Ma chère planète,

 

J’ai lu dans un livre incroyable qui s’appelle « Kilomètre Zéro : le chemin du Bonheur » de Maud Ankaoua, qu’accorder son pardon nous permettait de mettre notre ego de côté, ainsi que notre colère, qui nous séparent trop souvent de l’Amour, et de notre accès au bonheur. J’essaie au quotidien d’accorder mon pardon alors que je voudrais parfois crier, reprocher, juger, et même si cela est parfois difficile, je te promets que j’essaie de faire de mon mieux. Mais aujourd’hui, mon pardon me semble bien petit comparé au tien. Et je comprends que tu ne veuilles pas forcément nous l’accorder, à nous, les humains.

On a pillé tes ressources, mangé tes enfants, détruit tout ce que tu avais créé sans même que l’on ne comprenne comment tu avais fait. On en a voulu toujours plus, avide d’argent, de pouvoir, capables trop souvent du pire, et si rarement du meilleur.

 

Au cours de ces dernières années, on a essayé de se « racheter » en se donnant bonne conscience à refuser des pailles en plastique dans nos cafés à empoter à 8€, commandés aux comptoirs de marques qui pillaient tes ressources, exploitaient les humains — car si tu crois que l’on se lie tous contre toi, tu te trompes, on a meme réussi à se détruire les uns les autres, exploitant les plus faibles pour enrichir les plus forts — pour notre plaisir hédoniste qui visiblement, est notre seule préoccupation.

 

Les combats des uns deviennent la risée des autres, et l’altruisme est devenu signe de faiblesse pour beaucoup d’entre nous.

 

A quel moment en sommes-nous arrivés là ?

La réponse me paraît aussi simple que triste ; il y a déjà longtemps.

 

Tout ce chemin parcouru dans le seul but de posséder plus, se frayer un chemin en haut de la pyramide capitaliste, oubliant celle de Maslow, et des priorités que l’on a perdues de vue en cours de route.

 

Aujourd’hui, ma chère planète, je voudrais te demander pardon. Pas au nom de tous, car je n’aime pas que l’on s’excuse pour moi, et par conséquent je ne m’excuserai pas pour les autres. Nous sommes responsables de notre propre bonheur, de nos choix, nos décisions, nos actions, et je sais que malgré mes efforts pour me rapprocher de toi et te préserver, tu es en colère. Et tu as raison. On a abusé de toi, on t’a déçue, on t’a fait mal, on t’a humiliée et on a torturé ceux qui t’habitaient. Pas un jour ne passe sans que mon coeur ne s’emplisse de tristesse quand je lis tout ce que l’on te fait subir, tout ce que l’on se fait subir aux quatre coins du monde. Et j’essaie chaque jour de me souvenir du chemin que je suis, celui qui me rapprochera de toi et de notre cohabitation respectueuse l’une envers l’autre, pour notre bonheur à tous.

 

Ma chère planète, je sais que je te demande l’impossible, mais s’il te plaît, pardonne-moi. Pardonne-moi pour ne pas avoir agi plus tôt, pour ne pas avoir compris et avoir fermé les yeux sur des comportements déraisonnables, pour avoir toléré l’intolérable et pour avoir, à mon niveau, abusé de toi.

 

Et puisque te demander pardon est une requête, j’aimerais, en échange, te remercier. Pas pour te forcer la main, mais parce que tu m’as donné et me donnes tellement chaque jour depuis toutes ces années. Merci pour toutes ces plantes merveilleuses qui illuminent mon quotidien (malgré mes allergies — on dira ce que tu veux, tu as le sens de l’ironie), pour tous ces animaux qui te peuplent et dont j’essaie de prendre soin à mon échelle. Pour tous tes levers de soleil, tes couchers de soleil, tes grains de sable, tes champs, tes océans, ton soleil, tes montagnes enneigées, tes légumes, tes fruits, tes naissances, tes miracles, tes pluies torrentielles, tes orages, tes forêts, tes rencontres. Merci de m’offrir la chance d’être, de respirer, de vivre et de faire mes propres choix pour vivre en harmonie avec ce et ceux qui m’entourent.

 

Ma chère planète, je sais que tu es en colère, et je ne peux que le comprendre. Mais si tu as la force de me pardonner, alors merci. Et que tu le fasses ou non, je te promets que je continuerai à faire de chacune de mes décisions, des décisions altruistes, prises pour le bien de tous ceux qui t’habitent.

 

Bien à toi

 

F.

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La peur : l’Enfer ce n’est pas les autres

 

Dans l’un des derniers articles, je vous parlais du fait de se jeter à l’eau, de prendre les devants et de ne pas y réfléchir à deux fois avant de se lancer. Mais comment ça se passe quand on a peur ?

Je parle de la peur, la vraie. Pas celle qui nous fait un peu hésiter, mais celle qui nous fait nous sentir en danger ? Celle qui nous paralyse, nous empêche de réfléchir et de prendre une décision rationnelle. Celle qui nous fait douter, du moment, de tout, de nous, celle qui nous fait prendre conscience que l’on trouve toujours quelque chose qui nous effraiera quelque part dans le monde.

Laissez-moi vous raconter une histoire.

J’ai fait de la plongée sous-marine pour la première fois. Un truc commun pour certain, quelque chose d’assez spécial pour moi. J’adore l’eau, je suis très souvent dedans, avec une planche de surf ou pas, et j’ai assez de tatouages de mammifères marins pour organiser des safari boat. Mais respirer sous l’eau quand on a un poumon qui n’en mène pas large (en mener large, l’eau; tu l’as ?), c’est plus compliqué que cela n’y paraît. Après les quelques infos théoriques, un essai dans une piscine pour apprendre les bases et se familiariser avec le matériel, environ 9938272 tentatives pour me mettre assez de poids sur ma ceinture lestée et me faire tenir sous l’eau (c’est comme ça que j’ai appris que certaines personnes avaient du mal à se lester malgré les poids — surtout ne JAMAIS rien faire comme tout le monde, c’est important), c’est dans le grand bain que ça se passe.

Une fois le matériel porté (environ 20 kilos sur les épaules et 10 kilos autour de la ceinture ; toujours agréable pour se déplacer), j’ai donc dû aller dans l’océan pour faire ma première plongée. Et au moment de se lancer, quelques secondes après être immergée, une panique. Mais pas la panique qui fait te poser des questions avec des phrases bien formulées dans ta tête du type :

— Suis-je certain de vouloir vendre des actions bancaires à des personnes riches et par conséquent les aider à s’enrichir davantage alors que des dizaines de pays et populations se meurent sous mes yeux ? Diantre.

Non, non. La panique qui te fait dire que tu vas mourir, ici, tout de suite, au milieu de l’océan, et que ta dernière tenue ne sera pas celle qui te met le plus à ton avantage.

Je suis remontée en faisant signe à l’un des dire masters (surement pas le bon signe vu que dans ta tête c’est plutôt « EYIZIZOZ DHUZ AGGGHHH » que « alors le pouce ça ne veut pas dire « super » mais « on remonte «  » ) et quand il m’a demandée ce qui n’allait pas, j’ai sorti ces quelques mots qui résonnent encore dans ma tête tellement ils m’ont étonné quand je les ai entendus « Je ne crois pas que j’en sois capable ».

Je ne crois pas que j’en sois capable.

Merde.

 

On fait comment quand la peur prendre le pas sur la confiance ? Quand notre cerveau n’a pas les mots pour motiver notre corps ? Quand notre niveau de peur est bien plus élevé que toutes nos autres jauges qui constituent notre personnalité ?

Mon dive master a ensuite enchaîné sur l’un des meilleurs pep talks que j’ai entendus de ma vie. Il était à lui tout seul un coach de NBA dans un film américain, mon entraîneur de boxe et un mec haut placé dans l’armée dans un film catastrophe. Genre celui qui a toujours les yeux plissés et qui regarde l’horizon avant de sortir une punchline de folie :

— You don’t turn your back on your family. Even when they do.

Ouais je cite Vin Diesel dans Fast&Furious, qu’est-ce que tu vas faire ?

Au début, j’avais envie de lui foutre mon poing dans la face parce qu’après son speech, j’ai vite compris que j’allais devoir plonger coûte que coûte. Mais je ne l’ai pas fait. Enfin j’ai plongé, mais je ne lui ai pas mis mon poing dans la face. Déjà parce que ça ne se fait pas. Aussi parce que j’étais au milieu de l’océan avec trente kilos de matériel sur les épaules et que clairement s’il y avait l’un de deux qui allait s’en sortir ça n’allait pas être moi. Et ensuite parce qu’il faisait environ cent kilos (matériel non inclus) et que mes entraîneurs de boxe m’ont toujours dit de ne pas m’attaquer à plus lourd que moi si l’environnement n’est pas en ma faveur.

Bon okay, et aussi parce qu’il était canon.

On s’est regardés à travers nos masques — moi je ne voyais rien parce qu’évidemment je l’avais mal mis, et que, la buée qui s’était formée à force de respirer comme une asthmatique, combinée à ma myopie ne me permettaient pas de voir grand-chose — j’ai réajusté mon masque, j’ai pris la main de mon dive master telle une enfant de 8 ans, et j’ai plongé.

Et croyez-moi les gars, j’étais pas au max de la confiance, mais il était hors de question que je remonte une seconde fois à la surface. Alors j’ai nagé, en regardant ce qu’il se passait autour de moi, le dive master m’a fait un câlin sous l’eau, j’ai eu envie de lui remettre mon poing dans la face parce que j’ai failli perdre mon régulateur d’oxygène au passage, mais j’ai continué de nager et de regarder les poissons, les étoiles de mer, en pensant le moins possible au fait que je n’étais pas dans mon environnement naturel d’humain. Et quand j’ai terminé ma plongée, je suis remontée à la surface, et je me suis laissée flotter en pensant à Sartre. Parce qu’en 2020, on critique beaucoup les gens, on se protège, on bitch pour se sentir accepté dans un groupe, on joue la carte du cynisme pour être perçu comme quelqu’un de cool, mais on ne réalise que trop rarement que l’enfer, ce n’est pas les autres. Et que parfois, sans les autres, on ne pourrait pas aller de l’avant. On ne pourrait pas relever la tête, plonger, réaliser nos erreurs, réaliser qu’on ne devrait pas, que l’on devrait carrément, ou que l’on est capable de faire quelque chose dont on ne se sent pas capable au fond de nous.

Alors J.P. désolée de te contredire, mais selon moi, l’enfer, c’est loin d’être (toujours) les autres.

 

 

 

 

 

 

 

 

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TIA

 

 

Last time, I was at the tattoo shop, because.. well you know, because some people bring back gifts from their travels, I’d rather bring something lighter since I travel with only carry-on luggage.

Anyway, I was at the tattoo shop, and one of the tattoo guys ended his story with a « TIA ». Between two « Jeeeeeezzzzz » et three « for fuck sake » because of the pain — and because you all know, swearing is one of my favorite things to do — I asked him what « TIA » meant.

TIA: This Is Africa. Three little letters to explain the entire way of life of a huge continent with many countries, each very different from the one next to it. I thought it was both enough to explain the particularity of the Great Africa, and in the meantime not even close to it. So I started gathering those things that make Africa…Africa.

I’m born in a country where there are rules everywhere, making any little daily thing complicated, even if it was not supposed to be. Waiting is omnipresent, queuing is a national sport, being nice is seen as a sign of weakness, the less you do the better it is and if you are caught doing something differently than everybody else, you become the official weirdo.

That being said, France also has great things — François Civil – the teeny tiny village of Saou in Drôme, or even Roland Garros (the tournament, not the guy. Even though I’m sure he was a lovely human being)  — but that’s not the purpose of this article.

Since I haven’t been to each and every country constituting Africa, it will apply to the ones I visited or lived in for a bit.

 

When you set up a time to meet, nobody get there on time, but everybody knows that’s very ok not to

Walking barefoot is not tolerate, it’s just normal

Seeing a guy on a skateboard with a surfboard stuck under his arm

Having a sandy bed

Charging your laptop or your Smartphone anytime you can since you don’t know when the power is gonna be off again

Having sandy hair

Living in your bathing suit

Having a sandy backpack

Having your wardrobe making you look like you’re being sponsored by Billabong

Feeling weird while driving before realizing you’re on an actually decent road and not used to it at all

Asking how everybody is doing every time you see someone

Ending up talking about the World Cup even if it was in a total random way, not related at all to the topic of the convo

Knowing which places have a generator when you wanna lunch out. Just in case.

The smell of wax everywhere you go

Making braai a religion

Saying hi to people you don’t know

Smiling. Just because someone else does

Ordering food you’ll wait for ages and be happy about it because you don’t have anywhere else to be.

Advertising prints bleached by the sun after being on the side of the road for way too many years

 

 

If you don’t get some of these things, no worries; TIA.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Just do it

 

J’ai longtemps aimé Nike, qui est d’ailleurs l’une des marques qui m’a décidée à me lancer dans la publicité il y a bientôt dix ans. Les pubs bien ficelées, réalisées par des personnes talentueuses qui te donnaient envie de lâcher ta boîte de Pringles et devenir joueur de NBA pro en l’espace de trente secondes.

 

En fait, la pub qui m’a donnée envie d’être conceptrice rédactrice, c’était une pub pour Xbox. On y voyait la naissance d’un bébé qui était catapulté à travers la fenêtre de l’hôpital et qui s’envolait vers le ciel. En quelques secondes et à travers un voyage dans le ciel d’une trentaine de secondes, le bébé passait de l’âge d’un nouveau-né, à celui d’un enfant, puis d’un ado, d’un adulte, d’un vieillard, avant d’atterrir dans une tombe pré-creusée. La signature ; Life is short, play more, Xbox. On pourrait croire à une digression, mais je vous jure que cela se recoupe à un moment.

 

Je regardais les pubs de Nike en me disant que cette signature « Just do it », si simple, et pourtant si bien-pensée, était la signature des vainqueurs. De ceux qui font les choses, qui se lancent, qui n’ont pas peur de se tromper, parce que même s’ils se trompent, ils seront assez forts pour se relever. A 30 ans passés, je ne consomme (presque) plus Nike pour des raisons éthiques, mais continue de rester admirative des pubs que la marque sort via sa talentueuse agence new-yorkaise Wieden&Kennedy.

 

La vie, c’est ce que l’on en fait, et pour avoir la force de reposer sa boîte de Pringles et de se bouger, le secret, c’est juste… de la faire. Avant de prendre une décision et d’accepter quelque chose, du plus petit diner au restaurant alors qu’on a la flemme, à un saut en parachute, je me demande si le fait d’accepter met en péril ma vie. Si ce n’est pas (trop) le cas ; j’accepte. A part si je n’en ai pas envie. Mais j’ai décidé il y a quelques temps de ne plus refuser par peur. Je ne donne pas de conseils ici, j’explique simplement comment je fonctionne afin de vivre ma vie comme j’ai toujours eu envie de la vivre. Et cela ne m’empêche en rien de continuer de manger des Pringles quand j’en ai envie. Parce que Pringle salt&vinegar, toi-même tu sais.

 

Alors just do it?

Yes, just do it.

 

Proposez un date à ce mec qui vous plaît

Partez seul.e loin, sans savoir ce que vous allez y trouver

Sautez dans le vide

Lâchez votre job

Dites merde

Dites non

Dites oui

Apprenez une nouvelle langue

Partez sur un coup de tête

Restez sur un coup de tête

Partez sans savoir pourquoi

Ne restez pas si vous ne savez pas pourquoi vous le faites

Laissez votre bébé à vos beaux-parents pour… ne rien faire

Rentrez dans ce boui-boui

Rappelez cette ami.e perdu.e de vue pour une raison dont vous n’arrivez pas à vous souvenir

Essayez ce plat bizarre que vous n’arrivez pas à prononcer

Partez dans un pays que vous n’arrivez pas à placer sur un globe

Dites « je t’aime » quand vous avez envie de le dire

Ne dites plus je t’aime par politesse

Plongez sans connaître la température de l’eau

Essayez ce cocktail chelou sur la carte

Ne rentrez pas dans les cases si elles vous semblent peu adaptées à la morphologie de votre esprit. Ou à votre morphologie tout court.

Faites-le quand on vous dit de ne pas le faire

Ne le faites pas sous prétexte que tout le monde le fait

Si le lundi vous angoisse, faites de votre vie un jeudi permanent

 

C’est vrai que la vie est courte. Vivons-la.

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La phase d’adaptation

 

Je déteste les phases d’adaptation. Sortir de sa zone de confort ; okay. Découvrir de nouvelles choses ; okay. Rencontrer de nouvelles personnes ; okay.

Mais les phases d’adaptation, elles, sont toujours des périodes pendant lesquelles j’ai l’impression que rien ne va.

Cela me fait penser aux premières heures de surf. On boit des litres d’eau salée, on a de la crème solaire dans les yeux, il y a plus de noeuds dans nos cheveux que dans nos écouteurs et alors que la journée se termine et que l’on croit avoir passé le pire, on découvre les traces horribles de combinaison et les courbatures de muscles endormis depuis des années.

Alors on se sent arnaqué.e. Nous, on voulait faire du surf ; ce sport sexy qui sent le monoi, grâce auquel on aura la peau caramel et les cheveux ondulés naturellement.

Et au final, on marche comme un acteur d’un Western Spaghetti, on a le nez de Coluche et l’équivalent de 18L d’eau salée dans les nasaux.

Les phases d’adaptation sont des sortes de purges ; on rejette tout ce que l’on était avant, tout ce que l’on pensait savoir, pour s’adapter à notre nouvel environnement. Et pour pouvoir s’adapter, il faut le mériter. Et ce qui est incroyable avec les phases d’adaptation, c’est que l’on oublie à quel point elles peuvent être dures. Quand on se souvient des mois passés à s’occuper des animaux à l’autre bout du monde, on pense au bronzage, à la silhouette obtenue par le travail quotidien, aux cocktails sur la plage, aux câlins des animaux, aux personnes incroyables rencontrées. Mais l’on oublie les coups de soleil des premiers jours, les courbatures de la première semaine, les coupures, les morsures, les griffures, la solitude, les difficultés de se déplacer sans transports, la misère, les problèmes d’électricité, les heures à suer en portant des charges de plus de dix kilos, à la fatigue chronique.

 

Quand on est installé dans son appartement bien décoré et rangé à la perfection, on ne pense pas à ces jours où l’on dînait sur un carton, où l’on n’avait pas encore sa Freebox, où le frigo n’était pas branché parce qu’il ne faisait finalement pas les bonnes dimensions, au lit qui nous servait de bureau / chaise / canapé / table à manger une fois que le carton finissait par lâcher. Parce que oui, il finira par lâcher.

 

Quand on finit sa première course, on se sent invincible, on est empli.e de fierté, on se dit que l’on peut tout faire. Mais l’on oublie l’espace d’un instant les pâtes complètes englouties au saut du lit, des les centaines de cloques aux pieds, les tétons endoloris, les sessions sous la pluie, sous la neige, sous le vent (coucou Garou), sous 40°c. Les anniversaires / soirées / pots de départ ratés, les réveils à 6h du matin même le dimanche, les chutes quand on est trop fatigué.e pour lever les jambes.

 

Quand on remporte son premier combat, on a envie de hurler, de pleurer, d’embrasser l’arbitre, on se dire que le prochain champion, c’est nous. Que l’on va parcourir le monde entier pour combattre et asseoir sa position. Mais l’on oublie les entraînements à prendre des coups, les coups de mou à pleurer à l’abri des regards, les pommettes, côtes et arcades cassées. Les moments où l’on est malade après l’entraînement tellement on est vidé.e de ses forces. Les regards lourds de sens quand on est dans une salle masculine mais que l’on veut rester et assumer son choix.

 

Les phases d’adaptation sont dures. Elles sont cruelles, et parfois moches. Mais sans elles, les moments de bonheur n’auraient pas ce goût si doux. Se lever de sa planche ne procurerait pas cette sensation si incroyable si l’on avait pas bouffé autant d’algues les jours précédents. Mais n’oublions pas ces jours précédents. Ne les détestons pas. Apprenons à nous en souvenir.

 

La première fois que j’ai couru une vraie course, c’étaient les 20 kilomètres de Paris. Il a grêlé pendant toute la course, j’avais envie de mourir, je m’étais promis de courir cette course parce que je sortais d’une semaine d’hôpital et que j’avais besoin d’un but. Et quand j’ai voulu marcher au 19ème kilomètre, un mec que je n’avais jamais vu de ma vie est passé en courant à côté de moi et m’a dit « NON, PAS MAINTENANT ». Je suis repartie direct, j’ai fini les 20 kilomètres, sous la grêle, et en passant la ligne d’arrivée, j’ai ressenti une telle joie de ne pas avoir marché que j’avais envie de partager ça avec cette personne. Mais dans la foule, impossible de le retrouver.

 

Mais il n’y a pas toujours quelqu’un pour nous crier « NON, PAS MAINTENANT ». Alors soyez cette petite voix, soyez VOTRE petite voix, et même si c’est parfois dur, même si l’on a envie d’abandonner, que l’on a envie de rallumer une cigarette, de retourner à la maison via le premier avion, de noyer le dry January à coup de shots, d’arrêter de chercher la table basse que l’on veut et de garder ce carton, de ne faire que la moitié du tatouage, de passer au body board, de chercher un job facile qui ne nous plaît pas, d’abandonner l’entraînement et de manger des Pringles en regardant Netflix ; il ne faut pas oublier que derrière cette putain de phase d’adaptation, il y a la fierté, et le bonheur.

 

Alors « NON, PAS MAINTENANT ».

 

Love

 

 

 

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L’analogie du parapluie

Ce matin en marchant sous la pluie parce qu’il n’y avait toujours pas de métros corrects — pour la sixième semaine consécutive — j’ai dû, comme à chaque fois que la pluie s’abat sur Paris, éviter des centaines de parapluie.

On peut reprocher beaucoup de choses à la capitale, mais l’une des choses que l’on ne peut pas lui enlever, c’est qu’en y vivant, on développe des réflexes de ninja. En fait, ce n’est pas vraiment par choix, plutôt par survie. Ceux qui s’arrêtent au milieu de la rue, ne regardent pas les vélos en traversant alors que des voitures sont à l’arrêt, ratent une marche, regardent leur téléphone en descendant les escaliers alors qu’ils ne maîtrisent pas le multitasking, et tous les autres qui ne savent pas éviter les cigarettes jetées par des personnes ivres sur des bouts de trottoir, ont vite déchanté et sont retournées vivre dans des villes qui ne tentent pas de vous tuer à chaque fois que vous clignez des yeux.

 

J’étais donc sur un trottoir trop étroit en train d’opérer la danse parisienne classique qui consiste à éviter les coups d’épaules et les totes bags pointus, auxquels s’ajoutaient ces parapluies par centaines, quand j’ai eu une épiphanie : les parapluies sont le parfait exemple de ce qui ne va pas dans notre société, et ce pourquoi on court à notre perte si l’on ne change pas notre façon de penser.

 

Ah oui si vous vouliez un article léger qui parle de micro-pénis et d’oeufs au plat, ce n’est pas pour aujourd’hui. Mais restez on va rire vous allez voir.

 

Alors, pourquoi les parapluies illustrent-ils ce qui ne va pas dans notre société ? C’est assez simple. Les parapluies sont utilisés lorsque l’on souhaite se protéger de la pluie. La majorité des gens en a, dès qu’il pleut trois gouttes, tout le monde recherche son parapluie vieux de dix ans avec la moitié des fourchettes (les petits trucs en métal qui permettent de plier le parapluie) (si ça s’appelle comme ça j’ai vérifié) qui est cassée, et la majorité des baleines (les grands trucs en métal qui tiennent la toile) (oui j’ai vérifié aussi) qui se fait la malle, et sur lequel est noté un nom délavé de marque, de nom d’agence, ou d’un truc que l’on ne connaît même pas, parce que avouons-le nous ; personne ne sait d’où vient son parapluie. Pourquoi ça ? Parce que PERSONNE n’achète de parapluie, mais tout le monde les pique. Si si, je le sais, vous le savez et le pote qui a laissé son parapluie chez vous il y a huit ans le sait (Pierrot si tu nous lis, ton parapluie noir est en sécurité).

 

On prend un parapluie quand il pleut, et on le sait, ce truc gêne  tout le monde. C’est encombrant, pas pratique, et les trottoirs deviennent des lieux de combats sans règles ni lois quand il s’agit de passer à deux personnes munies de parapluie sur un trottoir d’un mètre de large. Mais l’on continue d’en prendre un, sans se soucier du confort commun, alors que l’on pourrait mettre une veste avec une capuche pour ne pas prendre l’eau — ou faire comme moi et être en pull même lorsqu’il pleut, et avoir l’air de sortir d’une machine à laver un jour sur deux, et s’en foutre totalement — et par conséquent, ne pas gêner autrui.

 

Mais, pour le look, pour la classe, pour ne pas avoir à changer de veste alors que ça ne va pas avec notre pantalon, les gens optent pour cet instrument de l’enfer et décident que leur confort à eux, vaut bien l’inconfort des autres.

 

Et, est-ce que ce n’est pas là l’un des problèmes majeurs de notre société actuelle ? Privilégier notre confort individuel plutôt que de voir plus global, plus loin, et devoir sacrifier des choses que l’on pensait nous être dues ?

 

C’est vrai ça, pourquoi est-ce que l’on devrait limiter nos déplacements en avion ? Pour minimiser les émissions de gaz à effet de serre ? Non mais attendez, on les a méritées ces vacances quand-même !

 

Pourquoi arrêter de manger de la viande ou limiter notre consommation ? Par conscience que les animaux sont des êtres dotés de sensibilité qui agonisent toute leur vie dans le seul but de se faire manger par hédonisme des Hommes ? Non mais on ne va pas arrêter de manger du foie gras, c’est trop bon ! Puis c’est Noël !

 

Comment ça on devrait faire davantage attention aux marques que l’on consomme ? Oui bah on ne va pas acheter des pantalons à 250€ quand on peut en avoir un à 8€, non ? Attends, si l’on ne peut même plus faire les soldes et faire de super affaires, c’est nul non ?

 

Trier ses déchets ? Il faut deux poubelles, ça prend de la place.

Voter ? On est dimanche, la flemme.

Faire ses courses en vrac ? C’est chronophage.

Acheter moins ? Mais j’ai le droit de dépenser mon argent ! C’est MON argent.

Donner mon temps aux plus démunis ? Mais je n’ai même pas le temps d’aller à la salle de sport !

Passer vegan ? Mais je viens juste de passer veggie !

Arrêter Uber ? Mais y’a pas de transports !

Ne pas jeter mes cigarettes par terre ? Mais ils nettoient les rues !

Arrêter le sopalin et passer aux chiffons en microfibres ? Mais c’est vachement moins pratique !

Arrêter de consommer de l’huile de palme pour ne lutter contre la déforestation et la disparition des orangs-outan ? Ah ouais mais les Kinder Bueno c’est trop bon !

Là, à ce niveau de l’article, vous êtes normalement un peu énervés. Parce que je tape où ça fait mal. Ces comportements, je les ai entendus, de la part de personnes bien, de personnes concernées, mais qui ont vécu dans des modèles où l’on nous mettait nous en premier. Où la facilité primait, et où les comportements individuels étaient considérés comme normaux, comme totalement acceptables. Quitte à ne pas considérer l’autre.

 

Ces comportement-là, je les ai vécus, et moi la première, j’ai des façons de faire qui sont encore totalement ancrées dans ce modèle individuel. Je prends beaucoup beaucoup beaucoup trop l’avion, je prends parfois des cafés à emporter dans des cups en cartons plastifié, je consomme du fromage, je n’achète pas tout en vrac et je consomme des produits importés. Et encore des dizaines d’autres choses que je fais parce que c’est plus facile, que je n’ai pas envie de changer mes habitudes, que ça nécessiterait que je m’informe davantage sur les substituts, sur les solutions envisageables, mais que je décide de ne pas changer. Par hédonisme, par égoïsme.

 

Le but ici n’est pas de faire un concentré de toutes les vidéos / articles / conférences / TEDs que l’on consomme tous les jours. Ni de dire que personne ne fait assez. Mais plutôt de souligner le fait que, lorsque l’on prend une décision, nous ne sommes plus les seuls impactés. Et désormais, on le sait. On ne peut plus se cacher derrière notre ignorance, ou le fait que les catastrophes sont encore loin. C’est en train d’arriver, on a déjà foiré le futur, on a déjà foiré l’avenir de la planète. Nous et les générations bien avant nous. Mais on peut changer notre façon de penser, mettre de côté la recherche hédoniste perpétuelle, et se dire que nos efforts serviront les autres, nous serviront à tous, et ne condamneront pas les plus faibles. Parce que ce sont les plus faibles, les moins protégés, les moins riches, ceux qui n’ont pas la parole, qui partiront en premier. Ne soyons pas ceux qui s’en foutent et qui mangent du foie gras en regardant les news. Qui s’indignent devant la catastrophe qui arrive aux Australiens mais qui ne changent rien à leurs habitudes. Ne soyons pas ces gens-là.

 

Tout ça pour vous dire quoi au final ? Ah oui ; mettez des capuches.

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3h42

Il y a quelques jours, j’ai fait une insomnie alors que je dormais chez ma grande sœur. Entre 3h42 et 6h du matin, impossible de fermer l’œil. Et évidemment, plus j’essayais de dormir, plus je me retournais dans tous les sens en faisant la liste des choses sur lesquelles je m’interrogeais. Et croyez-moi, je me suis posé un paquet de questions et ai pensé à tout un tas de choses.

 

Est-ce que je vais réussir à me rendormir un jour ?

Où est-ce que je vais pouvoir imprimer mes papiers freebox à retourner maintenant que je ne suis plus à l’agence ?

Qui a encore une imprimante perso en 2019 ?

Est ce que j’ai déjà eu une imprimante qui fonctionnait un jour ?

Est-ce que le mec qui crée les imprimantes fait exprès de ne les faire marcher qu’une fois sur 2728 les soirs de pleine lune et les jours impairs ?

Comment j’en étais arrivée au fait que parrot et pirate de ressemblent de dingue niveau sonorités et sont dans le même champ lexical anglais, lors de ma dernière insomnie ?

Est ce que les gens qui ne dorment pas en sont arrivés à cette même conclusion ?

Je vais demander aux gens connectés sur Facebook. Ah non la lumière bleue réveille encore plus m’a-t-on dit.

(cherche sur google) « Est-ce que la lumière bleue empêche de dormir ? »

Qui n’a pas répondu à mes messages ?

Et moi, à qui j’ai oublié de répondre ?

Combien de degrés fait-il dans les endroits du monde que j’aime ?

Est-ce que l’Afrique du Sud a vu une différence depuis que le pays a gagné la coupe du monde de rugby ?

Comment s’appelait le mec canon auquel j’avais parlé pendant Afrique du Sud – Nouvelle Zélande ?

Où est le luminaire que ma sœur avait mis dans le salon il y a quelques années ?

Est-ce que j’ai bien mis tous les papiers importants dans le même carton de déménagement ?

Est-ce que j’ai pris le bon adaptateur dans mon sac de rando ?

Mike. Il s’appelait Mike.

Qu’est ce que ça veut vraiment dire “poids de forme” ?

Je n’arrive pas à savoir quel est mon personnage préféré dans Big Little Lies entre Nicole Kidman et Zoe Kravitz

Attends mais Zoe Kravitz c’est la femme de Lenny Kravitz ou sa fille ?

C’est quoi déjà la technique de méditation qui te fait t’endormir en une minute ?

Pourquoi au yoga je finis toujours par siester alors que là je peux sentir mon cerveau qui s’illumine comme une petite guirlande de Noël à force de se poser des questions ?

J’ai envie d’écouter du Chilly Gonzales.

Est-ce que Chilly Gonzales est forcément malheureux pour être aussi talentueux ?

Est-ce que tous les écrivains talentueux sont brisés ?

Haruki Murakami n’a pas l’air malheureux. Je me demande ce que je lui dirais si un jour je le rencontrais. J’aimerais bien courir avec lui, il ne parle pas quand il court, ça doit être agréable. Juste courir, chacun dans ses pensées. On irait boire un thé après, ce serait cool.

Ahhhhh, je crois que l’exercice de méditation c’est : huit grandes inspirations….on bloque sur quatre temps, et on expire sur sept temps. Ou peut-être que c’est : sept grandes inspirations…on bloque sur cinq temps, et on expire sur huit temps. Sept grandes inspirations, on bloque sur quatre temps, et on expi…

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enter your password

Alors que j’essayais de me souvenir de mon mot de passe Apple — sérieusement je n’en peux plus, je l’ai changé 282929109 fois, le note à chaque fois dans 4 Moleskine, 3 notes iPhone, je l’envoie sur 2 boites mail différentes, et je continue pourtant de le réinitialiser tous les trois mois — je me suis mise à penser aux mots de passe. Pas les mots de passe classique type “password” ou “password123” (ça va l’imagination sinon ?), mais les mots de passe de la vie. Vous avez ces messages codés que l’on doit déchiffrer, seul.e ou à plusieurs.

Les “c’est pas grave” qui le sont en fait, les “pas de soucis” qui induisent un “comment tu vas me le payer”, les silences qui en disent long, les “ok.”.

Ils agacent tellement ceux-là bordel.

Les messages passifs agressifs qui font l’effet d’un coup de poignard, les doubles négations auxquelles on ne sait jamais quoi répondre, les comproches (compliments + reproches) (je l’ai déposé à l’INPI n’essaie même pas de me le piquer). J’ai envie de faire une liste non exhaustive. Bon allez, je la fais, mais c’est bien parce que c’est vous.

Les messages blanc noir

Alors ceux-là, ils sont super faciles. L’idée, c’est que le message est le contraire de ce que je pense vraiment la personne. Pas compliqué, si l’on reçoit un “oui oui je comprends”, ça veut dire en réalité “non je ne comprends pas, tu abuses totalement, on en avait parlé il y a trois mois, tu m’avais dit oui, là ton excuse ne tient pas debout, et le fait que tu ne voies même pas le souci me montre à quel point tu es égoïste”.

Oui, c’est plus long que le message initial, mais ça fonctionne quand-même.

En fait le plus compliqué dans ce type de messages, c’est de les détecter.

Les messages comproches

Cette catégorie est vraiment vicelarde. Parce qu’au début, si le comproche est bien fait, on peut vraiment avoir le deuxième effet kiss cool alors que l’on ne s’y attend pas du tout. Genre pas du tout. Du tout.

Ça commence en général avec un joli compliment qui nous donne la sensation d’être une personne incroyable. Alors évidemment, on prend. On écoute le compliment — ou on le lit, chacun son médium — et on se dit que c’est vrai après tout, on est une personne géniale. Et, alors que l’on ne s’y attend pas, débarque le reproche, mais d’une façon si brutale que ça nous ferait presque recracher notre Spritz par le nez.

Les doubles négation 

Ce n’est pas comme si ce n’était pas compliqué, si ?

What the.. Donc c’est compl.. Non donc ce n’est pas compli… à chaque fois que je reçois un message comme ça et que j’hésite pendant 12 minutes à me fendre d’un “de ouf” ou d’un “bah pas du tout”, j’ai l’impression de jouer ma vie. Bescherelle dans une main — oui, j’ai un Bescherelle — Google dans l’autre, j’ai fini par trouver l’astuce. Un petit “sure” avec un accent US bien placé, et je suis certaine que mon interlocuteur sera satisfait.

Les mots-points.

Bon, classique du genre, ceux-ci sont bien connus de tous, et même si leur antériorité pourrait laisser croire que l’on se lasserait d’eux un jour, pas du tout ! Ils sont toujours super efficaces, acerbes, et annoncent bien la couleur.

“On se voit ce soir comme prévu baby ?”

“Ah mais non finalement je vois Max et Raph pour aller boire des coups.”

“Ok.”

Laisse-moi te dire “baby”, tu vas prendre cher.

Soit dit en passant, cela marche avec tous les mots, mais plus ils sont courts, plus la personne est énervée.

Les “ooops, mauvaise fenêtre”

Allez, alleeeeeez, fais pas genre, tu l’as déjà fait. Si si, tu viens de rencontrer un mec, vous vous parlez sur IG, Facebook, ou ce que tu veux, et tu veux lui lâcher une info sans paraître needy, donc tu joues la carte de la mauvaise fenêtre.

“oui les zouzs je serai au Rosa à 20h comme prévu ! Trop contente ! Je prends du rosé”

Genre ça, t’as pas fait exprès de l’envoyer à Roger ? Hein ? C’était pas une feinte pour annoncer où tu te trouverais, et soule qui plus est ? Arrête, je te connais.

Bien à vous, et du “cliquez ici si vous avez oublié votre mot de passe ou votre identifiant”

PS : J’ai retrouvé mon mot de passe

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ça m’agace

Il y a des choses qui me rendent dingue. Et il y en a d’autres, qui m’agacent. Vous savez, toutes ces petites choses vraiment pas graves mais qui me font lever les yeux au ciel et soupirer assez fort pour que le voisin m’entende.

Quand le noyau de l’avocat tombe par terre parce qu’il est glissant et qu’il m’échappe des mains, laissant plein de petits éclats verts sur le sol de la cuisine

 

Quand j’achète des élastiques à cheveux qui sont en fait beaucoup trop petits mais que je ne le réalise que lorsque j’en essaie un une fois chez moi

 

Quand je me cogne contre ma plante suspendue dans mon appartement. Elle est là, au même endroit depuis presque 5 ans, et je continue d’être surprise de la trouver au-dessus de ma tête quand je me relève de mon fauteuil.

 

Quand je me laisse un bout de gâteau au frigo pour plus tard, que je lutte pour ne pas le manger en entier et me faire plaisir à un autre moment, que je l’oublie et n’y repense que lorsqu’il n’est plus bon.

 

Quand quelqu’un met son doigt sur mes verres de lunettes pour les poser à un autre endroit et que j’ai les empreintes digitales de quelqu’un au milieu de mes yeux qui n’y voient déjà pas grand chose.

 

Quand je précise que si le vin blanc est même un tout petit peu sucré je ne vais pas aimer, que l’on me dit que ce n’est pas sucré et qu’il l’est en fait, m’obligeant à boire un vin qui pour moi est liquoreux parce que je n’ose pas le dire au serveur.

 

Quand on me dit “pas de soucis je m’en occupe” et que la personne ne s’en occupe pas du tout.

 

Quand je reçois un avis de passage du livreur avec écrit “non localisé” alors que j’ai passé la journée à télétravailler à la maison et que par conséquent, j’étais très facilement localisable.

 

Quand un restaurant me dit “on ne prend pas les réservations mais passez vous aurez de la place”. Que je passe. Qu’il n’y a pas du tout de place.

 

Quand l’ophtalmo ne me dit rien quand je lui demande si “c’est un B non ? Ou un D ? Ah non un O” et qu’il se contente de changer de slide projetée en mettant un police beaucoup plus grande. “Bon bah là c’est un A, au moins y’a pas de doute”.

 

Quand je vais à un rendez-vous, que la personne est en retard et qu’elle ne s’excuse pas en arrivant.

 

Quand je dis Tinder au lieu de Linkedin. Franchement je suis sûre que l’on peut trouver un job via Tinder et un mec sur Linkedin.

 

Quand quelqu’un commence sa phrase par “Mais t’as pas peur que…” en exprimant l’une de ses peurs, me projetant l’une de ses angoisses à laquelle je n’avais jamais pensé et qui reste un peu ancré dans mes oreilles alors que je ne l’avais même pas considérée avant quelques secondes.

 

Quand je parle avec quelqu’un qui est fier de ne rien avoir à faire de l’environnement “parce que de toute façon d’ici là on sera mort”. Si c’est le cas j’espère que tu seras de ceux qui ne partiront pas dans les derniers.

 

Quand les gens crient.

 

Quand quelqu’un me balance un énorme secret avant même que j’ai dit si oui ou non je voulais bien être au courant du secret.

 

Quand on me dit “tu vas adorer”, et que je n’adore pas du tout.

 

Quand une personne négocie de façon totalement lunaire sur Vinted. “Je te les prends à 8€ au lieu de 60€ ça te va ?”

“Bah.. non.”

 

Quand je vois les lumières allumées de l’immeuble en face du mien alors que je sais que plus personne n’y travaille à cette heure-ci.

 

Quand la personne devant moi ne me tient pas la porte du tourniquet dans le métro.

 

Quand j’oublie que j’ai mis du mascara et que je me gratte les yeux avant de retrouver une tête de panda dans le miroir.

 

Quand un serveur prend notre commande, que je m’imagine toute une histoire d’amour avec le plat que je viens de commander et qu’il revient pour me dire qu’en fait il n’y en a plus.

 

Quand j’écris un article sur les petites choses qui m’agacent et que le voisin d’à côté se met à utiliser sa perceuse.

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les projections

— Bah non, mais il est chié quand même de réagir comme ça non ?

— Tu aurais voulu qu’il réagisse comment ?

 

Notre copine, notre mec, nos parents, notre boss, notre plan cul, le mec qui ne s’est pas levé dans le métro, la vieille dame qui nous a doublée au Monop’ ; on trouve toujours à redire sur les comportements de beaucoup de personnes au quotidien. Parce que le fait qu’une tierce personne ne réagisse pas comme on l’aurait souhaité ; ça nous agace. Et au cas où l’on n’aurait pas compris que les gens réagissent comme EUX l’entendent, et qu’on n’y peut pas grand chose, on se sent le besoin de débattre autour de cette réaction, et éventuellement de celle que l’on aurait aimé voir. Et les projections, c’est un peu comme un deuil, ou une rupture amoureuse ; il y a des étapes par lesquelles on passe. Qu’elles durent chacune plusieurs jours, ou seulement quelques secondes, l’être humain a besoin de passer par plusieurs phases qui englobent des sentiments bien définis, avant de digérer l’événement.

 

L’ATTENTE

Une situation, une conversation, un événement, sont autant de situations qui peuvent engendrer une “attente” de notre part. On estime qu’une personne se doit d’avoir une réaction suite à ce qu’on lui a dit / ce que l’on a fait / le travail que l’on a fourni. On est persuadé que quelque chose va se produire de la part de cette personne, c’est une évidence, seulement une question de temps, et l’on ne voit pas, même pas une seule seconde, les choses se dérouler autrement.

 

Exemples *

 

*J’utilise ici des exemples avec un “je” qui n’est pas “mon je”. C’est fictif. Imaginez si j’avais tous ces problèmes en même temps, franchement ce ne serait pas une vie. Et je claquerai mon budget voyage annuel en budget psy hebdomadaire.

 

Exemple 1 : Je fournis un rapport budgétaire archi détaillé à ma boss, je lui envoie en temps et en heure, tout y est parfaitement établi et j’ai été la plus minutieuse possible. Je fais exprès d’envoyer le mail à 22h34 un jeudi, parce que je suis quelqu’un d’engagé dans mon job, et je veux que cela se voie.

 

Exemple 2 : Je fournis une photo super hot à ma target du moment, chemise ouverte, soutien-gorge triangle en dentelle, main négligemment posée sur le sein. On est jeudi, il est trois pintes et demi PM, et j’arrive à prendre une photo qui mêle sexyness de Charlize Theron avec punchline provocante à la Seth Gueko.

 

Exemple 3 : J’aide ma pote à déménager. Après s’être séparée huit fois de ce tocard en trois ans, ils emménagent finalement ensemble. Je l’ai ramassée à la petite cuillère de façon régulière au cours de ces trois dernières années, mais elle l’aime. Donc bon, en tant qu’amie, je la soutiens, je souris à son tocard de mec, et je l’aide à porter ses meubles. Putain elle est pas mal leur table basse tiens.

LA PROJECTION

Chacun son jugement et ses valeurs. Ce qui paraît naturel à certains ne le sera absolument pas pour d’autres. Mais si l’on espère une réaction bien définie d’une personne, il y a peu de chances que ladite personne réagisse exactement comme on l’aurait souhaité. Pourquoi ? Parce que cette personne n’est pas nous. Et par conséquent, n’a ni le même jugement, ni les mêmes valeurs, et n’a pas non plus vécu les mêmes événements qui nous ont défini nous, en tant qu’être individuel.

Cette personne n’est pas nous.

Mind blowing, I know.

Je viens de vous éviter huit années de thérapie, ne me remerciez pas.

 

Exemple 1 : C’est sûr que je vais recevoir un mail qui me félicite pour ce rapport budgétaire. Franchement vu le boulot fourni, ce serait la moindre des choses. Parfaitement synchro avec les entretiens annuels et l’attribution des primes. Je le sens, ma boss va enfin me faire monter sur les annonceurs stylés, et d’ici 6 mois je serai directrice clientèle.

 

Exemple 2 : Bon clairement, d’ici trois minutes je reçois un “J’arrive”, et dans vingt minutes on s’envoie en l’air comme des brutes chez moi. Il va tomber amoureux c’est sûr. Je vais avoir trois orgasmes, il va tomber amoureux, et demain on ira petit-déjeuner chez Holly Belly.

Et il m’invitera, toujours troublé par les événements de la veille.

 

Exemple 3 : J’attends son texto de remerciement, autre que le “thx !” que j’ai reçu le lendemain du déménagement. Son invitation pour que l’on passe une soirée que toutes les deux, ou un bon pour un massage histoire d’oublier les courbatures liées aux 46 cartons que j’ai dû porter. On se connaît depuis douze ans, je sais comment elle est.

LA COLÈRE

Quand on n’obtient pas ce que l’on veut, on peut soit attendre patiemment, revoir comment on a demandé les choses, remettre en question notre façon de faire en étant calme et tempéré. Ou commencer les plans machiavéliques qui nous font serrer les dents et fumer huit cigarettes en guise de dîner. Dans l’impossibilité de reprocher quoique ce soit à l’autre qui n’est même pas au courant de la situation — parce que l’on n’a évidemment pas échangé avec l’autre pour éclaircir les choses et partager nos sentiments — on craque en ayant envie de rayer la personne de notre vie en lui souhaitant les pires choses, à cet humain sans coeur. Merde.

 

Exemple 1 : Mais quelle manager de merde. Pas foutue de soutenir ses équipes, je suis sûre qu’elle pense que c’est normal de bosser 80 heures par semaine depuis 4 ans pour un salaire de stagiaire qui m’oblige à vivre dans un 20m carrés. Elle va changer deux trucs, me dire que je n’ai pas été assez méticuleuse et signer de son nom avant envoi aux big boss. J’espère qu’elle va garder un petit bout d’edamame dans les dents tout l’après-midi après son jap.

 

Exemples 2 : Okay donc clairement un “nice”, n’était pas vraiment la réponse que j’attendais. Non mais je rêve. Le mec je lui sers mes boobs sur un plateau d’argent et j’ai l’impression de lui avoir envoyé un meme. Tocard.

 

Exemple 3 : Pas d’appel, pas de message, pas de remerciements, et elle annule notre soirée nanas au dernier moment pour “profiter de son nouveau chez eux”. Non mais… non mais attends mais je vais lui foutre dans les dents sa table de chevet là. Donc je joue aux Déménageurs Bretons tout un week-end et elle n’est pas foutue de se pointer à un dîner ? Ces gens qui arrêtent d’avoir une vie dès qu’ils se mettent en couple, c’est incroyable. Quand il la quittera pour la neuvième fois, elle pourra le déménager toute seule son ancien nouveau chez eux.

LA DÉCEPTION

Parce que la haine, c’est souvent une façon détournée de gérer quelque chose qui nous a blessé.e. On se sent mis.e de côté, rejeté.e, pas estimé.e à notre juste valeur ; et c’est souvent plus facile de se nicher dans la colère plutôt que d’admettre que notre ego a été touché. Et nos sentiments un peu malmenés. Très souvent dans le monde moderne ; être en colère, c’est être fort. Etre ébranlé, c’est être faible. Mais vient un moment où la tristesse et la déception nous rattrapent, pour venir se lover en nous. On regrette alors la haine que l’on avait, et qui semblait nous porter. La déception, elle, touche souvent plus profondément. On se remet en question, on refait le match, et la boule au ventre nous ronge de l’intérieur, faisait irradier la peine.

 

Exemple 1 : J’aimerais juste une fois, une seule fois, avoir la sensation de bien faire mon job, qu’on me dise que je suis à ma place, et arrêter de me taper ce syndrome de l’imposteur alors que je bosse depuis plusieurs années comme senior dans cette boîte. J’ai besoin que l’on me booste, et me considère, pour être capable d’abattre des quantités de travail dans un job qui me plaît.

 

Exemple 2 : Bon, clairement il ne me trouve pas si canon que ça. Pas grave, 74 photos prises, des envois à 4 copines pour choisir la bonne photo, un gommage / épilation / hydratation, et le tout après 3 pintes et demi sans tomber dans la douche. Je vais regarder un épisode de The Leftovers en mangeant des Pringles, ça fera très bien l’affaire. Merde, j’avais quand-même vachement envie de le voir ce con.

 

Exemple 3 : Dix ans d’amitié et je me fais reléguer au statut de déménageur bénévole. On s’est toujours soutenues, et dès que son engagement envers un autre être humain se concrétise, elle me fout à la cave avec les meubles de l’ancien proprio. Merde. Pourquoi est-ce que l’amitié fait parfois tout autant souffrir que l’amour ?

L’ACCEPTATION

Accepter de faire entrer des gens dans notre vie et de créer des liens avec elles, c’est accepter de les laisser être. C’est ne rien attendre d’elles, et leur donner l’amour et le respect nécessaires pour créer une relation saine et épanouissante pour les deux parties. En échangeant, en partageant nos ressentis, nos déceptions, de façon construite et non violente, on établit des ponts durables et sincères avec les autres. Call me Bouddha Flora, mais lorsque l’on n’attend rien, on peut être incroyablement et positivement surpris. L’amour, l’amitié, sont des notions incroyables, qui mêlent l’envie de posséder l’autre tellement les sentiments peuvent être forts, à la difficulté à le laisser être en tant que personne individuelle. On prend ce qu’il y a à prendre, donne ce que l’on peut donner, et si l’on souhaite partager la façon dont on a vécu la situation passée, on en parle calmement à l’autre, sans lui reprocher de ne pas être capable de lire dans notre esprit.

 

Exemple 1 : Je demande à voir ma boss pour lui expliquer mes attentes et la façon dont je vois les choses pour pouvoir être épanouie au sein de mon job, pour le bien-être de l’entreprise, et surtout pour le mien. Car l’un ne va pas sans l’autre. Si ma boss comprend et accepte les échanges, on fait des points souvent pour se parler sans laisser s’amasser les non-dits et les frustrations. Si elle ne veut rien entendre et ne nous considère pas, ne comprenant pas pourquoi l’on a besoin de reconnaissance dans notre travail, et de respect au quotidien, on se casse. On se trouve un job qui nous plait avec des collaborateurs respectueux, une ambiance bienveillante et des missions qui nous challengent. Et on se prend des petites semaines de vacances entre nos deux jobs. You go girl!

 

Exemple 2 : On se demande ce que l’on cherchait en envoyant cette photo. Un compliment ? Relancer un plan cul ? Attirer son attention ? Une validation ? Retenir quelqu’un qui nous échappe ? Quoique ce soit, on se l’avoue, et on essaie de comprendre ce que l’on recherche dans cette relation, et surtout si l’autre est sur la même longueur d’ondes. Et on ne laisse personne nous faire nous remettre en question sous prétexte que la réaction attendue n’était pas à la hauteur de celle que l’on attendait.

 

Exemple 3 : On parle avec notre amie en lui expliquant ce que l’on a ressenti, sans l’accuser de tous les maux. La communication non-violente, cela ouvre plus de portes que l’on ne peut se l’imaginer. Et on essaie de trouver un nouvel équilibre à notre relation qui nous conviendra à toutes les deux, sans frustration, sans amertume. Les amitiés évoluent, le tout est de savoir si l’on a envie d’évoluer avec elles. Ah oui, et on arrête d’appeler son mec “le tocard”. On ne sait jamais, à force de le dire ça pourrait nous échapper pendant le toast si ces deux-là décidaient de se marier. Mais quand-même, quel tocard.

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