Mon histoire

La théorie du cheddar râpé

Depuis quelques mois, ma relation à l’alcool a beaucoup évoluée. Sans parler de l’approche des trente ans qui se profilent à l’horizon, je pense qu’au cours de notre vie, beaucoup d’étapes nous font évoluer et nous poser des questions sur la manière dont on se comporte, nos priorités, et la personne que l’on voit dans le miroir tous les matins.

On a envie de s’écouter, de se connaître, et de prendre davantage le temps de faire ce qui nous paraît juste pour nous, et pour les autres. Puis la bonne nouvelle quand on prend le temps de n’être qu’avec soi, c’est que l’on a de longues heures pour faire une introspection digne de ce nom, pendant des vacances en solo par exemple.

 

L’alcool en France, et d’autant plus à Paris, c’est symbole de vie sociale ; d’amis qui se réunissent, d’un date où l’on apprend à se connaître, d’une soirée en boîte où on lâche prise, d’un resto avec son mec où l’on refait le monde en buvant une bouteille stylée, d’un barbecue en famille dans le jardin d’une maison avec le rosé qui vient nous rafraîchir et environ 282929 situations où vin, gin, pintes et autres verres de prosecco sont synonymes de moments joyeux à partager.

Et lorsque l’on ne boit pas d’alcool, ça énerve les gens. On passe pour la personne chiante qui ne sait pas rigoler, “profiter” et on finit par devenir la paria qui ne sera plus invitée aux afterworks, anniversaires, happy hours et apéros en tout genre. Mais vous vous doutez bien que ce qui inquiète les gens dans le fait d’être face à une personne qui ne boit pas, ce n’est pas la capacité de ladite personne à se détendre avec un Perrier rondelle, mais plutôt leur propre rapport à l’alcool qu’ils se prennent en pleine face. C’est le miroir qui renvoie un reflet qu’ils n’ont pas envie de voir. Le même reflet de ceux qui deviennent agressifs et désagréables lorsque quelqu’un parle de convictions, d’environnement, de végétarisme.

Voir les autres faire un choix raisonné nous rappelle que l’on n’a pas été capable de faire pareil et nous donne la sensation de ne pas être “aussi bien”.

Et lorsque l’on se sent critiqué, que cela soit dit ou ressenti, on se braque.

Il y a quelques temps, j’ai lu cet article très intéressant, d’une nana qui parle de son rapport à l’alcool. De ses années de fac où la bière coulait à flots, des soirées nanas arrosées aux Caïpis et autres cocktails colorés que les mecs ont honte de commander (lancez-vous les gars, ne prenez juste pas de paille en plastique et personne ne vous jugera) et de comment l’alcool faisait partie intégrante de sa vie. Et en y réfléchissant, encore et encore, je me suis rendue compte que l’alcool me rendait de plus en plus triste. Que je m’y retrouvais de moins en moins, et j’ai voulu savoir pourquoi.

Les problèmes de santé, le fait de vieillir grandir, voir des gens dans des états pitoyables, voir des gens juste bourrés quand je tourne à l’eau, être moi-même dans des états dont je ne suis pas fière, être fatiguée juste parce que j’ai bu deux verres la veille, avoir un sommeil perturbé même à cause d’une bière… Des constats qui m’ont faire remettre en question une consommation que j’avais par habitude et via laquelle je ne ressentais plus de plaisir à proprement parler.

Puis j’ai compris en lisant des articles sur le sujet, en sortant avec des ami.e.s ou en réfléchissant à mes interrogations, que la consommation d’alcool nous rendait fainéants, et que c’était l’une des raisons pour lesquelles je ne m’y retrouvais plus vraiment.

Et cette culpabilité couplée à ce mal-être après avoir consommé de l’alcool (même un seul verre donc) m’a rappelé une sensation que je connaissais bien. Celle que je ressentais après avoir ingurgité des pâtes au cheddar.

Je m’explique.

Sept ans de végétarisme, des convictions fortes, et une envie de passer vegan qui me taraude depuis plusieurs années et qui ne fait que s’accentuer depuis quelques mois. Mais à chaque fois que je vais faire les courses, entre les kilos de fruits et de légumes, j’achète des pâtes fraîches et deux sachets de cheddar râpé, et à un moment de la semaine (souvent le soir-même parce que bon, on ne va pas se mentir quand t’as du chocolat ou une poire tu manges le chocolat) (ou tu fais fondre le chocolat et tu fais un gâteau poire chocolat) (bref tu ne fais pas une salade de fruits quoi) je les engloutis en huit minutes, cuisson comprise. Et ensuite, je me flagelle pendant des heures. Je ne me sens pas bien physiquement, je me dis que je ne pourrais jamais devenir vegan, que mes heures de sport hebdomadaires sont ruinées, que ma peau va être grasse et que je vais passer une sale nuit.

 

Alors que la veille je me faisais des légumes crème de coco et gomasio, si beaux que si j’avais Instagram je les aurais pris en photo (non) en me disant que j’étais une adulte responsable et épanouie, glissant dans un sommeil sans rêve et reposant, j’étais tout d’un coup en train de me dire que j’avais raté ma vie et que tout ça n’était que ma faute à moi. Et celle des pâtes au cheddar. Mais surtout de ma faute à moi.

 

Mais les pâtes fraîches planquées sous le cheddar fondu, c’est comme le verre un jeudi soir. C’est simple. Au lieu d’aller voir une expo, de chercher quelque chose d’original à faire, de lire ou d’aller transpirer au sport ; un verre de rosé en terrasse, c’est rassurant, c’est détente, on sait quel goût ça a.

Loin de là l’idée de blâmer les gens qui le font, et je le fais moi-même, et compte bien continuer à aller boire des coups avec les gens que j’aime, que ce soit un verre de rosé à la main ou un Perrier Citron. Mais tout comme le dry january, je pense qu’il faut s’écouter, et encourager ceux qui s’écoutent, que cela soit pour un jour, une semaine, un moins ou toute la vie. Que cela concerne la nourriture, le travail, le sport, l’alcool, le tabac, la drogue tout ce qui nous entoure et avec lesquels on galère parfois à trouver un juste milieu ou un arrêt total et définitif.

 

C’est déjà compliqué de s’écouter, alors si en plus les autres nous reprochent de trop le faire et nous tombent dessus dès que l’on n’est pas raccord avec ses démarches et envies, on ne s’en sort plus.

 

Alright alright comme dirait Matthew, mais du coup on fait comment pour être heureux, épanouis, cheddar free et fiers de nous du lundi au dimanche ?

C’est pas Vogue ici les gars, donc laissez-moi vous dire que ça ne passe pas par un soin de la peau à 400$ qui nous change la vie, et les pores. Mais ça peut passer par des réactions que l’on a par habitude et que l’on pourrait changer doucement, pour notre bien et celui de ceux qui nous entourent.

 

Laissez votre pote fumer une cigarette quand elle boit une bière si c’est ce dont elle a envie, et ne lui lancez pas un “ah bah t’as pas DU TOUT arrêté de fumer finalement” alors qu’elle est passée de 10 cigarettes quotidiennes à 1 cigarette hebdomadaire.

Mangez une raclette entre deux plats vegans préparés avec amour, et ne vous flagellez pas pour ça. Manger des patates recouvertes de fromage n’a jamais fait de quelqu’un une mauvaise personne. Mais écoutez votre corps et ne vous faites pas “mal” pour le payer au quintuple le lendemain le regard hagard devant votre pinte de citrate de bétaïne.

Buvez du Perrier quand tout le monde boit du Spritz si c’est ce que vous avez envie de faire. Et soyez-en fier.e.s.

Encouragez les végétariens, encouragez les vegans, encouragez tous les régimes tant qu’ils sont tenus par envie et ne sont pas subis.

En fait, faites ce que vous voulez, tant que vous en avez envie et que cela ne vous met pas en danger, et surtout encouragez les autres à faire de même. Que cela soit la solution de facilité, ou pas. Parce que le plus difficile, c’est de s’écouter et faire le choix d’aller au bout de ses envies, et surtout de respecter celles des autres.

Comme dirait Taylor Swift, et Jésus, Aimez-vous les uns les autres quoi. Et mangez des légumes, c’est important les légumes.

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Voyager seul.e

Je reviens de deux semaines de vacances dont dix jours passés seule.

Ouais, seule. Seule avec mes pensées, mon mac (pas le mec qui compte les billets, l’autre), mes 8 bouquins et mes quelques kilos de bagage. Je n’arrêtais pas de lire des articles sur le fait que voyager seule, c’était génial. Et en vrai, cela faisait super longtemps que j’avais envie de le faire, mais avec tous les amis formidables que j’ai — que voulez-vous je suis bien entourée — c’était toujours compliqué de choisir de renoncer à des projets en groupe pour décider de partir avec moi-seule — et les 7289 personnages qui logent dans mon cerveau — sans personne sur qui compter si j’oublie mon chargeur ou avec personne avec qui trinquer avec mon Perrier sans paille.

Partir seul.e, ça se fait de plus en plus, et je comprends les personnes qui tentent l’expérience, et le refont régulièrement. Que l’on parte pour un week-end ou six mois, être avec soi-même permet de se découvrir et surtout de découvrir un endroit à son rythme. Même lorsque je pars en groupe, je suis partisane du chacun fait ce qu’il veut. Si certains veulent aller à la plage, d’autres ne supportent pas le soleil, pareil pour les expos, tout le monde n’a pas envie d’aller visiter le musée de la tomate industrielle de Santorin.

 

Et c’est bien dommage.

 

Mais le partage de la voiture, les organisations des uns et des autres, les rythmes naturels des ou la facilité d’émancipation et d’adaptabilité des membres d’un groupe ne sont pas toujours des choses évidentes. Alors que lorsque l’on voyage seul.e…

 

on s’écoute, et c’est assez grisant.

On mange quand on a envie de manger, on va se baigner même quand l’eau est à 15°c, on fait du sport quand on a envie d’en faire, on ne culpabilise pas de faire une sieste 2h après s’être levé.e, on passe 4h à lire à une terrasse, on skip les attractions touristiques que l’on n’a pas forcément envie de faire et l’on reste quatre secondes ou trente minutes devant une oeuvre, sans trop savoir pourquoi. S’écouter et faire ce qui nous plaît de faire même si cela ne correspond pas à la norme des vacances, c’est écouter ses vraies envies. Pas organiser celles d’un groupe sans se demander si cela est en cohérence avec ce que l’on veut nous. Et c’est bien normal, en vacances on a envie de faire plein de trucs et surtout de ne rien rater, alors on fait les choses sans même se demander si l’on a vraiment envie de les faire, au fond de nous.

 

on compte sur soi, et c’est bon pour l’épanouissement

Dans les groupes il y a souvent ceux qui font et ceux qui se laissent porter. Et la vérité c’est que l’on passe de l’un à l’autre en fonction du groupe avec lequel on part. On peut être en charge de la map avec un groupe B et se laisser balader avec un groupe A. Pareil pour parler une langue étrangère, réserver les billets d’avion, contacter les Airbnb, se renseigner sur les choses à voir dans le pays etc. Et même si l’on est leader d’un groupe au sens organisationnel, on peut toujours se reposer sur les autres. Et on ne va pas se mentir, c’est agréable. Savoir que l’on trouvera toujours un chargeur quelque part, que l’on n’a pas besoin de mettre de réveil, qu’une playlist est prête, que l’on ne devra jamais demander un renseignement, que quelqu’un s’occupe du tricount ; c’est assez reposant. Mais ça a tendance à nous rendre un peu assisté.e. Et sentir que l’on ne sait pas faire quelque chose qui est pourtant à notre portée de mains, c’est pas bon pour la confiance en soi. Voyager seul.e, ça permet de se faire violence, et de se rendre compte après trois avions, deux ferries, et quatre bus, qu’en fait on sait très bien se débrouiller sans personne autour, et ça c’est bon pour l’ego. Que vous soyez leader, ou suiveur.

Et si l’on réserve un hôtel dans le mauvais pays, on se rend compte que ce n’est finalement pas la fin du monde, et on apprend à relativiser. Ce qui m’amène à mon point suivant :

 

on relativise, et on apprend à lâcher prise

Un restaurant dans lequel on voulait aller manger, un musée qui n’a plus de tickets le seul jour dans lequel on s’avère être dans la ville dudit musée, un coucher de soleil que l’on rate, une journée de pluie, un taxi qui nous escroque… Des détails qui peuvent nous mettre un coup au moral pendant nos vacances, qu’il s’agisse de quelques jours ou de plusieurs mois. Voyager seul.e, c’est voyager pour soi, et apprendre à garder le bon et à laisser passer le mauvais. C’est un peu comme la méditation, on visualise les choses désagréables qui nous sont arrivées, et on décide de les écarter ou d’y trouver du positif. C’est parfois compliqué selon notre caractère, mais sur le long terme, c’est quelque chose qui change réellement la vie. On voit très rapidement si la personne à laquelle on parle est une personne négative ou positive, et il n’y a pas à argumenter, vous ne voulez pas être de ceux qui sont cyniques et négatifs. C’est chiant et ça donne mauvaise mine.

 

on s’ouvre aux gens, et on découvre l’autre

On parle avec le chauffeur de taxi, une vraie conversation, pas seulement des banalités entre deux “vous avez un câble iPhone ?”, on demande l’avis des gens que l’on croise, on écoute une conversation en terrasse, on regarde les personnes qui marchent dans la rue, on partage une part de gâteau avec un inconnu, on petit-déjeune avec la gérante de l’hôtel et on se laisse la chance de découvrir des personnes captivantes vers lesquelles on ne se serait jamais tourné si l’on avait été en groupe, ou à deux.

Les rencontres fortuites sont tellement, tellement enrichissantes. Partager un bout de vie avec une personne que l’on croise sur la route c’est avoir la possibilité d’apprendre, de devenir meilleur, de partager quelque chose à travers une bribe de conversation. Et c’est si merveilleux.

Je n’aime pas vraiment cette expression de zone de confort, j’ai l’impression que cela culpabilise ceux qui veulent y rester, dans leur zone de confort. Mais voyager seul.e, c’est surtout se donner l’opportunité de gagner en confiance en soi, se découvrir des ressources que l’on ne se connaissait pas, et avoir l’opportunité de s’aimer soi-même. Alors d’accord, je vous vois les sceptiques, ça fait Gandhi tout ça, apprendre à s’aimer. Mais en attendant, c’est tellement bien de pouvoir se construire et devenir une personne que l’on aime un peu plus, grâce à soi, mais surtout grâce aux autres.

Du love

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interruption

“The rest of your video after this ad”

 

Raaaaahhh mais j’ai pas envie d’attendre 10 secondes pour voir si ce bébé loutre finit par se lancer dans cette baignoire pour apprendre à nager bordel.

 

C’est pas possible d’être interrompu en permanence dans la vie. Il suffit de commencer à bosser sur un boulot / se lancer dans une série / se lancer dans une sieste ou un bouquin pour que Slack s’emballe, que l’on reçoive un mail, ou 12, que notre téléphone sonne, que l’on reçoive un message, que l’on entende une notification Facebook, Twitter, Instagram, Tinder, que l’on renverse notre café, que notre Google Calendar nous rappelle une réunion, que l’on doive fermer la cagnotte Leetchi, que le prix des billets a baissé pour nos prochaines vacances, que l’on doive signer une pétition sinon on ira en enfer et les dauphins seront tous massacrés dans l’heure, que “on boit un coup ?”, “café ?”, “on mange où ?”, que Fleux envoie sa newsletter, que putain est-ce que j’ai confirmé le rendez-vous chez l’esthéticienne, que “faut vraiment que je lave mon bureau”, que “pourquoi j’ai arrêté de le voir déjà lui ?”, que ce soit l’anniversaire de notre mère / notre père / notre pote / notre mec, que ce soit déjà l’heure d’aller à l’entraînement, que “le trafic est lourd, pour arriver à l’heure à votre rendez-vous, partez maintenant”, que l’on se rende compte que notre sourcil droit est plus épilé que notre sourcil gauche, que les places que l’on attend soient enfin en vente, que “on fait un babyfoot ?”, que l’on ait plus de batterie, que ça sonne à l’interphone, que l’on se ferait bien un Uber Eats, qu’il faut lancer une machine, que l’happy hour va bientôt se finir, que le livreur d’Uber Eats n’arrive pas à comprendre que rue et avenue sont deux termes différents, que le voisin du dessus a décidé d’avoir oublié de fermer son robinet, que les pompiers débarquent, que le chat miaule, que le chien aboie, qu’aucun animal ne fasse de bruit et que l’on réalise que l’on prendrait bien un animal, que l’on pense à son ex, que “tu peux fermer la fenêtre ?”, que l’on ait envie de boire un thé, que l’on ait envie de faire pipi parce que l’on a bu trop de thé, que “tu peux fermer la fenêtre ?”.

 

Quoi qu’on fasse, on finit toujours pas être interrompu, et du coup on ne peut jamais finir ce que l’on a commen…

 

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C’est le printeeeeeemps

– Mais arrête c’est trop pas le printemps, il fait encore super froid hier j’ai mis une écharpe gnagnagna

J’ai dit C’EST LE PRINTEMPS. Y’a marqué sur mon agenda d’accord. Alors pourquoi c’est le printemps ? Comment on en est sûr.e.s ?

 

On est passé de trois à vingt coureurs aux Tuileries les mercredis matins. Bah alors les gars, vous étiez où en novembre quand il faisait -1°c, hein ? HEIN ?

 

J’ai vu des gens en short alors qu’il ne faisait que 17°c avec du soleil. Oui je faisais partie des gens, et alors ?

 

Les mecs qui font du crossfit dans ma salle de boxe ne mettent plus de tee-shirts pendant l’entraînement

 

Dans les vestiaires de cette même salle, il n’y avait plus d’eau chaude la dernière fois pour se doucher, et personne n’était énervé.

 

Les parisiens ont troqué leurs dolipranes pour des antihistaminiques. Bienvenue dans le monde impitoyable qu’est celui des allergies.

 

Les terrasses sont de sortie. Toujours impossible d’y avoir une table mais au moins, elles sont de sortie.

 

On est 2829293482 personnes confinées dans le parc à côté de l’agence, entassées sur les marches parce que la pelouse ne rouvre qu’en mai, mais qu’il fait quand-même assez bon pour aller manger à l’extérieur. Mais qu’il n’y a pas de places en terrasse donc.

 

Les parisiens ont troqué les pizzas pour des salades en vue de leurs vacances en maillot de bain Erès.

 

Les gens s’aiment.

 

Les gens s’aiment tellement que quand tu demandes à un pote dont tu n’as pas de nouvelles depuis quelques mois comment il va il te répond qu’il va bien. Et qu’il se marie.

 

Les gens parfois ne s’aiment plus. Mais il fait beau alors c’est moins grave.

 

Il fait jour en sortant du sport. Il fait jour en allant au sport. Il fait jour en allant au travail. Il fait jour en sortant du travail. Il fait jour tout le temps et on ne s’en lasse pas.

 

Ah. Bon bah du coup il fait forcément jour le dimanche à 7h du matin aussi. Et il fait jour dans notre oeil quand on a oublié de fermer le velux.

 

L’esthéticienne n’a de nouveau plus jamais de créneau de dispo.

 

On découvre les tatouages des gens de l’hiver écoulé.

Mais bon après tout on s’en fout de tout ça, l’essentiel c’est que ce soit le printemps et qu’il y ait ce truc dans l’air qui nous rend tout chose. Pas le pollen, l’autre truc.

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plus qu’un pas

En prenant le métro il y a quelques jours, j’ai vu au sol des stickers qui indiquaient que l’on n’était plus qu’à un pas d’une poubelle. Sous-entendu, “courage mon bon con, plus que quelques centimètres avant de jeter ton papier de Kinder Bueno huile de palmé, sois sympa, ne le jette pas par terre telle une personne qui s’en bat les couilles de tout. Bisou.*

Donc on imprime du plastique collant par terre comme dernier recours pour indiquer une poubelle dont les gens ne se servent visiblement pas, parce que soyons honnêtes, les gens sont sales.

 

“Vous n’êtes plus qu’à un pas”.

 

Putain, j’ai l’impression qu’en ce moment, on est à un pas de tout. Mais que l’on a besoin de nous l’indiquer en 4×3 tellement c’est devenu compliqué de voir ce qui se trouve sous nos yeux.

 

Et quand ce n’est même pas sous nos yeux alors ?

 

Cette impression d’être à un pas du job dont on a envie, du mec que l’on aimera, du sport qui nous plaît, de l’appartement dans lequel on sera heureux.

 

Et au final, on a cette sensation d’être à des milliers de kilomètres d’être capable de faire ce dont on a réellement envie, si tant est que l’on sache ce qui nous plaît dans la vie. Et comme le dit cette personne formidable qu’est Nicolas Beretti dans son TedX, on nous a tellement mis dans la tête qu’il fallait la trouver, cette foutue passion, que l’on passe la plupart de notre vie à la chercher, avec la peur de ne jamais la trouver et par conséquent de rater notre vie.

Et de mourir au compte-gouttes en étant obligé de regarder l’entièreté des saisons d’Inspecteur Barnaby en mangeant des Monster Munch au Ketchup**

Je ne sais pas pour vous mais j’ai tellement l’impression d’être à un pas d’une multitude de choses. Passionnantes ou pas. Et quand je parle avec des gens, qu’ils soient mes amis, ou des inconnus, ou des inconnus bourrés, j’ai cette sensation que pour tout le monde, ce petit pas semble être en réalité des milliers de putain de kilomètres

 

plus qu’un pas avant de faire une rupture conventionnelle et de quitter ce job qui ne nous plaît plus mais dans lequel on reste pour des raisons que l’on a oubliées

 

plus qu’un pas avant de trouver le bon mec, celui qui nous fera ressentir le zsa zsa zsu et auquel on n’aura pas besoin de préciser que oui, on amène une bouteille quand on est invité chez quelqu’un, et que non, regarder 17 fois son téléphone quand on dîne ce n’est pas poli.

 

plus qu’un pas avant de partir seul.e en vacances sans rien avoir réservé au préalable

 

plus qu’un pas avant de trouver le bon lieu pour son mariage, celui qui rentre dans le budget, qui n’est pas à 5h de Paris et qui est disponible avant 2024

 

plus qu’un pas avant de perdre ces kilos qui nous pourrissent depuis l’enfance et que l’on n’arrive pas à accepter

 

plus qu’un pas avant de quitter Paris et aller vraiment là où l’on se sent bien

 

plus qu’un pas pour se mettre en autoentrepreneur et lancer sa marque de fourchettes / fringues / son coffee shop / son tattoo shop / son bar à cocktails

 

plus qu’un pas avant de tout lâcher et de partir avec son passeport, 8 slips, un ordi, un chargeur et de la crème solaire pendant un an. Ou pour toute la vie.

 

plus qu’un pas pour dire non aux sorties du vendredi soir alors que l’on a envie de lire en buvant une camomille

 

plus qu’un pas pour passer végétarien, flexitarien, végétalien, pesco-végétarien, gluten free ou tout régime qui nous semble en accord avec nos convictions

 

plus qu’un pas pour changer d’appartement

 

plus qu’un pas pour trouver le bon sport. Ou en changer.

 

plus qu’un pas pour se dire que oui, on a changé d’ambition, et que ce MBA à 80K avec un job à 90H par semaine dans le conseil en marketing ne nous fait plus du tout envie

 

plus qu’un pas pour écrire ce bouquin auquel on pense depuis des années

Je crois que l’essentiel, c’est juste d’y aller. Parce que si l’on écoute le côté rationnel, trop rationnel que l’on a en nous, on ne le fait jamais ce pas. On ne met même pas nos chaussures d’ailleurs. Je sais pas vous, moi j’aime bien marcher pieds nus, alors j’ai viré mes pompes.

Faut juste faire attention aux petits cailloux.

*ce que, personnellement, j’aurais écrit noir sur blanc. Peut-être même sans le “bisou”.

**Ceci est ma vision personnelle de l’enfer et n’engage que moi

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How old are you?

J’ai lu un article d’un mec génial que vous trouvez ici qui explique que la plus grande richesse, c’est le temps. Le temps, c’est quelque chose que l’on ne peut pas récupérer. C’est un consommable que même les plus grosses fortunes ne peuvent pas s’offrir. Alors quand on se dit que chaque seconde écoulée est une seconde que l’on ne récupérera pas, on voit les choses un peu différemment.

Quand on s’octroie un moment où l’on repense au nous d’avant, que ce soit le nous d’il y a 10 ans, d’un an, ou d’une semaine, on voit à quel point l’on peut changer sur de nombreux points. Parfois un peu seulement, et souvent de façon totale.

Donc on vieillit. Bon ça, c’est inéluctable. Mais ce qui est cool avec le fait de vieillir, de grandir, c’est que l’on en apprend un peu plus sur soi chaque jour. Et que l’on apprend à s’écouter. Alors que l’on tente par tous les moyens de se conformer au reste du monde à 18 ans, aux amis, aux stars, aux influenceurs, à la pub, à ses frères et soeurs, à 30 on en a plus vraiment quelque chose à foutre si l’on prend le temps de s’écouter et de se défaire de ce côté matériel.

Et pas besoin d’attendre d’avoir 80 ans et de doubler sans pression dans la file d’attente du Monop pour pouvoir s’écouter et agir en écoutant “gut” (certains écoutent leur coeur, moi j’écoute mon intestin grêle, chacun fait ce qu’il veut).

Alors ça veut dire que l’on peut faire quoi ?

Bah tout. Tant que l’on respecte autrui.

 

On peut rejoindre des amis dans un bar. Se rendre compte que le sol colle au pied, se faire renverser une pinte dessus, avoir des frisottis dans les cheveux tellement c’est humide. Dire bonjour à nos amis et repartir immédiatement parce que non, là on ne peut pas supporter ça.

 

Aller dans un bar à cocktails pour boire “juste un verre”. En boire vraiment juste un. Rentrer à 22h, sobre, heureux. Le tout un vendredi soir.

 

Aller au yoga et manger des graines. Sourire aux gens qui se moquent des végétariens et leur envoyer des vidéos de l’association L214 un lundi matin en leur souhaitant une belle semaine.

 

Être perdu.e dans la vie.

 

Savoir exactement ce que l’on veut dans la vie, et ne pas s’excuser parce que c’est le cas.

 

Rencontrer quelqu’un, avoir peur que cela foire mais essayer quand-même. Foirer. Recommencer.

 

Ne pas rencontrer quelqu’un. Et être heureux.

 

Etre avec quelqu’un depuis 10 ans, décider de s’écouter et tout recommencer. Avec quelqu’un d’autre.

 

Ne pas parler aux gens que l’on trouve nocifs.

 

Dire non quand non, là on n’a pas envie, même si tout le monde le fait / y va / l’achète.

 

Faire la sieste.

 

Boire des tisanes.

 

On peut se séparer sans cri, sans larme, parce que l’on sait que c’est ce dont on a envie.

 

On peut se séparer en hurlant dans la rue, à genoux, en pleurant sans rien avoir à foutre que tout le monde nous regarde et nous juge. Parce que ce n’était pas du tout ce dont on avait envie.

 

On peut préférer l’espoir au cynisme. Parce que c’est plus dur, mais ça rend tellement plus heureux.

En fait on peut tout faire. Et on n’a pas besoin d’attendre d’avoir trente ans pour le faire. Alors si vous avez envie de changer de boulot, de ville, de vie, de mec, ou juste de mascara, faites-le bordel.

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4 personnes pour boire un verre s’il vous plaît

Je reviens de deux mois passés dans un pays dans lequel il y a de la place, où que tu veuilles aller. Pas besoin de faire de réservation, les gens sont arrangeants, tu peux aller déjeuner pieds nus parce que de toute façon tout le monde sort aussi de sa session surf et a encore de la crème solaire water résistante bleue sur le nez, et il y a toujours de la place en terrasse.

Je ne vais pas vous mentir, c’est pas agréable, c’est juste vital. Mais à chaque fois que je me rends dans un pays où l’espace n’est pas un problème, revenir à Paris est un peu… brutal.

Hormis le fait que les gens te rentrent dedans même quand tu es à l’arrêt ou que certaines personnes font des tours autour de toi quand elles sont au téléphone, visiblement stressées, le problème de place que l’on rencontre à paris me surprend toujours, même après plus de dix ans à tenter de m’extirper à chaque fois que je m’assieds ailleurs que chez moi.

Et après deux mois à écouter le ronronnement de la faune et la flore sud-africaine, passer deux heures dans un bar à Paris a été plus épuisant que de mettre une housse de couette dans un lit.

 

À Paris en février, il pleut. Marcher sous une petite bruine pendant 20min qui fait passer mes cheveux ondulés effet “je sors de la plage” à “j’ai une méduse à la place des veuch” n’est pas des plus agréables, mais l’idée du métro moite où les gens te collent pour danser du couper/décaler sur Magic System alors que tu as envie de rêvasser sur du The Blaze n’est pas envisageable.

Après un CityMapper en galère faute de gouttes d’eau qui viennent s’écraser sur mon iPhone, je finis par arriver audit bar. Pour pouvoir tirer la porte, il faut reculer sans tomber de la petite marche sur laquelle je me trouve, l’architecte avait le sens de l’humour, j’apprécie et je ne tombe pas mais vacille un peu. On a trouvé un bar où les cocktails sont archi bons et les serveurs super efficaces, je me dis que j’exagère et que l’image que j’avais des bars a peut-être changé.

 

Je me dis ça à 19h14.

À 20h j’ai envie de retrouver la petite marche et de me jeter de m’y jeter, rien que pour pouvoir avoir de l’air à respirer le temps de ma (courte) chute.

 

Nous sommes désormais plus de 7 milliards sur terre, et clairement plus de la moitié de la population mondiale se trouve dans ce bar. Le mec mignon avec lequel je eye contactais depuis quelques temps est désormais noyé dans une foule de barbus qui sentent le tabac froid et le cuir de Made.com. Je fais le deuil de mon potentiel futur mari et décide d’aller aux toilettes, ce qui me prend environ 17 minutes, tentant maladroitement de slalomer entre les groupes d’amis, les beaucoup trop nombreux sacs à mains (on parle du sac à main + du tote bag pour une seule et même personne ?) et les cocktails remplis à ras bord qui virevoltent sur les plateaux, m’excusant à chaque fois que mes épaules ne passent pas— c’est à dire partout— même pas dans la porte des toilettes où j’ai dû rentrer en crabe.

 

À 20h23 j’ai envie de fumer une cigarette et vois que les trois mètres qui me séparent de la sortie sont encombrés par environ 23 personnes—par mètre carré. Deux mois sans sport, j’ai plus vraiment de muscles, et la percée risque d’être compliquée. Si j’etais mariee a un rugbyman on n’en serait pas la, mais un rapide regard vers le bar me rappelle qu’a Paris les gens font moins de 70 kilos, peut-etre pour pouvoir se rendre dans ce genre de bar d’ailleurs.

J’hésite à allumer une cigarette en plein milieu du bar et croise le regarde du serveur qui me donne l’impression de lire dans ma tête et me dévisage. Je m’extrais de mon tabouret en donnant quelques coups de coude et marche sur deux trois manteaux The Kooples avant de foncer dans le tas en souriant. Personne ne m’engueule et je parviens enfin à sortir, me demandant si je devrais fumer tout mon paquet pour rentabiliser cette petite victoire qui m’a menée au monde extérieur—où il pleut, encore.

À 21h je m’avoue vaincue et sors du bar, après 8 minutes de “pardon” “excusez-moi” “attention derrière” “ok je vais vous abattre madame si vous ne vous poussez pas par contre maintenant” et part retrouver mon fauteuil club en parcourant Amazon et ses livres de recettes de cocktails. Pieds nus.

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Le timing

À chaque fois que le métro s’arrête entre deux stations et que je reste bloquée pendant de longues, très longues minutes dans le noir avec des gens qui soupirent leur frustration que j’entends à travers mes intra-auriculaires, je pense au timing.

 

À chaque fois que je bois un verre en terrasse avec une copine qui me dit que si elle avait rencontré ce type à un autre moment de sa vie, peut-être que ç’aurait été le bon, je pense au timing. Peut-être qu’ils seraient encore ensemble là, à boire des coups tous les deux sur une autre terrasse parisienne sans chauffage, à débattre sur les Gilets Jaunes ou à essayer de comprendre si Flavien Berger est un génie musical ou un simple fou.

 

À chaque fois que j’arrive en retard à une réunion et que je me retrouve sur la chaise bancale qui menace de s’écrouler sous mon poids à chaque fois que je gigote pour caler mes pieds, je pense au timing.

 

À chaque café froid que je bois en oubliant que je me l’étais fait il y a deux heures, je pense au timing.

 

À chaque thé brûlant que je bois en oubliant que je ne lui ai pas laissé le temps de refroidir, je pense au timing.

 

À chaque fois que je fais la queue chez Monop et que la queue d’à côté qui avait pourtant 8 personnes de plus que la mienne, avance beaucoup plus vite et qu’une personne dit alors “alors ça c’est bien ma veine, je ne choisis jamais la bonne queue”, je ris. Puis je pense au timing.

 

À chaque fois que je trouve un mec mignon dans un ascenseur et me crée une vie imaginaire avec lui le temps de quelques étages, puis qu’il ne me laisse pas sortir de l’ascenseur en premier, je pense au timing.

 

À chaque fois que les gens tombent amoureux, se séparent, ratent un avion, tombent malades, tombent tout court, à chaque fois qu’un iPhone rend l’âme alors que l’on attend un coup de fil capital, à chaque entretien, à chaque fois qu’un colis se perd le jour d’un anniversaire, à chaque combat qui finit par un KO, à chaque match qui finit par des prolongations, à chaque fois que l’on arrive pile à la première tournée de shots, à chaque fois que notre Uber annule sa course, à chaque fois que mon thé est trop infusé, qu’un hélicoptère passe au dessus de ma rue quand je décroche un appel, qu’un marteau piqueur se déclenche quand ma musique s’arrête, à chaque fois que je manque de faire tomber mon téléphone et le rattrape in extremis, que le mec devant moi chez le traiteur chinois prend le dernier vapeur végétarien, que l’on annonce à mon pote que la table d’à côté a commandé le dernier cheesecake, à chaque fois que l’on fête l’anniversaire de mon père, à chaque fois que l’on fête mon anniversaire à moi, à chaque fois que je pense à Disiz La Peste et à son McMorning, à chaque fois que je rate un appel, à chaque fois qu’une personne tombe enceinte, à chaque fois qu’une personne apprend qu’elle ne tombera jamais enceinte, à chaque mariage, à chaque enterrement, à chaque achat d’appartement, à chaque “et c’est comme ça qu’on s’est rencontrés”, à chaque 13 novembre, à chaque fois que je mange un avocat trop mur, à chaque fois que je suis dans un avion et que l’on quitte le tarmac.

 

Je pense au timing.

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Scary shit

C’est bientôt Halloween.

Ca sent le pumpkin spice latte à 6 euros chez ces escrocs de Starbuck’s, les feuille mortes par terre sur lesquelles nos Air Force glissent un peu trop souvent, les queues infinies devant tous les magasins qui vendent du faux sang à 12€ le centilitre, le diabète au coin de la rue et les “et toi tu te déguises en quoiiiii” à chaque pause dej.

Mais, même si Halloween reste une fête géniale, j’ai l’impression qu’entre les sorcières classiques, les écolières zombies slutty et les mecs qui ont mis un malheureux masque de Jason et arraché leur tee shirt blanc pour laisser apparaître leur bout de biceps — quand biceps il y a — les déguisements n’effraient plus vraiment personne, sauf ceux qui découvrent leur taie d’oreiller le lendemain alors qu’ils ne s’étaient pas démaquillés.

Pourtant, des trucs qui font peur, il y en a un paquet en 2018, non ?

Trump

 

La queue le 1er du mois aux bornes Navigo

 

Touche pas à mon poste

 

Vu à 23h56

 

Hello, on peut boire un verre dans la semaine ? J’ai besoin de te parler.

 

Les nanas de 34 kilos qui portent des dad shoes Fila

 

Jair Bolsonaro

1h44 de « OMAGAD ATTENTION DERRIERE TOI MAIS KILESTCON MAIS NAN VOUS SEPAREZ PAS BORDEL » devant Halloween, pour 4 jours de nuits blanches derrière

 

Le bruit d’un iPhone qui tombe sur le parquet quand on fait son lit

 

La queue chez Benedict le dimanche matin

 

Les grèves des compagnies aériennes pendant les vacances

 

Les Galeries Lafayette le samedi

 

La Manif pour tous

 

“Je t’aime”

 

La roulette multicolore Apple sur un fichier que l’on n’a pas enregistré depuis 45 minutes

 

Alad’2

 

La ligne 13. Tout le temps.

 

Flight delayed

 

Les messages de bourrés que l’on a envoyés et que l’on “découvre” le lendemain

 

Un cheveu blanc que l’on voit dans le miroir

 

Les reportages L214

Alors, trick or treat les gars ?

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Shoulda coulda woulda

Alors c’est quoi shoulda coulda woulda ?

 

C’est la contraction de “I should have, I could have, I would have”, soit “J’aurais dû, j’aurais pu, il aurait fallu”. En gros c’est l’auto-flagellation puissance 12. On ressasse une action du passé dans laquelle on regrette de ne pas avoir agi d’une différente façon et on passe son temps à marmonner dans sa barbe de trois jours. Ou sous sa BB Crème. Ou les deux.

Et cette capacité à se martyriser alors que l’on n’a seulement – selon nous – pris une mauvaise décision, c’est quand-même se faire du mal alors que, je sais pas, on pourrait peut-être être tolérant avec nous-même ?

Parce que l’on nous dit qu’il faut être tolérant avec le reste du monde, et oh mon Dieu oui, mais est-ce que l’on ne serait pas susceptibles d’être davantage ouverts et compréhensifs envers les autres si l’on était un peu plus détente avec nous même en premier lieu ?

Alors aujourd’hui, je t’épargne une séance de psy à 80€, et je te dis que franchement, c’est pas grave.

Tant que tu ne le fais pas tout le temps.

Sinon tu seras maudit et tu finiras seul.e avec un chat qui ne t’aime pas. Mais pas de pression.

 

C’est pas grave de ne pas avoir été au sport dimanche dernier

C’est pas grave d’avoir mangé trois doughnuts à la place

C’est pas grave de ne pas avoir rappelé ta mère le jour même

C’est pas grave d’être à découvert

C’est pas grave d’avoir la gueule de bois alors que selon la presse tu dois être un adulte responsable

C’est pas grave de ne jamais laver ton frigo

C’est pas grave de ne pas faire de masque pour les cheveux

C’est pas grave de te ronger les ongles

C’est pas grave de passer 17 minutes à faire une photo pour récolter des likes sur Instagram

C’est pas grave de ne pas manger 5 fruits et légumes par jour

C’est pas grave d’aller sur son profil pour voir ce qu’elle devient

C’est pas grave de mentir à ton médecin sur ton poids

C’est pas grave de retourner quatre fois en deux jours chez La Vie Claire parce que tu trouves le vendeur canon

C’est pas grave de pleurer quand t’es bourré.e

C’est pas grave de ne pas faire tes soupes maison

C’est pas grave de ne pas être propriétaire à 30 ans

C’est pas grave de ne toujours pas savoir la différence entre sec et minéral quand on te parle de vin

C’est pas grave de ne pas savoir ce que tu veux faire quand tu seras plus grand.e

C’est pas grave de ne pas lire la presse (et non Konbini c’est pas la presse) (Le Bonbon non plus)

C’est pas grave de sortir les cheveux mouillés

C’est pas grave de ne pas avoir de conclusion à cet article.

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