouais, ça existe.

Et laisse-moi te dire qu’il n’a pas pris la peine de te dire quoi que ce soit avant de disparaître dans les affres de l’enfer tinderesque.

Alors si tu nous lis, toi le Roger qui m’a dit que ma photo avait une lumière “d’une dualité ostentatoire”, laisse-moi te dire deux, trois choses :

 

1 –  J’ai été assez polie pour ne pas te virer après avoir lu ta phrase de débile qui met les adjectifs les uns à la suite des autres pour palier à son manque de culture. Juste, j’aimerais qu’on le souligne.

2 – J’ai été assez cordiale pour te répondre alors que ta phrase d’intro était “salut”

3 – L’éducation, la politesse, tout ça. Merde.

 

Les “photos non contractuelles”

Les gars les gars les gars*… Pourquoi vous mettez des photos de vous d’il y a 7 ans. Tu le sais qu’on va le voir si tu arrives avec 30 kilos de plus ou de moins. Tu penses nous tendre un piège dans une rue à sens unique pour que l’on ne puisse pas faire demi-tour ? C’est quoi le bail ?

Pourquoi tu mets des photos de toi au tennis alors que tu n’as pas touché une raquette depuis 8 ans ? Dans ces cas-là tu mets une photo de toi qui regardes Roland Garros, c’est plus honnête. Merci.

*Marche sûrement pour les filles aussi, aucun de mes potes n’est plus sur Tinder. Ils savent que c’est l’enfer. Ou on leur a lancés en face qu’ils étaient trop chelous et devaient sûrement avoir Asperger (bisou chaton <3)

 

Les mecs entretien

Au bout de 3 secondes, je suis plus stressée que si je postulais pour une agence new-yorkaise. On me demande mon niveau d’études, les langues parlées, mes expériences passées et où je me vois dans 5 ans.

J’ai peur de demander ce que sera le salaire et j’hésite à commencer à chercher mon futur époux sur Linkedin.

 

Les mecs-annonce Le Bon Coin

Non smoker

Tidy

Well-Organized

Serious job

Mec, tu recherches une coloc ou c’est comment ? Il est beau l’appart au moins ? Poutres apparentes, parquet ancien ?

 

Bien à vous, et du swipe

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Been there, loved that

J’ai aimé voir des gens marrons, blancs, jaunes, noirs, s’embrasser pour ne laisser que le bleu blanc rouge sur leurs peaux

J’ai aimé voir les drapeaux du Maroc et de l’Algérie flotter dans les airs, parce qu’à partir du moment où les mecs portent leurs couleurs en permanence, d’une Coupe du Monde où ils sont sortis, à un Euro dans lequel ils ne sont pas en passant par un Tournoi des 6 nations, on peut clairement parler de patriotisme

J’ai aimé voir des flics armés jusqu’aux dents porter nos couleurs, non devoir les défendre

J’ai aimé entendre les bruits dignes du Queen Mary résonner dans l’air

J’ai aimé être soûle au bonheur (bon ok, et un peu au rosé)

J’ai aimé voir les pompiers embrasser les CRS

J’ai aimé ce mec qui m’a lancé un “celle la tu l’as pas volée” avant de me serrer dans ses bras place de la Concorde

J’ai aimé manger des chips sur les Champs-Elysées

Avoir les cheveux qui sentent la merguez

Entendre dans du Français approximatif “Allleeez la Fraaance” d’un groupe d’américains

Entendre des rugbymen faire l’éloge du foot

Voir des gens klaxonner pour autre chose que pour un mec mal garé

Ecouter mes copines donner une interview footballistique de 8 minutes alors qu’il y a un mois, elles ne savaient pas ce qu’était un corner

Voir un mec à 3gr faire le tri sélectif et être totalement perdu au milieu de toutes ces poubelles colorées

Ne plus avoir de réseau alors que ce n’est pas le jour de l’an

Voir les couleurs de mon pays après autre chose qu’un attentat

Avoir le parfum des gens sur ma peau

Avoir le bleu blanc rouge aux joue

Avoir les yeux brouillés par les larmes sans être triste

Voir un mec faire pipi sur la devanture de Chanel alors que l’on partage le meme batiment rien que pour imaginer le channel staff ce matin

Me rappeler d’il y a 20 ans, et de mon père qui hurlait “on est les champiooooons” sans comprendre son engouement. C’est bon papa, j’ai compris. Il m’a fallu 20 ans, mais j’ai compris.

Aimer mon pays malgre ses erreurs

Traverser Concorde et ne plus la trouver vide malgré l’absence de la roue

Ecorcher la Marseillaise

Fumer trop de clopes un dimanche

J’ai aimé perdre 4 points d’audition

J’ai aimé aimer la France

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Le bonheur estival en didascalie

Parce que parfois, on n’a pas vraiment besoin de mots.

 

Le serveur qui change la corbeille de pain de notre table en terrasse

Celui qui remplit notre verre d’eau fraîche sans nous couper dans notre conversation

Le métro climatisé

Les gels douche rafraîchissants

Le rayon du soleil pas trop chaud

Le nuage pas trop froid

L’enchaînement musical parfait pendant un running avant que les températures ne montent trop haut

Le Vogue été

L’Americano frappé

Les persiennes qui claquent avec le vent

Le bruit des balles de tennis neuves

L’odeur des balles de tennis neuves

Le bruit d’un ace

Les glaçons dans le Coca après une nuit trop courte et une journée qui s’annonce trop moite

Le bruit des confirmations de nos billets d’avion dans notre boîte mail

Le sourire des gens dans la section “Voyages” de la Fnac

Les effluves de monoï entre deux pots d’échappement

Le bruit des flips flops dans la rue

La langue engourdie après un Mister Freeze

La langue engourdie après 5 Mister Freeze

L’amertume d’une soirée Spritz

L’odeur de melon

La blancheur immaculée de la mozza sur toutes les tables

Le défilé constant des Ray Ban sur tous les nezs parisiens

 

Bien à vous, et du ventilateur

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L’Ego

 

“Ouais mais à Paris les gens sont durs un peu non ?”

“Naaaaaan, si t’as la corpulence de Damso et la dextérité de Mbappé t’es protégé. Sinon faut avoir un bon psy, et des soirées open bar. Beaucoup.

 

C’est quoi déjà ton prénom ?

 

C’est le bar VIP ici. Vous êtes VIP ? Non ? Voilà.

 

En taille XS ? Je suppose que ce n’est pas pour vous donc

 

Je suis désolé mais je n’ai pas eu le coup de coeur physique, je préfère être honnête avec toi

 

Vous n’êtes pas sur liste

 

Non mais mec t’es mignon mais t’es pas au niveau. Genre du tout.

 

“Vous ne pouvez pas envoyer de message à cet interlocuteur”

 

Votre candidature n’a pas été retenue

 

On ne va pas garder ta piste créa

 

Paiement refusé

 

Non mais tout le monde est bilingue Français / Anglais. Faut parler Chinois. Vous parlez Chinois ? Non ? Bon.

 

Je pense qu’il vous faut la taille au-dessus

 

Juste les pointes, vous êtes sûres ? Parce que là y’a rien qui va dans vos cheveux

 

Je vous mets un échantillon pour une crème premières rides

Bien à vous, et de l’ego en acier trempé

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Haaaave you met Tinder?

 

 

Dans la catégorie “Je retourne ma veste en moins de temps qu’il n’en faut pour proposer « drinks ? » un jeudi soir” ; j’ai découvert Tinder. Ouais en 2018. Bon, j’ai un peu de retard ok, mais les années précédentes j’étais beaucoup trop occupée à expliquer à coup de grand monologue pourquoi Tinder n’était que les bas fonds des relations amoureuses, là où tout le romantisme venait rendre son dernier souffle. Je ne sais pas si j’avais tort, mais en tout cas, Tinder c’est comme faire du shopping sur Asos alors que tu n’y es pas allée depuis 6 mois : TROP

Trop de gens, trop de descriptions, trop de codes, trop choses à prendre en compte, trop d’avis à demander aux gens qui t’entourent. Et je n’y suis que depuis une semaine. Les gens qui ont téléchargé l’app depuis plusieurs années doivent sacrément être organisés. Tinder, c’est comme une To do list dont tu ne verrais jamais le bout.

J’ai l’impression d’ouvrir ma boîte mail en retour de vacances, tu dois tout lire, prioriser les choses, répondre aux requêtes utiles, zapper les moins importantes, et à chaque fois que tu refresh l’app, tu as quelque chose à lire de nouveau.

Sur Tinder, tu dois être multi task, réussir à suivre plusieurs conversations en même temps en t’adaptant au ton de la personne que tu as en face. J’ai vu tellement d’amies tenir une conversation IRL tout en continuant de swiper, taper, pianoter ; Tinder, c’est un job à part entière pour lequel le seul assistant que tu puisses recruter ; c’est toi.

Ca va qu’ecrire fait partie de mon job, Tinder, c’est juste une affaire de CTA (Call To Action pour les quatre du fond qui ne sont pas dans le marketing) et de punchlines bien placées. Merci le copywriting, grâce a toi je vais pouvoir trouver l’homme de ma vie (non).

Et puisque l’on aime ranger les gens dans des cases, je vous propose que je le fasse pas plus tard que tout de suite. Alors, en quelques jours, et en quelques conversations avec des amis présents sur ce formidable réseau social (soit la totalité du reste du monde), qu’est-ce que j’ai croise ?

Les gens qui donnent plus l’impression d’être là pour tuer toute ta famille plutôt que pour trouver quelqu’un de cool avec qui attendre 4h pour avoir une table à la Felicita

A coup de pause doigt d’honneur du plus bel effet (on a toutes envie de partager notre vie avec un mec dont la pause favorite est celle d’un rappeur US sur une pochette d’album des années 2000) ou de photos prises dans le noir / dans un ascenseur lugubre / dans une salle de bain sans fenêtre située dans au rez-de-chaussée. C’est sur que j’irais pas bruncher avec eux, mais du coup je vérifie encore que j’ai bien verrouillé ma porte d’entrée.

Les gens qui te demandent ce que tu cherches

Mon ami si je savais ce que je cherchais dans la vie, je ne serai certainement pas sur Tinder

Le mec cool

Il est mignon, il est drôle, il est intelligent. On le soupçonne d’être marié avec 4 enfants ou de dater 18 nanas en meme temps. Peut-etre qu’il a un vrai assistant, lui.

Les hommes-abdos

Pas envie de faire de raccourcis (mais un peu quand-même) mais en général, ceux-là ne sont pas de ceux qui cherchent l’amour de leur vie, mais pensent plutôt que leur 6-pack va leur permettre d’arriver dans ton tanga plus vite qu’il n’en faut pour dire « J’vais a la salle six fois par semaine ».

Les « fétichistes »

Une photo de pieds, le mot « fétichiste » écrit en lettres fluo dessus ; j’aimerais vous dire que j’ai creusé le truc mais j’ai pas osé. Mais il y en a beaucoup plus que vous ne vous l’imaginez.

Les hommes « là mais pas là »

Ou ceux qui te matchent, te parlent une fois puis ne donnent plus jamais signe de vie. Je les soupçonne d’avoir eux aussi des enfants mais de faire garde alternée et de n’être disponibles qu’une semaine sur deux.

Les mecs-taille

L’une des grandes déceptions Tinderesque, dixit mes amies qui ont rencontré des mecs sur cette formidable app, c’est souvent la taille. Calme-toi toi là-bas que j’entends crier « TITRE » même avec mes intra auriculaires, je te parle de la taille physique. J’ai l’impression que c’est un truc universel, étant donné qu’une grande partie des hommes de Tinder se sentent obligés de préciser leurs mensurations dans leur description. Ou de ne mettre QUE leurs mensurations. #PasLTime

Les mek ou sava être compliker en fait

Si on me donnait un franc CFA à chaque fois qu’un mec m’a écrit « slt sa va » et autres « tu vie ou a Paris » (il était très beau me jugez pas), je pourrais m’acheter un penthouse a Ouagadougou. J’ai juste répondu « non » parce que je trouvais ça drôle.

Je sais c’est cruel, mais que voulez-vous que je vous dise, c’est Tinder.

Les « déjà vus »

Ou quand Tinder se transforme en un montage photo de tes foirages amoureux.

Les mecs-emoji

Inutile de leur demander s’ils aiment la littérature, ces mecs-la ne s’embarassent même pas d’une description Tinder, aussi concise soit-elle. Ils se contentent de mettre des emojis approximatifs les uns à la suite des autres. Pour les emojis avion et burger, je comprends. Pour le rouge à lèvres et le chat qui pleure : je cherche encore.

 

 

 

 

 

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J’ai pas tout compris

Dans la vie, tu sais plutôt si tu fais partie des gens qui savent garder la tête froide dans des situations compliquées, ou de ceux qui paniquent dès qu’un voyant passe au rouge sur le tableau de bord.

Perso, en cas de pression, je gère plutôt le truc. Je serre un peu plus les mâchoires que d’habitude, et fronce les sourcils à m’en creuser la ride, mais ça va.

 

Mais ça, c’était avant de devoir appeler le service clients de Free.

 

En rentrant un soir, je me rends compte que ma Free ne marche plus. Après trois rebranchements de box et 8 nouveaux cheveux blancs, je me dis que je ne vais pas m’empêcher de dormir pour ça, et que l’on verra bien demain. A 5h50 le lendemain, impossible de me rendormir, quand j’ai un truc sur mon post-it qui n’est pas rayé, ça me fait me retourner dans tous les sens. L’année où je n’arrivais pas à joindre les impôts pour leur poser une question, je n’ai pas dormir pendant 5 jours, et ai par conséquent perdu 8 ans d’espérance de vie.

 

J’ai donc décidé d’appeler le service clients de Free à 7h00 pétantes, histoire de ne pas avoir à vivre la file d’attente façon places pour Roland Garros. Ca a payé, je n’ai attendu que trois minutes, et mon problème était résolu en moins de dix.

 

Non je déconne, je suis restée 1h42 au téléphone, ai failli me défenestrer 4 fois, et mes voisins doivent penser que j’ai Gilles de la Tourette tellement j’ai insulté mon téléphone.

 

Free, c’est un peu comme un mec en fait. Mais pas l’un de ceux avec lequel ça marche super dès le début, ni l’un de ceux qui te disent de suite que ça ne va pas être possible. Non non, vous savez, c’est celui avec lequel tu parles pendant des jours, que tu vois, avec lequel tu vas voir une expo, et qui t’annonce au détour d’un 8ème date qu’il a une nana depuis 6 ans.

 

Oui, c’est ce genre de trou du cul là.

 

Avec Free, j’ai espéré. J’y ai cru au premier appel, quand il m’a dit que je ne devrais attendre que 5 minutes. Puis quand ça a raccroché suite à “un problème technique”, j’étais énervée, mais j’ai rappelé, j’avais envie d’y croire, je me suis dit que c’était pas de leur faute, qu’eux aussi devaient être deg de ne pas avoir réussi à aller au bout de l’appel. Du coup j’ai retenté. Il m’a dit que je ne devais attendre qu’une seule minute. Au bout de 23, ça a de nouveau raccroché suite à un problème technique. Du coup j’ai commencé à insulter avec des termes de plus en plus composés.

 

Je sais pas vous mais la complexité de l’insulte illustre le niveau d’énervement.

 

Exemples

 

Putain ! = Un peu énervée mais ça va

Putain de Dieu ! = Commence sacrément à me gonfler, ne pousse pas ta chance Roger

La putain de tes couilles de cul = Cours.

 

Mais je me suis dit ; j’ai commencé, franchement j’y vais à fond. Du coup j’ai rappelé. Dix-sept fois. DIX-SEPT PUTAIN DE FOIS.

J’étais devenue la nana désespérée qui envoie des déclarations d’amour à 4h du matin. Je me suis dit que, tant qu’à être ridicule, autant être ridicule ET utile. Du coup j’ai laissé mon iPhone en haut-parleur et j’ai été prendre une douche. Alors que je me demandais si les gens de Free étaient des sociopathes en puissance, j’ai entendu une voix. Pas celle de Dieu, mieux, celle d’un conseiller Free. Je suis sortie de la douche, de la mousse dans les yeux, j’ai évidemment glissé dans la salle de bain, et ai donc insulté le lavabo, ce putain d’insolent, et ai chopé mon iPhone, la main glissante et la voix pleine d’espoir.

 

“Bonjour je suis Sabrina, votre conseillère Free”

 

Mon Dieu, à cet instant-là, Sabrina j’avais envie de l’épouser. Je l’avais plus attendue qu’un Coca / glaçons un lendemain de soirée et franchement, je lui confiais ma vie. Bon ok, ma connexion Internet, mais y’a-t-il réellement une différence ?

Après moult questions inintéressantes et 7282 “Et là, il y a marqué quoi sur votre Freebox ?”, j’ai bien compris que Sabrina et moi, ça ne le ferait pas.

 

Entre temps, je recevais des messages de la personne qui m’attendait au Starbuck’s depuis 30 min, mais par peur d’appuyer sur une touche qui me ferait perdre Sabrina, je ne répondais pas.

 

Sabrina m’a finalement demandé pourquoi j’avais besoin en priorité d’avoir une connexion, je n’ai pas osé lui répondre que j’étais en plein dans la saison 2 de Riverdale et qu’il fallait ABSOLUMENT que je sache qui était le Black Hoodie Killer, du coup je me suis contentée d’un “Travail”, et elle m’a promis qu’elle me rappellerait le lendemain pour poursuivre l’assistance. Et depuis, comme toute bonne personne qui attend un coup de fil d’un mec, je regarde mon téléphone, et je me demande s’il va vraiment finir par sonner un jour.

 

De toute façon je mérite tellement mieux.

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That shit crazy

Non mais Paris c’est bien hein, mais il faut avouer qu’il y a un niveau de folie qui dépasse l’entendement par contre. Et ce qui m’inquiète encore plus, c’est que ça ne nous paraît plus si choquant que ça. Quand on nous demande si cela ne nous inquiète pas, on répond juste par un haussement d’épaules, ponctué d’un “Erf, c’est Paris quoi”.

Du coup parfois les conversations du brunch dominical ressemblent à s’y méprendre à un Best Of de Confessions Intimes.

 

Hey tu te souviens quand un mec nous a jetées une bouteille en verre dans la rue pour attirer notre attention ?

Si tu veux vivre à Paris, faut avoir de très bon réflexes

 

Hey tu te souviens de la fois où un mec a essayé de nous cracher dessus pour attirer notre attention ?

Si tu veux vivre à Paris, faut avoir de très bons réflexes bis

 

Hey tu te souviens de la fois où le mec m’a laissé un message vocal de 1’22” de menaces parce que je lui avais dit que je n’avais pas eu de feeling pendant notre date ?

Si tu veux vivre à Paris, faut avoir un bon commissariat à proximité

 

Hey tu te souviens de la fois où on était dans le Uber et au bout de cinq minutes on a réalisé que le Uber, bah c’était pas du tout un Uber ?

Si tu veux vivre à Paris, faut avoir des bonnes Nike, et un bon cardio

 

Hey tu te souviens quand on faisait la queue en boîte et que le videur faisait des bruits d’ours quand il voyait une nana passer dans la rue ?

Si tu veux vivre à Paris, faut avoir un bon monologue sur le féminisme à déclamer à tout moment

 

– Hey tu te souviens du brunch trop cool dans le 1er ?

– Celui où un mec avait déféqué alors qu’on était en terrasse ?

– Ah oui…

Si tu veux vivre à Paris, faut pas s’éterniser en pause dej

 

Hey tu te souviens de la fois où j’ai demandé au Uber de m’arrêter dans un McDo parce que j’avais faim et qu’il m’a proposé de monter chez moi pour me faire à manger ?

Si tu veux vivre à Paris, il faut toujours avoir une barre de céréales dans son sac

 

Paris c’est bien, mais c’est comme l’odeur quand tu rentres dans un Sephora ; trop.

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M’en fous

Ecouter les conseils que l’on nous donne, c’est bien.

Mais pour certains d’entre eux, avant même qu’on ait fini de les entendre, ou de les lire, on sait déjà qu’on n’en a strictement rien à foutre et qu’on ne les appliquera pas. Genre jamais.

Ca marche aussi avec les indications.

En fait ça marche avec tout ce qui nous fait dire “Ergh, m’en fous”.

“This iPhone hasn’t been backed up since 92 days”

Mais pourquoi seulement 92 jours alors que je n’ai jamais fait de sauvegarde, hein ? POURQUOI ? QUI FAIT MES SAUVEGARDES ? QUI ? Et si elles sont automatiques, pourquoi ça fait 92 jours qu’il ne s’est rien passé ?

“Veuillez composer votre code à l’abris des regards indiscrets”

Mec, j’arrive déjà pas à appuyer sur la bonne touche sans lunettes (#TeamMyope #TeamAstigmate #TeamBonOkJeVoisRien) alors si tu crois que je vais en plus pouvoir vérifier qu’il n’y a pas un voleur en mode ninja qui regarde mon code derrière, tu te trompes.

“A consommer avec modération”

Ok donc tu me mets une tablette de Milka au daim dans les mains mais j’ai le droit de manger qu’un seul carré ? T’as pas eu d’enfance ou quoi ?

“Attendre que le plat refroidisse”

J’ai la langue râpeuse mais ça valait le coup

“Faire les mises à jour et redémarrer l’ordinateur”

Demande donc au mec qui fait mes sauvegardes iPhone de s’en charger

“A prendre avec un grand verre d’eau”

Cette sensation de médicament coincé dans la gorge est douloureuse, mais elle a un goût de courage. Bon d’accord, elle est juste douloureuse.

“Laissez poser 15 minutes”

En fait si tu veux te faire un masque pour les cheveux, il te faut une baignoire. C’est du racisme de douche ça les gars.

“Rincez à l’eau froide”

Au cas où tu ne te serais pas assez refroidie pendant les 15 minutes de pose du masque

“Rentrez un numéro de téléphone de confiance en cas de vol ou perte de votre appareil”

Moi je fais confiance qu’à mon téléphone. Il a de super planques et a la capacité de ne plus avoir de batterie quand j’en suis au stade de fermeture d’oeil pour envoyer un message

“Je vous invite à lire le contrat avant de le signer”

Oui oui puis je vais lire les notices des médicaments aussi, bien mieux que de me ruiner en bouquins chez WHSmith

 

Bien à vous, et du conseil de “gnagnagna je sais tout”

 

Love

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Paris, we gotta talk

Paris c’est le mec avec lequel tu es depuis 10 ans mais qui te donne toujours la chair de poule à chaque fois qu’il te touche l’épaule. On ne va pas se mentir, c’est une ville incroyable, dans laquelle il y a toujours quelque chose à manger, boire, voir, apprendre, sentir, toucher. Plus de dix ans que je passe devant des endroits qui me laissent échapper un “Wow” alors que je les connais par coeur.

Mais alors que je me replongeais dans la série “Please like me”, pépite australienne sur des gens un peu paumés et qui essaient de comprendre leur vie visiblement plus bordélique que prévue, je me suis souvenue à quel point Paris étaient le genre d’endroit qui va toujours trop vite, et qui a parfois tendance à nous fatiguer sans même que l’on s’en rende compte, parce que l’on a tendance à trouver que c’est normal. Un peu comme le mec avec lequel tu es depuis 10 ans mais qui te donne désormais envie de mettre ton portable en silencieux quand il appelle.

 

Paris, je t’aime, mais…

 

Tes trottoirs sont trop étroits. On ne passe pas à deux, et tes habitants ne sont malheureusement pas les mieux élevés

 

Tes habitant.e.s sont trop souvent condescendant.e.s, se pensant dans un film tourné par Truffaut à la terrasse du Flore

 

Tes terrasses sont trop bondées. En témoignent mes cheveux qui sentent le cendrier et mes cicatrices de cigarettes qui sont venues embrasser mes bras sans rien que je ne leur demande

 

Tes restaurants sont trop pleins. Tellement d’endroits géniaux où découvrir des plats incroyables, mais les files d’attente plus longues qu’à Star Tour un pont de mai me donnent envie de manger des nouilles instantanées dans mon lit.

 

Ton temps m’épuise. J’ai l’impression d’être dans une BD où le personnage principal est déprimé, et au-dessus duquel un perpétuel nuage gris flotte. Mais moi je vais bien, alors que la seule qui n’a pas le moral au beau fixe ; c’est toi. Je ne te demande pas des températures australiennes, juste de laisser mes cheveux être dans un good day plus de 4min par jour.

 

Tes prix m’usent. Alors ok c’est cool quand je vais à l’étranger et que je me sens plus riche que Kanye West en allant bruncher. Mais quand je réalise après 4 tournées que la pinte du bar dont le sol colle aux Timberland est à 9€ ; j’ai envie de te faire des infidélités.

 

Tes célibataires me font lever le sourcil. C’est toujours tellement trop, mais au final jamais assez. Autant jouer les équilibristes en talon de 12 après avoir bu trois gin tonics un jour de vent.

 

Tes habitants sont trop minces. Je sais Paris, tu n’y es pour rien, mais quand tu hébergeras davantage de 2ème lignes de rugby que de mecs qui font de l’escalade, je râlerai un peu moins. En même temps, vue la largeur des tes trottoirs, ça risquerait d’être compliqué.

 

Tes habitant.e.s ont le teint gris. On va finir par ressembler à ton temps, et moi le teint gris, ça jure avec mes yeux bleus.

Allez, tu sais bien que je t’aime malgré tes défauts.

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The vilains

Alors que j’étais à l’U Arena en train de hurler contre l’arbitre qui demandait pour la 3ème fois en 10 minutes l’arbitrage vidéo alors que TOUT LE STADE avait vu qu’il y avait une passe avant, je me suis dit que ce pauvre arbitre, il devait en avoir ras le cul que les gens le huent à chaque fois qu’il devait aller bosser.

Je me suis demandée comment je le vivrais si, quand je proposais une idée qui ne plaît pas, les gens me huaient. Je veux dire comment je le vivrais après avoir jeté mon Mac sur la personne qui me hue.

Le pauvre, ça ne devait pas être facile.

Et puis en réfléchissant, je me suis dit qu’il y avait des gens qui étaient détestés plus qu’ils n’étaient aimés, rapport à leur job, ou autre. Puis bon, étant donné que je suis dans la pub “Nan mais la pub ce sont des requins, capitalisme blahblah, escrocs, vendeurs de vent”.

 

Ouuuuuuiiiiii ça va, on est le mal, on le sait. Je te force à acheter des chewing-gums quand tu fais la queue à la caisse alors que tu ne comptais pas en acheter à la base. Si ça peut te rassurer, moi aussi j’en achète quand je fais la queue à la caisse donc voilà, t’es vengé.e.

 

Les arbitres sportifs

Bon c’est pas pour critiquer les Français (si), mais on a une manière de se comporter au stade qui est assez pitoyable. J’ai vu des matchs de rugby dans d’autres pays, et les gens applaudissent quand l’équipe adverse marque. Nous on accumule mauvaise foi, manque d’éducation et mauvaise foi. Oui je l’ai déjà dit mais c’est tellement fou qu’il fallait que je le souligne deux fois.

 

Les contrôleurs RATP / SNCF

Ou les gens qui te mettent la pression alors que tu sais que tu n’as rien fait.

 

Les physios

Ou les gens qui te font sentir pas assez bien sapés / pas assez sur liste / trop bourré.e / trop nombreux alors que… Bon ok t’es pas sur liste.

 

Les “garçons de café parisiens”

Ou les gens qui te font penser qu’ils vont forcément cracher dans ton allongé et qu’en plus il faut que tu leur laisses un pourboire de 30% pour les remercier de ne pas avoir fait pire.

 

Les gens qui font les travaux en bas de chez toi. Le matin.

“Bah oui mais regardez comme elle va être flambant neuve votre façade”.

“Mais…mais à quel moment tu crois que ça m’intéresse monsieur. Et à quel moment tu crois que ça m’intéresse un samedi matin à 8h ?”

Les gens des endroits qui ne prennent pas les résas

“Bonjour on est deux pour bruncher”

“Oui, alors j’aurais rien avant 15h30”

“Mais il est 12h00”

“Donc je vous note pour 15h30 ?”

“…”

Les gens dans la rue qui veulent que tu donnes ton RIB pour WWF / Médecins du Monde / MSF / Sea Shepherd

J’en ai juste marre de mentir. Je mens, ils le savent, je sais qu’ils savent, ça rend tout le monde mal à l’aise.

Bien à vous, et du love

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