Just do it

 

J’ai longtemps aimé Nike, qui est d’ailleurs l’une des marques qui m’a décidée à me lancer dans la publicité il y a bientôt dix ans. Les pubs bien ficelées, réalisées par des personnes talentueuses qui te donnaient envie de lâcher ta boîte de Pringles et devenir joueur de NBA pro en l’espace de trente secondes.

 

En fait, la pub qui m’a donnée envie d’être conceptrice rédactrice, c’était une pub pour Xbox. On y voyait la naissance d’un bébé qui était catapulté à travers la fenêtre de l’hôpital et qui s’envolait vers le ciel. En quelques secondes et à travers un voyage dans le ciel d’une trentaine de secondes, le bébé passait de l’âge d’un nouveau-né, à celui d’un enfant, puis d’un ado, d’un adulte, d’un vieillard, avant d’atterrir dans une tombe pré-creusée. La signature ; Life is short, play more, Xbox. On pourrait croire à une digression, mais je vous jure que cela se recoupe à un moment.

 

Je regardais les pubs de Nike en me disant que cette signature « Just do it », si simple, et pourtant si bien-pensée, était la signature des vainqueurs. De ceux qui font les choses, qui se lancent, qui n’ont pas peur de se tromper, parce que même s’ils se trompent, ils seront assez forts pour se relever. A 30 ans passés, je ne consomme (presque) plus Nike pour des raisons éthiques, mais continue de rester admirative des pubs que la marque sort via sa talentueuse agence new-yorkaise Wieden&Kennedy.

 

La vie, c’est ce que l’on en fait, et pour avoir la force de reposer sa boîte de Pringles et de se bouger, le secret, c’est juste… de la faire. Avant de prendre une décision et d’accepter quelque chose, du plus petit diner au restaurant alors qu’on a la flemme, à un saut en parachute, je me demande si le fait d’accepter met en péril ma vie. Si ce n’est pas (trop) le cas ; j’accepte. A part si je n’en ai pas envie. Mais j’ai décidé il y a quelques temps de ne plus refuser par peur. Je ne donne pas de conseils ici, j’explique simplement comment je fonctionne afin de vivre ma vie comme j’ai toujours eu envie de la vivre. Et cela ne m’empêche en rien de continuer de manger des Pringles quand j’en ai envie. Parce que Pringle salt&vinegar, toi-même tu sais.

 

Alors just do it?

Yes, just do it.

 

Proposez un date à ce mec qui vous plaît

Partez seul.e loin, sans savoir ce que vous allez y trouver

Sautez dans le vide

Lâchez votre job

Dites merde

Dites non

Dites oui

Apprenez une nouvelle langue

Partez sur un coup de tête

Restez sur un coup de tête

Partez sans savoir pourquoi

Ne restez pas si vous ne savez pas pourquoi vous le faites

Laissez votre bébé à vos beaux-parents pour… ne rien faire

Rentrez dans ce boui-boui

Rappelez cette ami.e perdu.e de vue pour une raison dont vous n’arrivez pas à vous souvenir

Essayez ce plat bizarre que vous n’arrivez pas à prononcer

Partez dans un pays que vous n’arrivez pas à placer sur un globe

Dites « je t’aime » quand vous avez envie de le dire

Ne dites plus je t’aime par politesse

Plongez sans connaître la température de l’eau

Essayez ce cocktail chelou sur la carte

Ne rentrez pas dans les cases si elles vous semblent peu adaptées à la morphologie de votre esprit. Ou à votre morphologie tout court.

Faites-le quand on vous dit de ne pas le faire

Ne le faites pas sous prétexte que tout le monde le fait

Si le lundi vous angoisse, faites de votre vie un jeudi permanent

 

C’est vrai que la vie est courte. Vivons-la.

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La phase d’adaptation

 

Je déteste les phases d’adaptation. Sortir de sa zone de confort ; okay. Découvrir de nouvelles choses ; okay. Rencontrer de nouvelles personnes ; okay.

Mais les phases d’adaptation, elles, sont toujours des périodes pendant lesquelles j’ai l’impression que rien ne va.

Cela me fait penser aux premières heures de surf. On boit des litres d’eau salée, on a de la crème solaire dans les yeux, il y a plus de noeuds dans nos cheveux que dans nos écouteurs et alors que la journée se termine et que l’on croit avoir passé le pire, on découvre les traces horribles de combinaison et les courbatures de muscles endormis depuis des années.

Alors on se sent arnaqué.e. Nous, on voulait faire du surf ; ce sport sexy qui sent le monoi, grâce auquel on aura la peau caramel et les cheveux ondulés naturellement.

Et au final, on marche comme un acteur d’un Western Spaghetti, on a le nez de Coluche et l’équivalent de 18L d’eau salée dans les nasaux.

Les phases d’adaptation sont des sortes de purges ; on rejette tout ce que l’on était avant, tout ce que l’on pensait savoir, pour s’adapter à notre nouvel environnement. Et pour pouvoir s’adapter, il faut le mériter. Et ce qui est incroyable avec les phases d’adaptation, c’est que l’on oublie à quel point elles peuvent être dures. Quand on se souvient des mois passés à s’occuper des animaux à l’autre bout du monde, on pense au bronzage, à la silhouette obtenue par le travail quotidien, aux cocktails sur la plage, aux câlins des animaux, aux personnes incroyables rencontrées. Mais l’on oublie les coups de soleil des premiers jours, les courbatures de la première semaine, les coupures, les morsures, les griffures, la solitude, les difficultés de se déplacer sans transports, la misère, les problèmes d’électricité, les heures à suer en portant des charges de plus de dix kilos, à la fatigue chronique.

 

Quand on est installé dans son appartement bien décoré et rangé à la perfection, on ne pense pas à ces jours où l’on dînait sur un carton, où l’on n’avait pas encore sa Freebox, où le frigo n’était pas branché parce qu’il ne faisait finalement pas les bonnes dimensions, au lit qui nous servait de bureau / chaise / canapé / table à manger une fois que le carton finissait par lâcher. Parce que oui, il finira par lâcher.

 

Quand on finit sa première course, on se sent invincible, on est empli.e de fierté, on se dit que l’on peut tout faire. Mais l’on oublie l’espace d’un instant les pâtes complètes englouties au saut du lit, des les centaines de cloques aux pieds, les tétons endoloris, les sessions sous la pluie, sous la neige, sous le vent (coucou Garou), sous 40°c. Les anniversaires / soirées / pots de départ ratés, les réveils à 6h du matin même le dimanche, les chutes quand on est trop fatigué.e pour lever les jambes.

 

Quand on remporte son premier combat, on a envie de hurler, de pleurer, d’embrasser l’arbitre, on se dire que le prochain champion, c’est nous. Que l’on va parcourir le monde entier pour combattre et asseoir sa position. Mais l’on oublie les entraînements à prendre des coups, les coups de mou à pleurer à l’abri des regards, les pommettes, côtes et arcades cassées. Les moments où l’on est malade après l’entraînement tellement on est vidé.e de ses forces. Les regards lourds de sens quand on est dans une salle masculine mais que l’on veut rester et assumer son choix.

 

Les phases d’adaptation sont dures. Elles sont cruelles, et parfois moches. Mais sans elles, les moments de bonheur n’auraient pas ce goût si doux. Se lever de sa planche ne procurerait pas cette sensation si incroyable si l’on avait pas bouffé autant d’algues les jours précédents. Mais n’oublions pas ces jours précédents. Ne les détestons pas. Apprenons à nous en souvenir.

 

La première fois que j’ai couru une vraie course, c’étaient les 20 kilomètres de Paris. Il a grêlé pendant toute la course, j’avais envie de mourir, je m’étais promis de courir cette course parce que je sortais d’une semaine d’hôpital et que j’avais besoin d’un but. Et quand j’ai voulu marcher au 19ème kilomètre, un mec que je n’avais jamais vu de ma vie est passé en courant à côté de moi et m’a dit « NON, PAS MAINTENANT ». Je suis repartie direct, j’ai fini les 20 kilomètres, sous la grêle, et en passant la ligne d’arrivée, j’ai ressenti une telle joie de ne pas avoir marché que j’avais envie de partager ça avec cette personne. Mais dans la foule, impossible de le retrouver.

 

Mais il n’y a pas toujours quelqu’un pour nous crier « NON, PAS MAINTENANT ». Alors soyez cette petite voix, soyez VOTRE petite voix, et même si c’est parfois dur, même si l’on a envie d’abandonner, que l’on a envie de rallumer une cigarette, de retourner à la maison via le premier avion, de noyer le dry January à coup de shots, d’arrêter de chercher la table basse que l’on veut et de garder ce carton, de ne faire que la moitié du tatouage, de passer au body board, de chercher un job facile qui ne nous plaît pas, d’abandonner l’entraînement et de manger des Pringles en regardant Netflix ; il ne faut pas oublier que derrière cette putain de phase d’adaptation, il y a la fierté, et le bonheur.

 

Alors « NON, PAS MAINTENANT ».

 

Love

 

 

 

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L’analogie du parapluie

Ce matin en marchant sous la pluie parce qu’il n’y avait toujours pas de métros corrects — pour la sixième semaine consécutive — j’ai dû, comme à chaque fois que la pluie s’abat sur Paris, éviter des centaines de parapluie.

On peut reprocher beaucoup de choses à la capitale, mais l’une des choses que l’on ne peut pas lui enlever, c’est qu’en y vivant, on développe des réflexes de ninja. En fait, ce n’est pas vraiment par choix, plutôt par survie. Ceux qui s’arrêtent au milieu de la rue, ne regardent pas les vélos en traversant alors que des voitures sont à l’arrêt, ratent une marche, regardent leur téléphone en descendant les escaliers alors qu’ils ne maîtrisent pas le multitasking, et tous les autres qui ne savent pas éviter les cigarettes jetées par des personnes ivres sur des bouts de trottoir, ont vite déchanté et sont retournées vivre dans des villes qui ne tentent pas de vous tuer à chaque fois que vous clignez des yeux.

 

J’étais donc sur un trottoir trop étroit en train d’opérer la danse parisienne classique qui consiste à éviter les coups d’épaules et les totes bags pointus, auxquels s’ajoutaient ces parapluies par centaines, quand j’ai eu une épiphanie : les parapluies sont le parfait exemple de ce qui ne va pas dans notre société, et ce pourquoi on court à notre perte si l’on ne change pas notre façon de penser.

 

Ah oui si vous vouliez un article léger qui parle de micro-pénis et d’oeufs au plat, ce n’est pas pour aujourd’hui. Mais restez on va rire vous allez voir.

 

Alors, pourquoi les parapluies illustrent-ils ce qui ne va pas dans notre société ? C’est assez simple. Les parapluies sont utilisés lorsque l’on souhaite se protéger de la pluie. La majorité des gens en a, dès qu’il pleut trois gouttes, tout le monde recherche son parapluie vieux de dix ans avec la moitié des fourchettes (les petits trucs en métal qui permettent de plier le parapluie) (si ça s’appelle comme ça j’ai vérifié) qui est cassée, et la majorité des baleines (les grands trucs en métal qui tiennent la toile) (oui j’ai vérifié aussi) qui se fait la malle, et sur lequel est noté un nom délavé de marque, de nom d’agence, ou d’un truc que l’on ne connaît même pas, parce que avouons-le nous ; personne ne sait d’où vient son parapluie. Pourquoi ça ? Parce que PERSONNE n’achète de parapluie, mais tout le monde les pique. Si si, je le sais, vous le savez et le pote qui a laissé son parapluie chez vous il y a huit ans le sait (Pierrot si tu nous lis, ton parapluie noir est en sécurité).

 

On prend un parapluie quand il pleut, et on le sait, ce truc gêne  tout le monde. C’est encombrant, pas pratique, et les trottoirs deviennent des lieux de combats sans règles ni lois quand il s’agit de passer à deux personnes munies de parapluie sur un trottoir d’un mètre de large. Mais l’on continue d’en prendre un, sans se soucier du confort commun, alors que l’on pourrait mettre une veste avec une capuche pour ne pas prendre l’eau — ou faire comme moi et être en pull même lorsqu’il pleut, et avoir l’air de sortir d’une machine à laver un jour sur deux, et s’en foutre totalement — et par conséquent, ne pas gêner autrui.

 

Mais, pour le look, pour la classe, pour ne pas avoir à changer de veste alors que ça ne va pas avec notre pantalon, les gens optent pour cet instrument de l’enfer et décident que leur confort à eux, vaut bien l’inconfort des autres.

 

Et, est-ce que ce n’est pas là l’un des problèmes majeurs de notre société actuelle ? Privilégier notre confort individuel plutôt que de voir plus global, plus loin, et devoir sacrifier des choses que l’on pensait nous être dues ?

 

C’est vrai ça, pourquoi est-ce que l’on devrait limiter nos déplacements en avion ? Pour minimiser les émissions de gaz à effet de serre ? Non mais attendez, on les a méritées ces vacances quand-même !

 

Pourquoi arrêter de manger de la viande ou limiter notre consommation ? Par conscience que les animaux sont des êtres dotés de sensibilité qui agonisent toute leur vie dans le seul but de se faire manger par hédonisme des Hommes ? Non mais on ne va pas arrêter de manger du foie gras, c’est trop bon ! Puis c’est Noël !

 

Comment ça on devrait faire davantage attention aux marques que l’on consomme ? Oui bah on ne va pas acheter des pantalons à 250€ quand on peut en avoir un à 8€, non ? Attends, si l’on ne peut même plus faire les soldes et faire de super affaires, c’est nul non ?

 

Trier ses déchets ? Il faut deux poubelles, ça prend de la place.

Voter ? On est dimanche, la flemme.

Faire ses courses en vrac ? C’est chronophage.

Acheter moins ? Mais j’ai le droit de dépenser mon argent ! C’est MON argent.

Donner mon temps aux plus démunis ? Mais je n’ai même pas le temps d’aller à la salle de sport !

Passer vegan ? Mais je viens juste de passer veggie !

Arrêter Uber ? Mais y’a pas de transports !

Ne pas jeter mes cigarettes par terre ? Mais ils nettoient les rues !

Arrêter le sopalin et passer aux chiffons en microfibres ? Mais c’est vachement moins pratique !

Arrêter de consommer de l’huile de palme pour ne lutter contre la déforestation et la disparition des orangs-outan ? Ah ouais mais les Kinder Bueno c’est trop bon !

Là, à ce niveau de l’article, vous êtes normalement un peu énervés. Parce que je tape où ça fait mal. Ces comportements, je les ai entendus, de la part de personnes bien, de personnes concernées, mais qui ont vécu dans des modèles où l’on nous mettait nous en premier. Où la facilité primait, et où les comportements individuels étaient considérés comme normaux, comme totalement acceptables. Quitte à ne pas considérer l’autre.

 

Ces comportement-là, je les ai vécus, et moi la première, j’ai des façons de faire qui sont encore totalement ancrées dans ce modèle individuel. Je prends beaucoup beaucoup beaucoup trop l’avion, je prends parfois des cafés à emporter dans des cups en cartons plastifié, je consomme du fromage, je n’achète pas tout en vrac et je consomme des produits importés. Et encore des dizaines d’autres choses que je fais parce que c’est plus facile, que je n’ai pas envie de changer mes habitudes, que ça nécessiterait que je m’informe davantage sur les substituts, sur les solutions envisageables, mais que je décide de ne pas changer. Par hédonisme, par égoïsme.

 

Le but ici n’est pas de faire un concentré de toutes les vidéos / articles / conférences / TEDs que l’on consomme tous les jours. Ni de dire que personne ne fait assez. Mais plutôt de souligner le fait que, lorsque l’on prend une décision, nous ne sommes plus les seuls impactés. Et désormais, on le sait. On ne peut plus se cacher derrière notre ignorance, ou le fait que les catastrophes sont encore loin. C’est en train d’arriver, on a déjà foiré le futur, on a déjà foiré l’avenir de la planète. Nous et les générations bien avant nous. Mais on peut changer notre façon de penser, mettre de côté la recherche hédoniste perpétuelle, et se dire que nos efforts serviront les autres, nous serviront à tous, et ne condamneront pas les plus faibles. Parce que ce sont les plus faibles, les moins protégés, les moins riches, ceux qui n’ont pas la parole, qui partiront en premier. Ne soyons pas ceux qui s’en foutent et qui mangent du foie gras en regardant les news. Qui s’indignent devant la catastrophe qui arrive aux Australiens mais qui ne changent rien à leurs habitudes. Ne soyons pas ces gens-là.

 

Tout ça pour vous dire quoi au final ? Ah oui ; mettez des capuches.

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3h42

Il y a quelques jours, j’ai fait une insomnie alors que je dormais chez ma grande sœur. Entre 3h42 et 6h du matin, impossible de fermer l’œil. Et évidemment, plus j’essayais de dormir, plus je me retournais dans tous les sens en faisant la liste des choses sur lesquelles je m’interrogeais. Et croyez-moi, je me suis posé un paquet de questions et ai pensé à tout un tas de choses.

 

Est-ce que je vais réussir à me rendormir un jour ?

Où est-ce que je vais pouvoir imprimer mes papiers freebox à retourner maintenant que je ne suis plus à l’agence ?

Qui a encore une imprimante perso en 2019 ?

Est ce que j’ai déjà eu une imprimante qui fonctionnait un jour ?

Est-ce que le mec qui crée les imprimantes fait exprès de ne les faire marcher qu’une fois sur 2728 les soirs de pleine lune et les jours impairs ?

Comment j’en étais arrivée au fait que parrot et pirate de ressemblent de dingue niveau sonorités et sont dans le même champ lexical anglais, lors de ma dernière insomnie ?

Est ce que les gens qui ne dorment pas en sont arrivés à cette même conclusion ?

Je vais demander aux gens connectés sur Facebook. Ah non la lumière bleue réveille encore plus m’a-t-on dit.

(cherche sur google) « Est-ce que la lumière bleue empêche de dormir ? »

Qui n’a pas répondu à mes messages ?

Et moi, à qui j’ai oublié de répondre ?

Combien de degrés fait-il dans les endroits du monde que j’aime ?

Est-ce que l’Afrique du Sud a vu une différence depuis que le pays a gagné la coupe du monde de rugby ?

Comment s’appelait le mec canon auquel j’avais parlé pendant Afrique du Sud – Nouvelle Zélande ?

Où est le luminaire que ma sœur avait mis dans le salon il y a quelques années ?

Est-ce que j’ai bien mis tous les papiers importants dans le même carton de déménagement ?

Est-ce que j’ai pris le bon adaptateur dans mon sac de rando ?

Mike. Il s’appelait Mike.

Qu’est ce que ça veut vraiment dire “poids de forme” ?

Je n’arrive pas à savoir quel est mon personnage préféré dans Big Little Lies entre Nicole Kidman et Zoe Kravitz

Attends mais Zoe Kravitz c’est la femme de Lenny Kravitz ou sa fille ?

C’est quoi déjà la technique de méditation qui te fait t’endormir en une minute ?

Pourquoi au yoga je finis toujours par siester alors que là je peux sentir mon cerveau qui s’illumine comme une petite guirlande de Noël à force de se poser des questions ?

J’ai envie d’écouter du Chilly Gonzales.

Est-ce que Chilly Gonzales est forcément malheureux pour être aussi talentueux ?

Est-ce que tous les écrivains talentueux sont brisés ?

Haruki Murakami n’a pas l’air malheureux. Je me demande ce que je lui dirais si un jour je le rencontrais. J’aimerais bien courir avec lui, il ne parle pas quand il court, ça doit être agréable. Juste courir, chacun dans ses pensées. On irait boire un thé après, ce serait cool.

Ahhhhh, je crois que l’exercice de méditation c’est : huit grandes inspirations….on bloque sur quatre temps, et on expire sur sept temps. Ou peut-être que c’est : sept grandes inspirations…on bloque sur cinq temps, et on expire sur huit temps. Sept grandes inspirations, on bloque sur quatre temps, et on expi…

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enter your password

Alors que j’essayais de me souvenir de mon mot de passe Apple — sérieusement je n’en peux plus, je l’ai changé 282929109 fois, le note à chaque fois dans 4 Moleskine, 3 notes iPhone, je l’envoie sur 2 boites mail différentes, et je continue pourtant de le réinitialiser tous les trois mois — je me suis mise à penser aux mots de passe. Pas les mots de passe classique type “password” ou “password123” (ça va l’imagination sinon ?), mais les mots de passe de la vie. Vous avez ces messages codés que l’on doit déchiffrer, seul.e ou à plusieurs.

Les “c’est pas grave” qui le sont en fait, les “pas de soucis” qui induisent un “comment tu vas me le payer”, les silences qui en disent long, les “ok.”.

Ils agacent tellement ceux-là bordel.

Les messages passifs agressifs qui font l’effet d’un coup de poignard, les doubles négations auxquelles on ne sait jamais quoi répondre, les comproches (compliments + reproches) (je l’ai déposé à l’INPI n’essaie même pas de me le piquer). J’ai envie de faire une liste non exhaustive. Bon allez, je la fais, mais c’est bien parce que c’est vous.

Les messages blanc noir

Alors ceux-là, ils sont super faciles. L’idée, c’est que le message est le contraire de ce que je pense vraiment la personne. Pas compliqué, si l’on reçoit un “oui oui je comprends”, ça veut dire en réalité “non je ne comprends pas, tu abuses totalement, on en avait parlé il y a trois mois, tu m’avais dit oui, là ton excuse ne tient pas debout, et le fait que tu ne voies même pas le souci me montre à quel point tu es égoïste”.

Oui, c’est plus long que le message initial, mais ça fonctionne quand-même.

En fait le plus compliqué dans ce type de messages, c’est de les détecter.

Les messages comproches

Cette catégorie est vraiment vicelarde. Parce qu’au début, si le comproche est bien fait, on peut vraiment avoir le deuxième effet kiss cool alors que l’on ne s’y attend pas du tout. Genre pas du tout. Du tout.

Ça commence en général avec un joli compliment qui nous donne la sensation d’être une personne incroyable. Alors évidemment, on prend. On écoute le compliment — ou on le lit, chacun son médium — et on se dit que c’est vrai après tout, on est une personne géniale. Et, alors que l’on ne s’y attend pas, débarque le reproche, mais d’une façon si brutale que ça nous ferait presque recracher notre Spritz par le nez.

Les doubles négation 

Ce n’est pas comme si ce n’était pas compliqué, si ?

What the.. Donc c’est compl.. Non donc ce n’est pas compli… à chaque fois que je reçois un message comme ça et que j’hésite pendant 12 minutes à me fendre d’un “de ouf” ou d’un “bah pas du tout”, j’ai l’impression de jouer ma vie. Bescherelle dans une main — oui, j’ai un Bescherelle — Google dans l’autre, j’ai fini par trouver l’astuce. Un petit “sure” avec un accent US bien placé, et je suis certaine que mon interlocuteur sera satisfait.

Les mots-points.

Bon, classique du genre, ceux-ci sont bien connus de tous, et même si leur antériorité pourrait laisser croire que l’on se lasserait d’eux un jour, pas du tout ! Ils sont toujours super efficaces, acerbes, et annoncent bien la couleur.

“On se voit ce soir comme prévu baby ?”

“Ah mais non finalement je vois Max et Raph pour aller boire des coups.”

“Ok.”

Laisse-moi te dire “baby”, tu vas prendre cher.

Soit dit en passant, cela marche avec tous les mots, mais plus ils sont courts, plus la personne est énervée.

Les “ooops, mauvaise fenêtre”

Allez, alleeeeeez, fais pas genre, tu l’as déjà fait. Si si, tu viens de rencontrer un mec, vous vous parlez sur IG, Facebook, ou ce que tu veux, et tu veux lui lâcher une info sans paraître needy, donc tu joues la carte de la mauvaise fenêtre.

“oui les zouzs je serai au Rosa à 20h comme prévu ! Trop contente ! Je prends du rosé”

Genre ça, t’as pas fait exprès de l’envoyer à Roger ? Hein ? C’était pas une feinte pour annoncer où tu te trouverais, et soule qui plus est ? Arrête, je te connais.

Bien à vous, et du “cliquez ici si vous avez oublié votre mot de passe ou votre identifiant”

PS : J’ai retrouvé mon mot de passe

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ça m’agace

Il y a des choses qui me rendent dingue. Et il y en a d’autres, qui m’agacent. Vous savez, toutes ces petites choses vraiment pas graves mais qui me font lever les yeux au ciel et soupirer assez fort pour que le voisin m’entende.

Quand le noyau de l’avocat tombe par terre parce qu’il est glissant et qu’il m’échappe des mains, laissant plein de petits éclats verts sur le sol de la cuisine

 

Quand j’achète des élastiques à cheveux qui sont en fait beaucoup trop petits mais que je ne le réalise que lorsque j’en essaie un une fois chez moi

 

Quand je me cogne contre ma plante suspendue dans mon appartement. Elle est là, au même endroit depuis presque 5 ans, et je continue d’être surprise de la trouver au-dessus de ma tête quand je me relève de mon fauteuil.

 

Quand je me laisse un bout de gâteau au frigo pour plus tard, que je lutte pour ne pas le manger en entier et me faire plaisir à un autre moment, que je l’oublie et n’y repense que lorsqu’il n’est plus bon.

 

Quand quelqu’un met son doigt sur mes verres de lunettes pour les poser à un autre endroit et que j’ai les empreintes digitales de quelqu’un au milieu de mes yeux qui n’y voient déjà pas grand chose.

 

Quand je précise que si le vin blanc est même un tout petit peu sucré je ne vais pas aimer, que l’on me dit que ce n’est pas sucré et qu’il l’est en fait, m’obligeant à boire un vin qui pour moi est liquoreux parce que je n’ose pas le dire au serveur.

 

Quand on me dit “pas de soucis je m’en occupe” et que la personne ne s’en occupe pas du tout.

 

Quand je reçois un avis de passage du livreur avec écrit “non localisé” alors que j’ai passé la journée à télétravailler à la maison et que par conséquent, j’étais très facilement localisable.

 

Quand un restaurant me dit “on ne prend pas les réservations mais passez vous aurez de la place”. Que je passe. Qu’il n’y a pas du tout de place.

 

Quand l’ophtalmo ne me dit rien quand je lui demande si “c’est un B non ? Ou un D ? Ah non un O” et qu’il se contente de changer de slide projetée en mettant un police beaucoup plus grande. “Bon bah là c’est un A, au moins y’a pas de doute”.

 

Quand je vais à un rendez-vous, que la personne est en retard et qu’elle ne s’excuse pas en arrivant.

 

Quand je dis Tinder au lieu de Linkedin. Franchement je suis sûre que l’on peut trouver un job via Tinder et un mec sur Linkedin.

 

Quand quelqu’un commence sa phrase par “Mais t’as pas peur que…” en exprimant l’une de ses peurs, me projetant l’une de ses angoisses à laquelle je n’avais jamais pensé et qui reste un peu ancré dans mes oreilles alors que je ne l’avais même pas considérée avant quelques secondes.

 

Quand je parle avec quelqu’un qui est fier de ne rien avoir à faire de l’environnement “parce que de toute façon d’ici là on sera mort”. Si c’est le cas j’espère que tu seras de ceux qui ne partiront pas dans les derniers.

 

Quand les gens crient.

 

Quand quelqu’un me balance un énorme secret avant même que j’ai dit si oui ou non je voulais bien être au courant du secret.

 

Quand on me dit “tu vas adorer”, et que je n’adore pas du tout.

 

Quand une personne négocie de façon totalement lunaire sur Vinted. “Je te les prends à 8€ au lieu de 60€ ça te va ?”

“Bah.. non.”

 

Quand je vois les lumières allumées de l’immeuble en face du mien alors que je sais que plus personne n’y travaille à cette heure-ci.

 

Quand la personne devant moi ne me tient pas la porte du tourniquet dans le métro.

 

Quand j’oublie que j’ai mis du mascara et que je me gratte les yeux avant de retrouver une tête de panda dans le miroir.

 

Quand un serveur prend notre commande, que je m’imagine toute une histoire d’amour avec le plat que je viens de commander et qu’il revient pour me dire qu’en fait il n’y en a plus.

 

Quand j’écris un article sur les petites choses qui m’agacent et que le voisin d’à côté se met à utiliser sa perceuse.

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les projections

— Bah non, mais il est chié quand même de réagir comme ça non ?

— Tu aurais voulu qu’il réagisse comment ?

 

Notre copine, notre mec, nos parents, notre boss, notre plan cul, le mec qui ne s’est pas levé dans le métro, la vieille dame qui nous a doublée au Monop’ ; on trouve toujours à redire sur les comportements de beaucoup de personnes au quotidien. Parce que le fait qu’une tierce personne ne réagisse pas comme on l’aurait souhaité ; ça nous agace. Et au cas où l’on n’aurait pas compris que les gens réagissent comme EUX l’entendent, et qu’on n’y peut pas grand chose, on se sent le besoin de débattre autour de cette réaction, et éventuellement de celle que l’on aurait aimé voir. Et les projections, c’est un peu comme un deuil, ou une rupture amoureuse ; il y a des étapes par lesquelles on passe. Qu’elles durent chacune plusieurs jours, ou seulement quelques secondes, l’être humain a besoin de passer par plusieurs phases qui englobent des sentiments bien définis, avant de digérer l’événement.

 

L’ATTENTE

Une situation, une conversation, un événement, sont autant de situations qui peuvent engendrer une “attente” de notre part. On estime qu’une personne se doit d’avoir une réaction suite à ce qu’on lui a dit / ce que l’on a fait / le travail que l’on a fourni. On est persuadé que quelque chose va se produire de la part de cette personne, c’est une évidence, seulement une question de temps, et l’on ne voit pas, même pas une seule seconde, les choses se dérouler autrement.

 

Exemples *

 

*J’utilise ici des exemples avec un “je” qui n’est pas “mon je”. C’est fictif. Imaginez si j’avais tous ces problèmes en même temps, franchement ce ne serait pas une vie. Et je claquerai mon budget voyage annuel en budget psy hebdomadaire.

 

Exemple 1 : Je fournis un rapport budgétaire archi détaillé à ma boss, je lui envoie en temps et en heure, tout y est parfaitement établi et j’ai été la plus minutieuse possible. Je fais exprès d’envoyer le mail à 22h34 un jeudi, parce que je suis quelqu’un d’engagé dans mon job, et je veux que cela se voie.

 

Exemple 2 : Je fournis une photo super hot à ma target du moment, chemise ouverte, soutien-gorge triangle en dentelle, main négligemment posée sur le sein. On est jeudi, il est trois pintes et demi PM, et j’arrive à prendre une photo qui mêle sexyness de Charlize Theron avec punchline provocante à la Seth Gueko.

 

Exemple 3 : J’aide ma pote à déménager. Après s’être séparée huit fois de ce tocard en trois ans, ils emménagent finalement ensemble. Je l’ai ramassée à la petite cuillère de façon régulière au cours de ces trois dernières années, mais elle l’aime. Donc bon, en tant qu’amie, je la soutiens, je souris à son tocard de mec, et je l’aide à porter ses meubles. Putain elle est pas mal leur table basse tiens.

LA PROJECTION

Chacun son jugement et ses valeurs. Ce qui paraît naturel à certains ne le sera absolument pas pour d’autres. Mais si l’on espère une réaction bien définie d’une personne, il y a peu de chances que ladite personne réagisse exactement comme on l’aurait souhaité. Pourquoi ? Parce que cette personne n’est pas nous. Et par conséquent, n’a ni le même jugement, ni les mêmes valeurs, et n’a pas non plus vécu les mêmes événements qui nous ont défini nous, en tant qu’être individuel.

Cette personne n’est pas nous.

Mind blowing, I know.

Je viens de vous éviter huit années de thérapie, ne me remerciez pas.

 

Exemple 1 : C’est sûr que je vais recevoir un mail qui me félicite pour ce rapport budgétaire. Franchement vu le boulot fourni, ce serait la moindre des choses. Parfaitement synchro avec les entretiens annuels et l’attribution des primes. Je le sens, ma boss va enfin me faire monter sur les annonceurs stylés, et d’ici 6 mois je serai directrice clientèle.

 

Exemple 2 : Bon clairement, d’ici trois minutes je reçois un “J’arrive”, et dans vingt minutes on s’envoie en l’air comme des brutes chez moi. Il va tomber amoureux c’est sûr. Je vais avoir trois orgasmes, il va tomber amoureux, et demain on ira petit-déjeuner chez Holly Belly.

Et il m’invitera, toujours troublé par les événements de la veille.

 

Exemple 3 : J’attends son texto de remerciement, autre que le “thx !” que j’ai reçu le lendemain du déménagement. Son invitation pour que l’on passe une soirée que toutes les deux, ou un bon pour un massage histoire d’oublier les courbatures liées aux 46 cartons que j’ai dû porter. On se connaît depuis douze ans, je sais comment elle est.

LA COLÈRE

Quand on n’obtient pas ce que l’on veut, on peut soit attendre patiemment, revoir comment on a demandé les choses, remettre en question notre façon de faire en étant calme et tempéré. Ou commencer les plans machiavéliques qui nous font serrer les dents et fumer huit cigarettes en guise de dîner. Dans l’impossibilité de reprocher quoique ce soit à l’autre qui n’est même pas au courant de la situation — parce que l’on n’a évidemment pas échangé avec l’autre pour éclaircir les choses et partager nos sentiments — on craque en ayant envie de rayer la personne de notre vie en lui souhaitant les pires choses, à cet humain sans coeur. Merde.

 

Exemple 1 : Mais quelle manager de merde. Pas foutue de soutenir ses équipes, je suis sûre qu’elle pense que c’est normal de bosser 80 heures par semaine depuis 4 ans pour un salaire de stagiaire qui m’oblige à vivre dans un 20m carrés. Elle va changer deux trucs, me dire que je n’ai pas été assez méticuleuse et signer de son nom avant envoi aux big boss. J’espère qu’elle va garder un petit bout d’edamame dans les dents tout l’après-midi après son jap.

 

Exemples 2 : Okay donc clairement un “nice”, n’était pas vraiment la réponse que j’attendais. Non mais je rêve. Le mec je lui sers mes boobs sur un plateau d’argent et j’ai l’impression de lui avoir envoyé un meme. Tocard.

 

Exemple 3 : Pas d’appel, pas de message, pas de remerciements, et elle annule notre soirée nanas au dernier moment pour “profiter de son nouveau chez eux”. Non mais… non mais attends mais je vais lui foutre dans les dents sa table de chevet là. Donc je joue aux Déménageurs Bretons tout un week-end et elle n’est pas foutue de se pointer à un dîner ? Ces gens qui arrêtent d’avoir une vie dès qu’ils se mettent en couple, c’est incroyable. Quand il la quittera pour la neuvième fois, elle pourra le déménager toute seule son ancien nouveau chez eux.

LA DÉCEPTION

Parce que la haine, c’est souvent une façon détournée de gérer quelque chose qui nous a blessé.e. On se sent mis.e de côté, rejeté.e, pas estimé.e à notre juste valeur ; et c’est souvent plus facile de se nicher dans la colère plutôt que d’admettre que notre ego a été touché. Et nos sentiments un peu malmenés. Très souvent dans le monde moderne ; être en colère, c’est être fort. Etre ébranlé, c’est être faible. Mais vient un moment où la tristesse et la déception nous rattrapent, pour venir se lover en nous. On regrette alors la haine que l’on avait, et qui semblait nous porter. La déception, elle, touche souvent plus profondément. On se remet en question, on refait le match, et la boule au ventre nous ronge de l’intérieur, faisait irradier la peine.

 

Exemple 1 : J’aimerais juste une fois, une seule fois, avoir la sensation de bien faire mon job, qu’on me dise que je suis à ma place, et arrêter de me taper ce syndrome de l’imposteur alors que je bosse depuis plusieurs années comme senior dans cette boîte. J’ai besoin que l’on me booste, et me considère, pour être capable d’abattre des quantités de travail dans un job qui me plaît.

 

Exemple 2 : Bon, clairement il ne me trouve pas si canon que ça. Pas grave, 74 photos prises, des envois à 4 copines pour choisir la bonne photo, un gommage / épilation / hydratation, et le tout après 3 pintes et demi sans tomber dans la douche. Je vais regarder un épisode de The Leftovers en mangeant des Pringles, ça fera très bien l’affaire. Merde, j’avais quand-même vachement envie de le voir ce con.

 

Exemple 3 : Dix ans d’amitié et je me fais reléguer au statut de déménageur bénévole. On s’est toujours soutenues, et dès que son engagement envers un autre être humain se concrétise, elle me fout à la cave avec les meubles de l’ancien proprio. Merde. Pourquoi est-ce que l’amitié fait parfois tout autant souffrir que l’amour ?

L’ACCEPTATION

Accepter de faire entrer des gens dans notre vie et de créer des liens avec elles, c’est accepter de les laisser être. C’est ne rien attendre d’elles, et leur donner l’amour et le respect nécessaires pour créer une relation saine et épanouissante pour les deux parties. En échangeant, en partageant nos ressentis, nos déceptions, de façon construite et non violente, on établit des ponts durables et sincères avec les autres. Call me Bouddha Flora, mais lorsque l’on n’attend rien, on peut être incroyablement et positivement surpris. L’amour, l’amitié, sont des notions incroyables, qui mêlent l’envie de posséder l’autre tellement les sentiments peuvent être forts, à la difficulté à le laisser être en tant que personne individuelle. On prend ce qu’il y a à prendre, donne ce que l’on peut donner, et si l’on souhaite partager la façon dont on a vécu la situation passée, on en parle calmement à l’autre, sans lui reprocher de ne pas être capable de lire dans notre esprit.

 

Exemple 1 : Je demande à voir ma boss pour lui expliquer mes attentes et la façon dont je vois les choses pour pouvoir être épanouie au sein de mon job, pour le bien-être de l’entreprise, et surtout pour le mien. Car l’un ne va pas sans l’autre. Si ma boss comprend et accepte les échanges, on fait des points souvent pour se parler sans laisser s’amasser les non-dits et les frustrations. Si elle ne veut rien entendre et ne nous considère pas, ne comprenant pas pourquoi l’on a besoin de reconnaissance dans notre travail, et de respect au quotidien, on se casse. On se trouve un job qui nous plait avec des collaborateurs respectueux, une ambiance bienveillante et des missions qui nous challengent. Et on se prend des petites semaines de vacances entre nos deux jobs. You go girl!

 

Exemple 2 : On se demande ce que l’on cherchait en envoyant cette photo. Un compliment ? Relancer un plan cul ? Attirer son attention ? Une validation ? Retenir quelqu’un qui nous échappe ? Quoique ce soit, on se l’avoue, et on essaie de comprendre ce que l’on recherche dans cette relation, et surtout si l’autre est sur la même longueur d’ondes. Et on ne laisse personne nous faire nous remettre en question sous prétexte que la réaction attendue n’était pas à la hauteur de celle que l’on attendait.

 

Exemple 3 : On parle avec notre amie en lui expliquant ce que l’on a ressenti, sans l’accuser de tous les maux. La communication non-violente, cela ouvre plus de portes que l’on ne peut se l’imaginer. Et on essaie de trouver un nouvel équilibre à notre relation qui nous conviendra à toutes les deux, sans frustration, sans amertume. Les amitiés évoluent, le tout est de savoir si l’on a envie d’évoluer avec elles. Ah oui, et on arrête d’appeler son mec “le tocard”. On ne sait jamais, à force de le dire ça pourrait nous échapper pendant le toast si ces deux-là décidaient de se marier. Mais quand-même, quel tocard.

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le coiffeur

J’ai été chez le coiffeur. Mais je ne me suis fait pas fait couper les cheveux.

 

Putain elle déraille ça y est.

 

Déjà tu te calmes, okay. Et je déraille depuis trente ans, donc Fais t’y. Fais-t’y ? Fais-y toi ?

 

 

Donc deal with it.

 

Je suis donc allée chez le coiffeur, mais je ne me suis pas fait couper les cheveux, parce que la dernière fois que j’y suis allée, j’avais fait un monologue de 23 minutes sur le pourquoi du comment mes cheveux longs faisaient partie de mon moi actuel — je revenais d’Afrique du Sud, les gens m’appelaient Vendredi (pour Vendredi ou la vie sauvage, au cas où tu n’aurais pas la ref espèce d’inculte) et pourquoi il fallait donc ne couper QUE les pointes, juste les pointes. J’étais ressortie de là avec un carré long, avais laissé un pourboire (#victime) et étais partie me cacher dans mon lit en jurant que PLUS JAMAIS je ne laisserai un coiffeur me couper les cheveux.

 

C’était en mai. Depuis, j’ai retrouvé ma longueur et laisse-moi te dire que c’est bien pratique étant donné que j’ai fait le tri un peu trop vite lors de ma dernière collecte de vêtements pour une association et que j’ai donné TOUTES mes affaires d’hiver. Sauf un bonnet.

 

Nous voilà donc en novembre, et je me retrouve de nouveau chez un coiffeur pour accompagner ma meilleure amie qui est en détresse capillaire et qui a besoin d’un soutien.

 

— Bonjour, ce serait pour un shampoing brushing s’il vous plaît

— On ne coupe rien ? Même pas les pointes ?

— Vas-y, essaie.

— Pardon ?

— Non non, shampoing brushing. C’est tout, merci.

 

Je mets la petite cape dans laquelle je n’arrive jamais à trouver les manches — sourires gênés haha oui c’est pas très pratique à mettre hein c’est vrai — puis direction le bac. Après 17 “ça va la température ?”, et trois “ils sont fatigués vos cheveux non ?”, je me dis que, quand-même, c’est dur de lancer ça au visage de mes cheveux, surtout de la part d’un mec qui a le crâne rasé. Mais bon, mes cheveux sont moins susceptibles que moi. Je lui lance quand-même un “ils prennent beaucoup le soleil ! Parce que bon, moi aussi je suis fatiguée, donc je pars souvent en vacances”.

 

Voilà, donc t’arrêtes de critiquer mes pointes ou je te force à regarder chacune de mes photos de vacances des trois dernières années.

 

Silence de quelques merveilleuses minutes, je crois qu’il a comp…

 

— Mais vous ne faites jamais de masque ?

— Oh boy…

— Hein ?

— Bah si, parfois, des bains d’huile de coco quoi.

— Ah vous êtes plutôt diaïoua

— Plutôt quoi ?

— Diaïoua !

— …

— Fait maison quoi !

— Ahhhh, DIY

— Oui voilà ! Sinon on a un super soin Kérastase qui permet de…

— Non non, vraiment je préfère les choses naturelles donc c’est gentil mais non

— D’accord c’est comme vous voulez. Je vous fais un massage ?

— Non c’est bon j’aime pas trop qu’on me…

— Oh ça va vous détendre vous allez voir

Okay donc là, je ne suis pas détendue du tout, et j’ai un mélange de tellement de sensations en même temps que j’ai l’impression que mes différents personnages dans ma tête sont eux-mêmes schizophrènes. Le coiffeur me masse alors que je n’aime pas que l’on me touche, du coup, ça m’énerve. En même temps son putain de massage est vraiment cool, donc j’ai un peu envie de dormir. Et puisque ces massages ressemblent beaucoup à des papouilles, signe d’une soirée à deux dans un lit, j’ai un peu envie de m’envoyer en l’air.

Voilà, on est samedi, il est 10h du matin, et j’ai envie de cogner / dormir sur / embrasser le coiffeur.

 

— Je vous ai quand-même fait le soin Kérastase, cadeau de la maison.

— mrmmph mrrhpmmm okaaay

 

Après avoir un peu bavé et m’être endormie au bac en rêvant de Malcolm Marx (c’est lui pour ceux qui ne le connaissent pas) (plaisir d’offrir), le coiffeur m’emmène sur une chaise face à un miroir beaucoup trop bien éclairé qui me sort de ma torpeur. S’en suivent douze brûlures légères à l’oreille / au crâne / dans la nuque — cette fois-ci sans JAMAIS me demander si “ça va la température ?” — je sors avec ma longueur, peignée comme un Playmobil stylé, et avec des cheveux qui sentent bon, même si ce n’est pas la coco.

 

Un samedi matin plutôt cool pour un Vendredi ou la vie sauvage.

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le massage

 

Il y a quelques semaines, j’ai été me faire masser. Une envie spontanée née après avoir parlé de l’application Treatwell. Treatwell, c’est un peu comme Balinéa, mais en moins cher En gros il s’agit d’une plateforme qui regroupe des centaines de lieux dans lesquels tu peux te faire masser / faire faire une manucure / te faire couper les cheveux, et plein d’autres trucs a priori cool quand tu as envie d’un petit peu de pampering.

J’ai donc parlé de cette application, et vu que la magie Mark Zuckerberg et son Big Brothering font bien les choses, j’ai eu environ 282929 pubs poussées de l’app sur Facebook.

 

C’était donc un dimanche d’octobre, il pleuvait, je venais de finir un tea time avec une amie et l’idée de me faire masser sur une table chauffante avec de l’huile qui sentait bon les îles Fidji me faisait vachement envie.

 

J’ai donc choisi un massage aux huiles chaudes à 700m de là où j’étais, ai repris une part de pumpkin pie pour la route, et suis allée à mon rendez-vous.

 

Quand j’ai débarqué à l’adresse de l’institut, il y avait une façade déconfite sur laquelle était inscrit en lettres capitales “ONGLERIE”. Et c’était pas dans la meilleure typo. Et celui qui nie le fait que la police d’une enseigne n’est pas directement liée à la qualité de la prestation n’est autre qu’un escroc.

 

Je regarde mon mail de réservation, puis l’enseigne, puis le numéro de la rue, puis mon mail de réservation, puis ma pumpkin pie, et j’entre dans l’institut. À ce moment-là, je sais que l’institut n’en n’est pas un, donc je vais arrêter de l’appeler comme ça, je préfère être honnête. J’entre donc dans cet endroit défraîchi à l’odeur de cuisine étrange. Deux dames m’accueillent et me disent de m’asseoir après que je leur ai annoncées que j’avais rendez-vous pour un massage d’une heure. Je m’assieds et une autre dame me dit de la suivre. Je n’ai pas eu le temps de m’asseoir sur la chaise et fais donc un squat — c’est toujours ça de pris. La dame me montre une pièce, ouvre la porte, j’y entre, et elle referme la porte derrière moi.

 

Dans cette pièce exiguë et d’une glauquitude hors-norme ; une table de “massage”, un slip jetable emballé, une radio et un porte-manteau. J’en conclus donc que je dois enfiler ce slip. Des massages, j’en ai fait d’autres, et je sais que le plus souvent, la tenue portée n’est pas celle dans laquelle je me trouve le plus à mon avantage. À peine le temps d’enfiler un bout du slip que la dame entre de nouveau “j’ai pas finiiiiiii” je lui lance, une jambe en l’air, l’autre prête à lui faire un kick pour cause d’intrusion. La scène se répétera une deuxième fois, mais faire les gros yeux en slip jetable n’a pas le même impact que quand l’on est habillé. Lesson learned.

 

À l’intérieur, ça sent l’huile rance et l’heure qui va sembler beaucoup trop longue, mais je n’ai pas vraiment le choix, et je m’allonge sur la table, un peu dépitée. Au total, je suis restée une heure dans cette pièce sombre et triste, avec une radio qui crachotait de la musique chinoise, une masseuse qui respirait tellement fort que j’avais l’impression qu’un vent force 8 s’abattait sur mon velux, et All night long de Lionel Richie qui tournait en boucle dans ma tête — ça n’a rien à voir avec le massage, mais je voulais quand-même le souligner.

 

Au bout de cette heure interminable, la dame me lance un “finiiii”, accompagné d’une lampe de 8000 volts qu’elle allume et qui me brûle la rétine. Me voilà donc toujours myope, toujours astigmate, et avec la sensation d’avoir une cloque à l’oeil gauche. À moitié aveuglée, je tente de me rhabiller dans la dignité et la lumière peu flatteuse du néon blanc qui me donne l’impression d’avoir de la cellulite sur les orteils et des cernes aux omoplates.

 

Je suis ressortie sous la pluie, en sentant l’huile de cuisson, encore plus tendue qu’à l’arrivée.

 

Bon, au moins j’ai ma pumpkin pie pour me consoler. Et je peux même la blâmer quand les gens me regardent dans le métro en reniflant l’odeur d’huile de cuisson qui émane de mes pores.

 

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les multiples facettes

Il y a quelques jours j’étais dans un bar, et alors que je me suis souvenue de pourquoi je n’aimais plus les bars (c’est parce que je suis vieille) (et que je préfère faire des squats chez moi plutôt que dans des toilettes exiguës qui sentent le métro) (ou l’inverse), je suis rentrée chez moi.

 

Dans le métro du retour (qui sentait les toilettes donc), j’ai lu l’un de mes bouquins du moment qui est écrit par Arnaud Desjardins qui n’est autre que le fondateur de l’un des Ashrams dans lesquels je vais me rendre en 2020. Que vous soyez ou non intéressé.e par la méditation, je trouve qu’il est toujours intéressant d’opter pour ce genre de lecture, de façon régulière ou ponctuelle ; on apprend beaucoup sur soi, sur les autres, et sa façon de se comporter dans le monde. Au pire des cas cela ne vous parle pas et vous le prêtez à quelqu’un d’autre que cela inspira peut-être, et dans le meilleur des cas vous prenez un peu de recul sur la vie que l’on mène et notre façon d’être heureux, paisible, et on prend un shoot de bienveillance.

 

On a connu plus risqué.

 

Je continue de lire ce bouquin, devant revenir parfois sur certaines phrases pour bien les assimiler. Certaines choses me paraissent familières, d’autres principes sont un peu plus inconnus, mais je suis assez captivée, et quand j’arrive à son explication de la multiplicité des personnes dans un même être ; ça me parle énormément. Il explique notamment que la paix avec soi-même ne peut arriver que lorsque l’on comprend et identifie notre être “neutre”, celui que nous sommes sur le long terme, celui qui nous permet de comprendre l’unité. Mais pour comprendre l’unité, il faut avant tout passer par l’exploration de la multiplicité.

 

Je ne parle pas de la schizophrénie qui est une maladie, mais bien de cette sensation d’avoir plusieurs personnalités qui s’expriment au gré de leurs envies à travers nous, à travers notre être.

Cette sensation qui nous donne l’impression d’être un être dual, toujours dans la pluralité, trop souvent dans la contradiction. Ces personnes qui vont et viennent de façon non contrôlée nous surprennent parfois, pensant qu’elles avaient disparu, alors qu’elles se cachaient juste un peu plus loin. Voilà, derrière le poteau là-bas. Mais si à côté du petit buisson. Oh mais mets tes lunettes aussi !

 

la colérique

Je ne suis pas quelqu’un de colérique en général. Mais des personnes, des situations, peuvent me donner des élans de colère profonde qui apparaissent et retombent en quelques minutes. Une réflexion gratuite, de la malveillance, du jugement, du bruit répétitif, quelqu’un qui me pousse dans le métro, ne sont que quelques unes des situations dans lesquelles je vois apparaître cette personne colérique qui serre les dents. Elle n’intervient pas toujours dans ces situations, on peut parfois me faire une blague sur le végétarisme, je rigole, parce que chacun ses convictions, et de toute façon les mentalités évoluent, c’est bien tout ça… Et une autre fois, on va me dire que je dois être carencée, et je n’ai qu’une envie, c’est claquer un crochet pour expliquer que non, et fouetter la personne à terre avec une saucisse végétarienne. Mais je ne le fais pas parce que :

1 – la bienséance

2 – ma mère m’a toujours dit de ne pas jouer avec la nourriture

la familiale 

Mariage, enfants, achat d’une maison en banlieue parisienne (ou ailleurs) ; ce n’est pas vraiment mon credo. Je ne suis pas du tout contre tout ça, et j’ai même été très tentée par le mariage à une époque. On dira ce que l’on veut, je trouve cela beau, et je suis une éternelle optimiste. Mais le combo classique insufflé par la société n’a jamais été vraiment dans mes plans de vie. Les gros mariages en France ne me tentent pas, je n’ai pas le désir de porter un enfant et la vie en France, en banlieue ou ailleurs, est bientôt derrière moi. Mais quand je reviens de chez ma soeur, que j’ai vu ma nièce, ou que je regarde une série dont les protagonistes vivent tous dans de jolies maisons entourées de petites clôtures d’un blanc immaculé, je ne peux m’empêcher de rêvasser à une vie faite de tourtes maison et barbecues en famille dans le jardin.

 

la sceptique

Je suis d’un naturel positif. Mais quand je lis les news, j’ai parfois l’impression que le monde s’écroule en quelques minutes. Je vois la bêtise des gens, l’égoïsme du monde, le manque d’empathie des plus puissants, écrasant les plus démunis sans même prendre le temps de se demander si ce qu’ils font est discutable… Et j’ai envie de baisser les bras. Cela ne dure en général que quelques minutes, la lecture d’un autre article plein d’espoir ou un peu de méditation venant balayer cet élan de pessimisme. Mais quand le scepticisme me prend, je n’ai jamais envie de l’accueillir, même en sachant pertinemment qu’il ne sera que de passage.

 

la critique

La pensée positive, la bienveillance, la tolérance, sont des principes qui m’habitent et que j’essaie de cultiver un peu plus chaque jour. Je suis persuadée que le bien appelle le bien. Mais parfois, quand une situation va à l’encontre de mes valeurs, que les gens font des choix que j’estime être “mauvais”, malveillants ou égoïstes, je ne peux m’empêcher de critiquer leurs actes. J’essaie de garder ces critiques à l’intérieur, ou de les exprimer de façon construites, et seulement en demandant avant “Je peux te donner mon avis ?”, mais quelques fois, ces critiques se forment dans mon esprits ; acerbes, dures, parfois violentes.

Trouver un équilibre avec son “soi neutre” est, je pense, le travail de toute une vie. Accepter nos sentiments, nos différentes facettes, en essayant de ne blesser personne avec notre ego bien souvent trop présent, n’est pas une mince affaire. Mais bon, la méditation, l’introspection, la critique positive, les rencontres qui nous forgent sont autant d’axes d’amélioration qui font de nous des personnes meilleures, un peu plus chaque jour.

 

Et c’est déjà pas mal.

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