de la difficulté du non-jugement

 

Il s’est passé un truc étrange récemment. J’ai reçu un message facebook d’une personne que je ne connaissais pas du tout. Il commençait sa phrase par “hello, je sais que ça fait deux ans, mais est-ce que je peux te poser une question”. J’ouvre donc tous les tiroirs de mon esprit, recherche tous les visages de personnes croisées, d’amis, d’amants, de connaissance de connaissance, d’entretiens de boulot, de personnes rencontrées en voyage, de contacts qui viennent via mes parents qui donnent mon contact à n’importe quel publicitaire en devenir à la recherche d’un stage… mais après une recherche intensive dans mon passé, je suis certaine que je ne connais pas cette personne. Il me dit “mais tu n’as pas l’historique de notre conversation ?”, et s’en suit cette capture écran :

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Donc on ne se connaissait ni en 2017, ni en 2019, et cet inconnu m’avait fait ouvrir tous les tiroirs de ma mémoire, me faisant mettre pause dans “Our Planet”, pour rien.

Je lui dis donc poliment que l’on ne se connait pas, que je ne sais toujours pas ce qu’il veut et que je sens le vieux e-plan drague du mec qui a choppé mon profil sur Wanted (communauté d’aide entre particuliers qui peut vous aider à réparer votre micro-ondes / donner des fringues à une association / vous couper les cheveux / retrouver votre pass navigo, dont les membres sont répartis de cette façon :

 

10% de personnes bienveillantes

60% de trolls

20% qui pensent que Wanted community est en fait la homepage de Google

10% de mecs relous qui t’envoient des “salu sa va” en DM après que tu aies posé une question à la communauté).

 

Il me dit qu’il a une proposition et se demandait si j’étais intéressée par un “moneyslave”.

Re-pause sur Our Planet, décidément je ne saurais jamais ce qu’il arrive à ces arabian leopards. (J’ai caché son identité pour des raisons évidentes – et aussi parce que j’aime bien colorier les trucs sur iPhone, j’ai l’impression de jouer aux jeux à gratter) :

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C’est après une recherche Google que j’apprends qu’un moneyslave est une personne qui est excitée sexuellement en envoyant de l’argent à des nanas qui vont le dominer.

 

Ah.

 

Là mon cerveau se répète donc “what the fuuuuck…what the fu…” depuis huit minutes, en se demandant à quoi  peut bien ressembler la vie de ce mec qui insiste tout de même pour me “faire rien qu’un petit virement”, même après que j’aie décliné sa proposition.

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J’en parle évidemment avec des copines sur une conversation de groupe pour faire écho à un débat que l’on avait eu pas plus tard que la veille autour du thème des sugar babies, ces femmes qui s’affichent au bras de puissants hommes qui leur offrent des cadeaux pour pouvoir profiter de leur présence. Et puis j’essaie d’arrêter de grimacer et de me dire que dans l’esprit d’être moins dans le jugement, davantage dans l’acceptation et dans la compréhension, je ne vais pas ranger ce mec dans la catégorie des personnes “dérangées”, simplement parce que ses orientations sexuelles ne sont pas les mêmes que celles dictées par la société. A cet instant, c’est très très compliqué. Déjà parce que j’ai laissé sur play Our Planet dans un mouvement de panique en allant d’article en article traitant du money slaving, que les arabian leopards ne sont plus à l’écran et que je ne sais pas où ils sont passés, étant donné que je n’ai pas été foutue de suivre une seule seconde de cet épisode qui s’annonçait pourtant très prometteur. Et puis surtout parce que ne pas juger quelqu’un quand ce qu’il fait / pense / dit, est en totale contradiction avec notre propre système de valeurs et de pensées. On a beau savoir que le monde est peuplé de personnes différentes de nous, on ne peut s’empêcher de juger leur façon de vivre, surtout si elle est différente de la nôtre. Et une fois le jugement posé, ce qui ne prend en général que quelques secondes, c’est très compliqué de le retirer et de revenir à une base neutre.

Et si l’on ne reçoit pas tous les jours des messages nous proposant du moneyslaving, on est tout de même confronté à ces situations via d’autres schémas par exemple.

 

Pendant un date, il suffit que la personne fasse quelque chose qui ne rentre pas dans nos critères de norme pour que tout se casse la gueule. On peut parfois faire abstraction de quelque chose que l’on estime étrange, mais c’est souvent trop dérangeant pour que ce soit le cas. A part si l’amour s’en mêle, mais c’est encore un autre sujet.

 

Ces jugements de valeur peuvent arriver pour plusieurs raisons. Les raisons peuvent se cumuler pour certaines situations.

 

On trouve ça “mal”

Un adultère, des violences, des dérives sexuelles, un mensonge ; un spectre de valeurs propres à chacun qui diffèrent selon les personnes. Si quelqu’un commet un acte que l’on met dans la catégorie des choses mal, notre perception de la personne évolue, et une seule de ses actions peut prendre le pas sur toutes les autres, entraînant un jugement d’une personne en entier, seulement vis à vis de l’une de ses actions parmis les millions qui la constituent.

On trouve ça nul

Différences d’éducation, attentes nos respectées, mauvaise écoute… L’expectative est souvent grande, et l’on se retrouve déçu vis à vis d’une personne ou d’une situation dans laquelle on avait beaucoup misé. Plus l’on grandit, plus l’on sait ce que l’on veut et ce que l’on ne veut pas. Rencontrer des gens dont les actions se dirigent vers ce que l’on ne veut pas est commun, et l’on juge rapidement une façon de se comporter que l’on trouve nul vis à vis de ses propres critères du “ce qui se fait et ne se fait pas”, ou de la bienséance en général.

Je me suis déjà retrouvée en date avec des gens qui rotaient (oui oui), qui sentaient leur plat bruyamment avant de le manger, qui coupaient la parole de la serveuse / la mienne / de la table d’à côté, allaient “payer l’addition bouge pas” mais ne payaient que leur part sans rien me dire, me laissant avec une serveuse aussi gênée que moi qui me courait après quand je quittais le lieu pensant que tout était réglé.

On ne comprend pas

L’inconnu fait peur. Une situation que l’on ne comprend pas, que l’on ne connaît pas, qui nous est totalement étrangère ; c’est la panique et l’on ressent le besoin de juger cette inconnue. Plutôt que d’accepter le fait que nous ne sommes pas familier avec tout, dans le monde entier, on préfère rejeter ce que l’on ne connaît pas pour pas se sentir perdu dans notre propre système de connaissances.

Cela remet en perspective nos propres valeurs

Et c’est infiniment lié avec le fait de ne pas comprendre. Pourquoi cette personne agit de cette façon qui est différente de la mienne ? Ou peut-être est-ce moi qui agis de manière différente ? Pourquoi tout le monde ne fait pas comme moi ? Est-ce que cela induit que j’ai tort ?

Nous faire sortir de nos valeurs si confortablement installées en nous depuis des années n’est pas toujours agréable. Et l’idée que l’on puisse avoir le choix d’agir, de penser, de réfléchir de manière différente que celle adoptée dans notre vie actuelle peut nous donner le vertige. C’est souvent pour ça que l’on adopte le cynisme, pour s’éloigner d’un système dont on ne veut pas voir même l’amorce.

Et on peut observer cette façon de fonctionner vis à vis de situations qui sont à l’opposé de nos habitudes de vie. On critique, on est acerbe vis à vis de choses qui nous font nous remettre en question.

Je ne ferai pas de conclusion, mais ne me jugez pas. Vous avez compris l’idée.

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ready for take off

Je me demande si je me lasserai un jour des aéroports, surtout en période de grandes vacances.

Les aéroports en période de grandes vacances, c’est le reflet de notre société moderne. On y croise des gens qui partent sous le soleil méditerranéen, se dirigeant vers une maison familiale remplie de rires et de tomates qui sentent bon le soleil. Et pourtant, ces gens-là trouvent le moyen de râler comme s’ils étaient bloqués dans la ligne 13 un mardi de novembre.

 

On y croise des familles qui répètent à qui veut bien l’entendre l’ordre des priorités des cinq prochaines minutes en parlant beaucoup trop fort à leurs chères têtes blondes “non c’est d’abord pipi, ensuite on monte dans l’avion et là tu pourras jouer à la Game Boy.” J’adore ces mamans qui pensent que les consoles modernes sont encore des Game Boy.

On y croise des influenceuses ; lunettes XXL vissées sur le nez, Insta stories toutes les deux minutes, désinfection à coup de lingettes anti-bactérienne de tout ce qu’elles touchent de près ou de loin, snacks emballés soigneusement, tenue confortable à 600€, et beauty routine d’une durée de 10 à 80 minutes lorsqu’elles montent dans l’avion, transformant la place 8B en Spa Nuxe pour se préparer pour un vol… de 3h.

On y croise des couples qui s’aiment et qui s’apprêtent à passer leurs deux premières semaines de vacances ensemble, se demandant s’ils auront assez de choses à se dire pour échanger pendant quinze jours. Et comment ils vont faire pour aller aux toilettes dans une chambre d’hôtel de 23m carrés sans rompre le charme.

Il y a les flippé.e.s du voyage. Ceux qui arrivent 4h avant le vol à l’aéroport, cherchent des yeux les panneaux sur lesquels rien n’est encore indiqué parce que… bah parce que le vol ne décolle que dans 4h… sonnent aux portiques de sécurité, n’ont pas assez de zip lock pour leurs produits liquides, produits liquides qui de toute façon font plus de 100mL, et qui achètent une nouvelle bouteille juste avant de passer lesdits portiques, devant la jeter après seulement trois gorgées, mais se forçant tout de même à la boire au maximum (il ne faut pas gâcher) et se levant donc 3 fois pendant le vol pour aller aux toilettes.

On y croise des couples plus vieux qui déambulent dans les Duty Free en se pschitant des parfums tous plus sucrés les uns que les autres, pas vraiment convaincus par les odeurs capitonnées qui s’élèvent de la porte 2 à la porte 23, mais avec cette pression de devoir acheter quelque chose car “ça revient quand-même moins cher ici tu te rends pas compte”.

Il y a ces groupes de copines qui partent faire un EVJF, un anniversaire, soutenir une amie qui a le coeur en miettes, ou juste se retrouver, réalisant qu’elles ne se voient pas assez à l’année, et qu’elles ont désormais besoin de se retrouver pour de vrai.

Puis il y a les gens seuls, qui réfléchissent. En voyage depuis longtemps parfois, ou depuis peu. A la recherche du moment qui changera leur vie, leur fera comprendre quel est le vrai but du voyage, et plus globalement celui de la vie. Ceux qui observent, les yeux dans le vague, se demandant s’ils se poseront un jour, et dans quel pays.

 

J’aime bien les aéroports ; les gens se cherchent des yeux, paniqués à l’idée de ne pas se retrouver dans cet amas de sièges qui se ressemblent tous. A l’idée de ne pas arriver à l’heure. Pas arriver à l’heure au check-in, au boarding, aux contrôles de sécurité, dans l’appareil, aux correspondances, dans leur location. Et à l’aube des vacances, hors de question de perdre du temps.

Les vacances, on n’en gaspille pas une seule seconde. Les vacances, c’est précieux.

Alors cet endroit qu’est l’aéroport, qui semble pourtant si froid avec sa clim trop forte, ses détails métalliques et ses sandwichs triangle “faits main” à 6€ ; on l’aime quand-même. Il est la première étape d’une vie différente éphémère que l’on appelle vacances. Il est la première marche de l’ascension du bonheur que l’on ne s’octroie que cinq semaines par an, pensant que c’est tout ce que l’on mérite, que c’est tout ce à quoi l’on a droit, à force d’avoir entendu que la vraie vie devait se faire dans la souffrance, pour que l’on puisse s’en échapper quelques semaines dans l’année.

J’aime bien les aéroports, ça me permet d’observer les gens et d’écrire des articles sur eux. Et ça, ça vaut tous les sandwichs triangle du monde.

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de la différence de perception

Au cours des dernières semaines, l’illusion d’optique avec un canard et un lapin est un sujet qui est revenu sur la table à plusieurs reprises. Lors de conversations, de découvertes de mèmes, de discussions sur la vue, sur la magie et autour de thématiques qui n’avaient absolument rien à voir avec cette illusion d’optique. Mais tout revenait à cette image qui ne date pourtant pas d’hier.

Cette image qu’est-ce que c’est ? C’est la différence de perception que l’on peut avoir dans une situation donnée. C’est penser quelque chose de différent en fonction de son histoire, son passé, ce que l’on pense savoir et ce que l’on sait réellement.

 

Et ne pas voir un canard quand une autre personne le voit, ce n’est pas avoir tort, ni avoir raison. C’est avoir un point de vue, une perception qui nous est propre.

 

Mais trop souvent, on a tendance à penser que notre perception est celle du monde entier. Et que si quelqu’un ne partage pas notre point de vue, c’est qu’il est forcément dans le faux. On essaie tant bien que mal d’expliquer, de prouver, d’argumenter, de persuader… pour finalement s’énerver et n’arriver à rien de satisfaisant, ni pour l’un, ni pour l’autre. Mais pourquoi est-ce que l’on a tant de mal à échanger autour d’un sujet sans vouloir que les personnes se rallient à notre point de vue ? Pourquoi est-ce que l’on a tant envie que tout le monde partage les mêmes avis que nous ?

 

Parce que ça rassure

C’est bien d’être différent. Très bien même. Mais même lorsque c’est le cas, on a besoin d’être entouré d’autres personnes différentes qui nous disent que l’on est juste différent, pas totalement seul. Se sentir rassuré, réconforté, savoir que l’on a des personnes qui nous soutiennent et que l’on est pas soi-même face au reste du monde ; ça fait quand-même du bien. Même si l’on crie sur tous les toits que l’on n’a besoin de personne et que l’on se fout éperdument de l’avis des autres et de leur façon de (ne pas) penser (comme nous).

Parce que convaincre, ça rend fort

À travers des discours de grands orateurs, d’hommes politiques, de gens passionnés qui font des Tedx ou des show men qui profitent de la solitude des américains en quête de sens pour leur extorquer de l’argent via un programme de confiance en soi ; convaincre c’est fédérer. Les paroles soulèvent les foules, donnent de l’espoir, font vibrer les peuples. Alors quand il s’agit d’exprimer son point de vue, on se lance trop souvent dans des monologues enflammés, qui sont la plupart du temps beaucoup mieux ficelés dans notre tête qu’en vrai. A coups d’anaphores, d’assonances, d’allitérations, et autres figures de style qui peuplent le Gradus, on se prend pour le leader de demain le temps de quelques minutes, même s’il s’agit seulement de convaincre notre channel Slack d’aller déjeuner chez le Kurde alors que tout le monde a envie de sushis.

Parce que Maslow

En ce moment, je n’arrête pas de penser à Maslow. Vous savez Maslow, l’homme qui a inventé la pyramide de Maslow. Ce monsieur-. Et bah je n’arrête pas de penser à lui pour beaucoup de raisons, notamment liées au fait que j’essaie de comprendre les priorités de l’humain, et par conséquent mes priorités à moi, et comment j’essaie de les faire évoluer. Mais on verra ça dans un autre article. Si je parle de Mr Maslow ici, c’est que je fais référence au besoin d’appartenance. Que l’on soit un loup solitaire ou une personne qui a besoin d’être en groupe, on a tous un besoin d’appartenance plus ou moins fort. L’homme est fait pour vivre en société, peu importe l’échelle. Et puis comme dit un grand sage (ou Nekfeu, je ne sais plus où j’ai lu ça), “tout seul on va plus vite, à plusieurs on va plus loin.”

 

Parce que l’on pense que se ressembler nous permet de nous comprendre

Suffit de voir dans chaque pays cette façon qu’ont les communautés de se mettre au coeur d’un même quartier. Quand on se ressemble on se sent compris, en sécurité. Alors qu’en fait, ce sont les différences qui nous permettent de nous enrichir, de voir plus loin, d’ouvrir nos oeillères et d’apprendre à embrasser nos différences, les autres cultures, les autres façons de penser.

Si l’on voit un canard, et que l’on ne reste qu’avec des personnes qui voient également un canard ; qu’est-ce qu’il se passe ensuite ? La discussion est finie, l’échange est mort dans l’oeuf, et tout devient plat avant même d’avoir décollé.

Bah ouais mais on fait quoi alors ?

On échange en s’écoutant les uns les autres, on n’essaie pas d’imposer son point de vue et on cesse de penser que l’on a raison. Ou que l’on a tort. La seule chose que l’on ait, c’est son avis. Faisons-en bon usage.

On s’intéresse à l’autre et aux raisons qui font qu’il ne voit peut-être pas la même chose que nous.

On arrête de ne rester qu’avec des personnes qui pensent comme nous. Et on ne s’enferme pas dans des cercles qui nous confortent mais ne nous apportent rien.

Mais on s’entoure de personnes qui nous écoutent même si l’on ne pense pas comme elles, et on prend exemple. Parce que c’est en rencontrant des personnes différentes que l’on devient meilleur. C’est Nekfeu qui l’a dit. Ou Gandhi. Faut vraiment que je fasse un update de mes inspirations.

À la question “et toi tu vois un lapin ou un canard dans l’image ?”, on répond “moi je vois une baleine”, et on attend de voir ce qu’il se passe.

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vivre seul.e

 

J’ai vécu toute seule assez tôt étant donné que j’ai passé mon adolescence en Province, et que retourner vivre à Paris impliquait alors de prendre un appartement. Les débuts ont été aussi drôles que chaotiques (je me suis nourrie de Kinder Country matin midi et soir les trois premiers mois) et j’avais un sentiment de liberté incroyable dans ce 23m carré mal isolé qui me permettait de communiquer avec mes voisins du dessus à travers le plafond. Ce qui s’avérait plutôt pratique quand il s’agissait de leur dire que leur enfant qui faisait du roller à 3h du matin un mardi, c’était plutôt pénible, surtout la veille de mes partiels. Puis j’ai rencontré l’amour, et les trois années qui ont suivi, je partageais mon appartement et n’habitais seule plus que sur le bail. S’en sont suivies des années à deux pour que finalement, je redécouvre les joies de vivre avec soi-même.

 

Et si j’écris cet article aujourd’hui, c’est parce que cela fait plus de 4 ans que j’habite dans le même appartement que j’aime, et dans lequel je me sens vraiment chez moi. Et même si je pense de plus en plus à intégrer une éco-colocation pour avoir davantage de nature et pouvoir faire des omelettes aux gens le matin (j’adore faire le petit déjeuner pour les autres, ça met les gens de tellement bonne humeur ça me rend toute chose), il y a quand-même beaucoup de côtés merveilleux à vivre seul.e.

 

# Passer la journée à ne rien faire. Genre rien du tout.

Paris c’est beau, c’est grand, c’est culturel et il y a toujours quelque chose à faire. Et c’est quelque chose d’assez merveilleux. Mais les dimanches de novembre, j’ai beau me lever pleine d’entrain, plus motivée que jamais à aller me balader pour profiter d’un peu de solitude et de la ville dans laquelle je vis, les averses couplées au ciel gris qui semble se tenir à quelques centimètres de nos têtes me volent toute ma motivation et me font rester en pyjama, et dans mon lit. S’en suit alors un ballet merveilleux composé de lecture, allumage de bougie, Netflix, pâtes au cheddar et grignotage intempestif.

Et il n’y a personne, PERSONNE pour me juger.

 

# Être un.e obsédé.e de l’ordre

J’aime bien quand c’est rangé. Genre vraiment rangé. Il faut que tout soit aligné, nickel chrome, que tout sente bon et que mon appartement ressemble à un appartement témoin. Cela n’enlève rien au fait qu’il soit super cosy, mais cosy made.com. Pas cosy vide-grenier de Saint-Marcel-lès-Valence. Je sais que cette obsession ne peut pas être comprise de tous, et que certaines personnes ne voient pas l’utilité de cette envie perpétuelle d’ordre. En attendant, si je me fais cambrioler, je suis sûre que la première chose que le cambrioleur se dira, c’est qu’il s’apprête à voler quelqu’un d’organisé. Et qu’il aura des remords, repartant sans rien prendre, et alignant mon paillasson avec le pas de ma porte.

 

# Etre ridicule, à l’abri des regards

J’ai failli glisser en sortant de la douche et mourir plus de fois qu’on ne peut l’imaginer. Parfois il y a des gens, alors je crie “OMAGAD J’AI FAILLI MOURIR”, et les gens se moquent, évidemment. Et parfois il n’y a personne. Alors je vois ma vie défiler sous mes yeux, je sors de la salle de bain, heureuse que personne n’ait pu témoigner de cette presque chute ridicule et du son suraigu qui est sorti de ma bouche, avant de retourner dans la salle de bain et de glisser de nouveau sur la flaque d’eau que j’ai laissée.

Pouvoir faire tomber mon téléphone sur ma tête en écrivant un message allongée sur le dos, sans que personne ne se moque pendant beaucoup trop longtemps.

Se faire des masques d’argile et ne pas pouvoir téléphoner parce que le masque a séché et que l’on a oublié de le rincer, nous empêchant tout mouvement de faciès.

 

# Choisir sa déco

Que l’on soit plutôt branché minimalisme scandinave, bordel réconfortant ou coussins roses en forme de coeur et waterbed ; c’est toi qui prends les décisions sans rien demander à personne.

 

# Ecouter des trucs pourris

Parce qu’écouter Ed Sheeran x Justin Bieber dans le métro est une option bien trop risquée, on préfèrera l’écouter à l’abris des oreilles indiscrètes, en lavant son appartement avec frénésie. Après si t’as des vues sur ton voisin, il faut assumer quand vous vous croisez dans la cage d’escalier.

 

# Manger de façon glamour-ish

Que celui qui n’a jamais mangé une pizza en la roulant sur elle-même sans même la couper en parts me jette la première cheesy crust.

 

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À mon moi de 20 ans

À l’aube de mes 30 ans, je peux dire que j’ai appris beaucoup de choses durant cette décennie écoulée. Des choses que l’on m’a apprises, d’autres que j’ai apprises toute seule, sur le tas, parfois trop tard, parfois au bon moment, et parfois même un peu trop tôt.

Mais je les ai apprises. Mais si j’avais pu me donner quelques conseils à mon moi de 20 ans pour me préparer à cette jolie décennie pleine d’émotions que je viens de vivre, j’aurais aimé que cela soit ceux-ci :

 

Fuir des gens toxiques ne fait pas de toi quelqu’un de mauvais. Si tu te sens mal quand tu es avec des personnes et que tu dois marcher sur des oeufs en permanence par peur de froisser l’autre, simplement en étant toi-même, c’est que cette relation n’est pas saine. Explique le problème, et pars. Et cesse de t’auto-flageller pour l’avoir fait.

 

Aime-toi comme tu es. Accepte tes épaules, tes abdos, tes bras trop musclés et tes grains de beauté. Et n’écoute pas ceux qui disent que tu n’es pas féminine. Les gens qui critiquent sont trop souvent des personnes qui ne s’aiment pas. Ne leur en veux pas, et laisse leurs remarques glisser.

 

Mets de l’argent de côté. Ce n’est pas être chiant que d’être un tantinet adulte.

 

Cesse de dire que trouver l’amour est facile en prenant les autres de haut. Ce que tu as aujourd’hui, tu ne l’auras pas forcément demain. Alors fais preuve d’empathie, tu seras bien contente que les autres viennent t’aider quand tu seras à terre.

 

Parce que tu te retrouveras à terre. Ce sera brutal, inattendu, traumatisant, et en plus de faire le deuil d’un amour que tu pensais invincible, tu devras faire le deuil de la personne que tu ne seras plus jamais. Mais tu verras, celle que tu deviendras sera plutôt pas mal. Et bien plus forte.

 

Certaines personnes verront et comprendront des choses avant toi. Avant même que tu ne les envisages. Elles essaieront de te guider pour que tu prennes une direction plus tolérante, plus bienveillante, moins critique. Ecoute ces personnes, aime-les, fais-leur confiance et sois présente pour elles.

 

Embrasse ton étrangeté. Continue de faire parler les cailloux, de t’asseoir par terre partout, d’avoir des conversations avec les animaux et de créer des histoires avec tes pancakes. C’est bien d’être différent.

 

Si tu n’aimes pas quelqu’un ou quelque chose ; dis-le. N’attends pas que la personne comprenne d’elle-même. Ca peut paraître abrupte, mais sur le long terme, tout le monde y gagnera.

 

Cesse de crier à qui veut bien l’entendre que les personnes qui pleurent sont des personnes faibles. Toi aussi tu pleureras.

 

Non, Blackberry ne reviendra pas sur le devant de la scène de téléphonie mobile. Achète-toi un Smartphone bordel de Dieu, un vrai. Un qui a toutes ses touches. Être joignable ne fait pas de toi une personne consumériste.

 

Ne punis pas les personnes qui ne font pas ce que tu aurais voulu qu’elles fassent. Chacun est comme il est, accepte les gens tels qu’ils sont, n’attends pas d’eux qu’ils soient comme tu le voudrais.

 

Reste naïve. Reste souriante. Reste “bisounours” comme disent les autres. Être cynique n’a jamais rendu les gens cool. Bien au contraire.

 

Si tu oublies ton protège-dents, ne va pas à l’entraînement.

 

Appelle tes parents plus souvent. Ils te feront lever les yeux au ciel même à 30 ans, et ils sont loin d’être parfaits, mais tu les aimes. Alors dis-leur.

 

N’oublie jamais que l’on peut tromper une fois mille personnes. Non… On peut tromper mille fois mille personnes. Non non attends… on peut tromper mille fois une personne.

 

Continue de faire des blagues. Et de rire trop fort.

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thermostat 12

Oui oui oui, la semaine dernière il a fait chaud. Très chaud. Et perso je suis inquiète. Je suis inquiète pour l’environnement, je suis inquiète pour les animaux, pour les personnes qui sont plus sensibles à la chaleur que moi, je suis inquiète d’être la seule à toujours pouvoir bouffer comme 12 alors qu’il fait 42°c, je suis inquiète pour ma facture d’électricité parce que du coup je mets la clim, et donc je suis de nouveau inquiète pour l’environnement.

La boucle est bouclée.

Mais, alors que l’on a déjà eu deux épisodes de canicule cette année (j’en ai eu pour ma part 2728929 entre l’Afrique du Sud, le Swaziland, et la Grèce) (et ouais j’en branle pas une, kestuvafèr?), j’ai commencé à faire des liens entre les extrêmes chaleurs et… le bonheur.

Le bonheur pur et simple.

Est-ce que… est-ce que la canicule nous rendrait plus heureux ?

“Non mais elle déraille complètement la petite là…”

La chaleur, ça te fait tout vivre au ralenti. Alors tu prends le temps de jouer aux cartes dans le jardin sous l’arbre, tu regardes les insectes te grimper dessus au lieu de regarder ton partenaire de kems (“Putain mais j’ai fait le signe 12 fois meuf”), tu fais l’amour — tu ne baises pas hein, tu fais l’amour — parce que baiser quand il fait 44 degrés ça demande trop d’effort — les soirées s’éternisent, tu vas dans des friches, plus dans des bars, tu te lèves super tôt et tu as la sensation merveilleuse que le monde t’appartient et que personne ne pourra t’enlever cette liberté à laquelle tu goûtes tout juste.

Alors d’accord on râle et on colle, mais on râle et on colle dans l’amour et le bonheur.

Mais…pourquoi ?

Ça sent l’été, et donc les vacances

Bon ok, ça sent aussi l’aisselle luisante le goudron qui colle aux tatanes. Mais on sait que malgré tout ça, les vacances arrivent. Que l’on en ait pas pris depuis deux semaines ou un an, les trains se blindent, les compagnies aériennes commencent leurs grèves ; pas de doute, les grandes vacances sont bien là. On demande depuis quelques semaines / mois déjà “et toi tu pars où cet été ?”. Il y a ceux qui ont leur maison de vacances “Quiberon faire du surf / Hossegor faire du paddle / Draguignan faire la planche dans la piscine”.

Ceux qui veulent du frais “Montagne / Grotte / Roubaix”.

Ceux qui partent à l’étranger raisonnable (bonsoir) “Portugal / Italie / Malte”.

Et ceux qui énervent juste et auxquels on ne reposera plus jamais la question “Nouvelle-Zélande / Tahiti / Iles de Paques”.

Gnagnagna. Fait un temps de merde en Nouvelle-Zélande à cette période de l’année d’abord.

Ça sent les sorties inopinées

Bah oui, étant donné que c’est bientôt les vacances et que l’été nous permet de profiter d’environ 22h je jour — j’exagère à peine — on sort du lundi au dimanche, pour une balade, une expo, un apéro qui se transforme en 12, et on rentre chez soi beaucoup trop tard, beaucoup trop soûl, mais heureux.

 

La chaleur, ça rend tout romanesque.

Vous avez déjà vu une maison en pierre au mois de décembre ? On a l’impression que tout craque, ça caille, et franchement on pense à tous les films d’horreur dans lesquels les “héros” ne tiennent pas 20 minutes. Et il y a clairement beaucoup plus de sang qui coule dans les maisons de ta Grand-Tante au bord d’un chemin sans voisin que dans un appart décoré sur Made.com.

Mais une maison en pierre au mois de juillet, c’est comment ? Bah ça devient une maison dans laquelle on sent que l’on pourrait être écrivain, vivre de tomates du potager et de vin bio, à écrire des bouquins sur les amours impossibles et à regarder des films sur un drap blanc mal attaché avec des pinces à linge en bois.

On se sent dans un siècle différent, l’atmosphère est solaire, ça sent les pins et les possibilités du monde entier qui s’offrent à nous. Et pour les malheureux qui restent à Paris ? Les rues en travaux dégueulent du goudron et un niveau sonore proche de celui de Beyrouth, les friches nous font penser à nos vacances dans le sud, les tables bancales des terrasses ont un air de feria, et même les parisiens ont l’air détendu. On raconte même qu’on en a vu quelques uns sourire.

 

La chaleur, ça nous rend mou…

Et râler demande beaucoup d’énergie. Alors après quelques minutes ou heures pour les plus courageux de “j’ai chaaauuuud” “j’en peux plus de la chaleeeeur”, les plus malins comprennent que râler nous fait encore plus transpirer et que c’est dans l’intérêt commun de ne rien dire, de s’asseoir sur le ventilo, et d’enchaîner les Mister Freeze.

 

…et ça nous permet par conséquent de nous reconnecter

Et peut-être que l’on a du mal à encore comprendre ça à Paris, mais faire beaucoup de choses ne nous rend pas forcément plus heureux.

Bah ouais.

On n’a pas arrêté de nous dire et de se dire que plus on irait voir d’expos au Palais de Tokyo, plus on ferait la queue pour rentrer dans un bar blindé aux prix exorbitants, plus on serait heureux. Alors qu’en réalité, se connecter à ce et ceux qui nous entourent, regarder la nature, s’allonger sur son lit en bonne compagnie (ou seul), sentir le vent dans ses cheveux, caresser un animal, sont autant de choses qui nous permettent de nous reconnecter au monde, et surtout à nous même. Et quand on a la flemme de tout, on prend le temps de ne rien faire. Et l’on comprend très souvent que c’est ce qui nous rend souvent bien plus heureux qu’un agenda trop rempli avec des events que l’on ne savoure même plus.

la chaleur, ça rend tout « well hello there… »

Et vas-y que je te montre une épaule par là, et un nouveau tatouage par ci, et une trace de maillot de bain, et une effluve de Monoï. La chaleur, ça donne envie de se mélanger. On dira ce que l’on veut, Netflix qui plante en décembre, c’est la catastrophe. Netflix qui plante en juillet, y’a pas mort d’hommes.

Puis c’est vachement plus facile de faire des oeillades quand on n’a pas les cils qui sont congelés ou noyés sous la pluie.

Alors évidemment, après ces épisodes de canicule en France, on reste tous inquiets pour le futur. Mais le temps de trouver une solution globale et des solutions individuelles (genre trier, jeter ses mégots de cigarette dans les poubelles, arrêter de prendre des pailles, diminuer les emballages en ayant des sacs réutilisables, VOTER, réduire ses déplacements en voiture et environ 272829 autres solutions faciles à adopter…), essayons de prendre le temps de transpirer en étant heureux, ce sera déjà pas mal.

 

Love

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les 7 différences

— Alors avec le mec ?

— On est trop différents

— Ah ouais je vois… Mais… c’est bien d’être différent, non ?

Alors.

Alors.

Alooooooors.

 

J’ai fait beaucoup de dates. Non attends qu’est-ce que je raconte… J’ai fait BEAUCOUP de dates. Pas que des dates Tinder, parce que les dates Tinder j’en ai fait quelques uns, puis je me suis rendue compte que c’était juste impossible. Que quelqu’un allait mourir beaucoup trop rapidement et que la loi Française n’avait pas encore de spécificités concernant les meurtres Tinder.

 

— Accusée, vous avez quelque chose à dire pour votre défense dans le meurtre de Roger Tinder ?

— Oui. Il a commandé trois cocktails et deux plats pendant que je buvais mon Perrier,  et il m’a parlé de son ex pendant 1h avant de me dire qu’il avait oublié son porte-monnaie et j’ai dû payer la totalité de la note. Ainsi que son Uber.

— Ah. Bon bah innocente alors.

 

J’ai donc fait des dates. Des dates impromptus, des dates organisés, des dates qui ont duré 2 minutes (“Je… J’ai mon chat qui m’appelle… Enfin je veux dire on m’appelle pour mon chat.. Oh merde”), des dates qui ont duré des jours, des nuits, des dates qui en fait n’étaient pas des dates (“T’entends quoi par t’as une nana depuis 8 ans ?”).

 

J’ai même fait des rencontres.

 

J’ai fait des dates en Anglais, des dates en Maltais, Ukrainien, des dates en Espagnol, et des dates en “What the fuck did he just say?”.

Puis j’ai surtout énormément parlé avec beaucoup, beaucoup, beaucoup de gens qui m’ont eux-même raconté leurs dates. Du coup, j’ai appris pas mal de choses.

Notamment une, qui est, selon moi, la plus importante :

 

Peu importe l’endroit, peu importe la personne, le moment, et le mood, il faut garder un truc en tête : les différences, c’est bien.

 

Puis j’ai essayé d’être avec des gens très différents de moi. Du coup j’ai complété ce que j’avais appris : les différences, c’est bien. Mais ça dépend lesquelles.

Ah ouais ? Et what do you mean comme dirait Justin ?

 

#Ne pas aimer le même parfum de glace ne fait pas partie de la même catégorie de différence qu’être pour ou contre l’avortement par exemple.

Ce que je veux dire avec ce titre de catégorie beaucoup trop long, c’est qu’il y a des choses qui nous définissent en tant qu’être humain. Nos croyances, nos convictions, nos envies pour le monde dans lequel on évolue nous définissent en tant qu’être humain. Parfois, des personnes peuvent ne pas être d’accord avec notre vision. Et parfois encore, elles peuvent aller à l’encontre de ces dernières.

Certains choix en impliquent d’autres, et c’est souvent là que ça pose problème. Parce que l’on peut ne pas voter pour le même parti politique par exemple, cela induit très souvent qu’une différence d’opinion ne va que très seulement être écrite au singulier.

Sans faire de généralité, il est très peu probable qu’une personne qui pense que les personnes lesbiennes et gays sont des erreurs de Dieu comprenne l’évolution féministe du monde dans lequel on vit.

Je peux me tromper hein, je ne suis pas sociologue, mais j’ai quand-même des doutes. Et si être avec quelqu’un qui ne comprend pas que la glace au yaourt est l’une des choses les plus belles au monde n’est en soi pas très grave, se dire que l’on va passer sa vie avec quelqu’un qui jette ses papiers par terre sans comprendre le problème alors que l’on est dans une réflexion sans déchet, est un peu plus…compliqué à gérer.

#On peut “agree to disagree” et bien le vivre, tant que l’on s’écoute l’un l’autre

On peut ne pas être d’accord sur les façons de vivre, tant que c’est dans le respect et l’écoute de l’autre. Et encore une fois, c’est ici une question de curseur. Tant que l’on fait sincèrement l’effort d’écouter les arguments de l’autre, pas dans le but de le contrer mais de les comprendre, les recevoir, les accepter, on peut finalement apprendre des choses, en comprendre d’autres, et vivre avec, sans forcément les intégrer à notre vie. Je ne connais pas que des végétariens en couple avec des végétariens, et ça se passe très bien. Mais je ne connais pas non plus de vegan en couple avec un chasseur ; vous voyez la différence ?

En même temps je suis déjà sortie avec un boucher. Spoiler alert, ça ne s’est pas bien fini.

#On peut agir de la même manière mais pour des raisons totalement différentes

Et puisque l’on parle de végétarisme qui est QUI NE LE SAIT PAS, l’un de mes sujets de prédilection, il s’avère que je connais également des gens qui se fréquentent et qui sont végétariens, mais absolument pas pour les mêmes raisons.

Ils ont donc une façon de se nourrir commune, mais ne mènent pas le même combat. Alors d’accord, c’est lié et ils ont des valeurs qui se rejoignent sur plein de points, mais il s’agit ici encore d’être différents tout en se nourrissant des ambitions et combats de l’autre pour agrémenter le sien. Et ça peut très bien se passer, tant qu’encore une fois, on écoute l’autre sans penser que de facto, notre combat est plus valorisant que celui de l’autre. Ni mieux. Ni plus légitime. Et ça peut très bien se passer.

En même temps je suis déjà sortie avec un végétarien. Mais il comptait les calories. Spoiler alert, notre histoire n’a pas survécue à mon premier goûter pain complet peanut butter et confiture.

#On peut évoluer et faire évoluer dans la douceur et la réussite, si ce n’est pas notre objectif principal

“On ne change pas les gens”. Mais en même temps, pourquoi est-ce que l’on voudrait changer totalement une personne avec laquelle on a envie de passer du temps ? On peut échanger, écouter, évoluer, faire se rencontrer… et donc faire évoluer les mentalités. Que ce soit la nôtre, ou la sienne. Et si tout ça est pensé dans un but altruiste et de partage, ça ne peut qu’aller bien.

Mais, si dès le début, des choses chez la personne vous hérissent le poil, des choses vous font honte ou face auxquelles vous ne vous sentez vraiment pas à l’aise, même après discussion, je pense que vous savez quoi faire.

#On peut être avec quelqu’un qui nous ressemble totalement, et avoir une relation chaotique.

Parce que tu as beau te trouver cool, pas sûre que tu sortirais avec toi pour autant. Moi je dis toujours que je serai super amie avec moi, mais que je ne sortirai pas avec moi, parce que je n’aurais pas confiance. Alors imaginez deux secondes sortir avec quelqu’un qui vous ressemble au niveau de la personnalité ? Les mêmes goûts, les mêmes envies, les mêmes qualités certes… mais les mêmes travers aussi.

En conclusion

Pas de conclusion. Ca va… c’est l’été.

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pursuit of happiness

J’ai vu ce film avec Will Smith*, il m’a retournée. Et depuis je me souviens que le bonheur est parfois là, sans que l’on ait besoin de courir après. Pas les choses pratiques, le bonheur, le pur, le simple.

Le ventilo sur les pieds nus à l’agence

 

Se réveiller 3min avant le réveil et ne pas être fatigué.e

 

“Votre vol est confirmé”

 

“Je te fais confiance”

 

“Merci”

 

La première gorgée de bière

 

La première gorgée de café

 

La première gorgée d’eau fraîche

 

Se souvenir que l’on est dans un pays où l’on peut boire sans devoir marcher des kilomètres pour s’abreuver. Ah, toi non plus ça ne te rend pas heureux mais ça te donne envie de faire les choses ? Viens on en parle.

 

“Je t’aime”

 

Le silence.

 

Le Coca frais posé sur le bureau un lendemain de soirée.

 

Un ciel bleu, partout.

 

Le douche froide après le running en été

 

La douche chaude après le tennis en hiver

 

Ecrire.

*On l’a pas vu ensemble ensemble, genre lui il joue dedans et moi je mangeais des pâtes au cheddar sur mon lit. Je voulais que ce soit clair.

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les singes de la sagesse

Oui, il s’agit bien des trois singes qui se cachent la bouche, les oreilles et les yeux. Ces singes que vous avez croisés en revenant de votre road trip en Thaïlande, sur le marché hippie d’Ibiza ou au Duty Free de Bali.

Les trois singes représentent le fait de “ne pas dire le mal, ne pas entendre le mal, ne pas voir le mal.”

Et si à force de ne plus vouloir dire, entendre ou voir le mal, on avait fini par ne plus dire, entendre, ou rien voir du tout ?

La parole

Pourquoi est-ce que l’on a arrêté de se dire les choses dans la vie ?

En amour, en amitié ; on attend que cela “se tasse” en espérant que l’on tienne entre temps. On ghost, on ne rappelle pas, on bloque, on boude, on fait la gueule, on en veut, on se fait des noeuds à l’estomac ; incapables de dire ce que l’on ressent.

Par peur de blesser l’autre, de prendre des décisions irrémédiables qui seront peut-être les mauvaises décisions. Alors on reste, on râle, ou on en oublie l’honnêteté qui nous manque tant.

Je me demande si ça a toujours été comme ça. Si l’on a toujours fui par peur, ou par flemme. C’est pourtant bien de dire les choses, de se parler, de s’écouter, d’écouter les autres. Ca nous permet d’avancer, de mettre des mots sur des sensations, et de gagner du temps pour aller ce vers quoi on aspire réellement. Parce que ne rien dire et attendre que l’autre comprenne, c’est comme faire frire des falafels en slip ; on te souhaite un peu de réussir mais on sent quand-même arriver la catastrophe.

Dire à l’instant T ce que l’on ressent, sans énervement, juste partager et dire à l’autre comment ça se passe dans notre tête. Admettre que l’on peut se tromper, que l’on peut avoir ressenti quelque chose et que ce ne soit plus le cas, ou l’inverse.

Des choses simples qui peuvent nous éviter des soirées les yeux rivés au plafond en se demander si le signal sera bien interprété.

On sait que cela ne sera pas toujours évident, et que, si certaines personnes sauront échanger dans la bienveillance et l’honnêteté, d’autres n’en seront pas forcément capables. Mais essayer, juste essayer, c’est déjà beaucoup.

 

L’écoute

Pourquoi est-ce que l’on a arrêté d’écouter l’autre ?

Devoir se presser pour finir notre histoire par peur que l’autre nous coupe, avoir des échanges stériles et superficiels qui ne nous apportent rien, écouter d’une oreille pour redemander la même chose deux jours plus tard, renvoyer une question simplement par politesse… C’était quand la dernière fois que l’on a écouté à 100% ? Que l’on a eu envie de savoir ce qu’il se passait réellement, sans avoir en arrière pensée une histoire nous concernant lock and loaded ?

On entend, mais est-ce que l’on écoute sincèrement ?

On parle beaucoup pour combler les vides, mais les vides sont si importants pour nous permettre de se poser, de digérer ce qu’il vient de se passer, ce que l’autre a dit et ce que nous on a entendu. Et puis ce que l’on a compris.

On a trop souvent tendance à finir les phrases des autres pour montrer que l’on comprend une sensation que l’autre ne comprend sûrement pas lui-même. C’est compliqué d’analyser ce que l’on ressent, et encore plus quand la personne en face ne nous en laisse pas l’opportunité.

 

L’attention

Pourquoi est-ce que l’on a arrêté de regarder ce qui nous entoure ?

Ici on parle d’attention, ou de la vue, ou de tout ce qui nécessite de faire attention aux personnes qui nous entourent. Parce que parfois les gens craquent, et l’on se demande comment cela se fait que l’on n’ait rien vu avant. Peut-être qu’à force de vouloir occulter tout le mauvais du monde qui nous entoure, on ne prend plus la peine de voir quoi que ce soit : le bon, le mauvais, ou juste le nécessaire.

S’imposer quand l’autre n’a pas envie, voir quand quelqu’un a besoin de nous, trouver des petites attentions pour montrer qu’on n’est là même si l’on ne sait pas vraiment quoi faire.

On ne peut pas tout voir, tout le temps. Mais prendre le temps de lever notre nez de nos téléphone pour voir ce qui nous entoure, c’est aussi prendre conscience du monde dans lequel on évolue. Cela nous permet de le comprendre un peu mieux, de comprendre ses habitants, et de nous comprendre un peu mieux nous-même, et par conséquent d’être plus connecté.

Et à autre chose qu’à Instagram.

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les boules quiès

Depuis 4 ans à l’agence dans le 11ème, j’arrive toujours tôt, pour avoir vingt minutes seule, totalement seule à mon étage et prendre le temps d’organiser mes pensées. Je me suis toujours levée tôt dans la vie, je prends le temps de petit-déjeuner, de regarder un bout de série, de lire quelques pages de mon bouquin, et surtout pour avoir cette sensation que le temps ne m’échappe pas.

Et ces vingt minutes à l’agence, sans écouteurs, sans rien, à regarder par la fenêtre et à ranger les tiroirs de ma tête, en ouvrir quelques uns, en refermer d’autres, sont nécessaires pour que je puisse me sentir bien.

Mais depuis quelques mois, ces vingt minutes n’existent plus.

Enfin, elles existent, mais elles sont dures à obtenir. Parce que le silence n’est plus disponible.

Paris a toujours été bruyante, mais elle est devenue inaudible. Elle râle des pots d’échappements, soupire des bus, elle pleure des orages, dégueule des klaxons et hurle des disputes. Paris ne m’autorise plus ces vingt minutes qu’elle m’offrait depuis toutes ces années. On s’était pourtant mises d’accord.

En participant à un cours de yoga sur les berges de Seine il y a quelques semaines, Paris m’a montrée que pour réussir à obtenir du silence, il fallait se battre. Trop se battre. Je n’ai jamais réussi à me concentrer, et alors que tout le monde faisait des « om », je pensais à tuer des gens.

Comment peut-on réussir à se concentrer quand les agressions sont tellement fortes ?

Comment réussir à trouver une paix intérieure quand tu entends un marteau piqueur à longueur de journée depuis plus d’une décennie ? Que les runners sur les berges de Seine écoutent leur musique via des enceintes portables ? Que le ménage de l’agence se fait pendant la pause dej ? Que Paris comptait au 1er juillet quelques

7 396 chantiers en cours ?

Sept mille trois cent quatre-vingt seize chantiers en cours.

Ça en fait du goudron qui colle sous ta running.

Ici on a des boules quiès, des intra-auriculaires, des casques anti bruits, parce qu’ici, le bruit ne fait pas de pause :

#Les gens toussent. On est 60 à l’agence, et personne n’a la bonne idée de tomber malade en même temps. On se relaie, du coup il y a toujours quelqu’un de malade. Ou d’allergique. Ou les deux.

#Les gens hurlent. Bah oui parce qu’il y a du bruit à l’extérieur, alors forcément, on hurle pour se faire entendre. On hurle en terrasse, on hurle dans la rue, on hurle dans le métro.

#On hurle pour se faire comprendre. J’ai nommé, les engueulades publiques. Moi ça me captive. Il y a des gens qui pètent des câbles sans rien en avoir à foutre du regard des autres. Et vas-y que je te tape dans la porte, que je te fasse des grands gestes, que ça pleure, que ça s’embrasse, que ça pleure de nouveau. Et toi tu regardes planqué.e derrière tes Ray Ban en te disant que peut-être que Racine a pensé ses pièces en voyant un couple se déchirer dans la rue. Le drame inspire et attire, c’est un fait.

#Les travaux. Paris et les travaux c’est un thème qui prend des proportions dramatiques. Avant, on avait du mal à trouver une place en terrasse, heureusement ce problème n’est plus d’actualité. Souvent coincées entre un boulevard bruyant, un marteau piqueur, un camion poubelle et une grue qui bip, plus personne ne va en terrasse.

#Les gens appellent. Sérieux, les appels c’est pas possible, moi j’ai l’impression qu’il va se passer un truc grave quand on m’appelle. Que quelqu’un est mort, a été kidnappé (merci Taken — « Good Luck »), ou que j’ai oublié de payer une facture. Ca fait tellement officiel. Les appels c’est la banque, l’assurance ou Gérard de Bouygues qui veut te vendre un Samsung Galaxy.

#Les chiens qui aboient. Ce n’est pas le fait qu’ils aboient qui m’énerve, c’est que ça me rappelle que moi je n’ai pas de chien.

#Les gens écoutent de la musique sans casque. Juste comme ça, comme s’ils étaient chez eux, dans l’intimité de leur salon. Alors qu’ils sont dans la rue. Mettons-nous d’accord sur une playlist les gars au moins.

#Les enfants qui pleurent. Ce n’est pas le fait qu’ils pleurent qui m’én… Ah si. Si si c’est tout à fait ça.

Les klaxons, les bus qui font vibrer les bâtiments en attendant à un feu, le camion poubelle qui passe huit fois dans la semaine alors qu’on a, je pense, la rue la plus dégueulasse de Paris. Les gens qui font leur tri sélectif à 7h du matin un dimanche — repose doucement ce pot en verre de confiture Bonne Maman et je te laisserai la vie sauve — qui passent l’aspirateur à minuit, qui se font des cafés quand tu es en conf call, les gens en conf call qui parlent alors que tu parles, les alarmes de voiture qui sonnent pendant deux heures sans s’arrêter, les portes qui claquent…

Paris c’est le mec qui ronfle super fort mais que tu aimes bien quand-même. Et dans les deux cas ; je vous conseille clairement les boules quiès.

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