Les rechutes

 

Il y a des choses dans la vie que l’on arrête. Par conviction, par envie, par curiosité, ou encore par obligation. On vire ces choses de notre quotidien en se disant que plus jamais on ne les rencontrera, et on leur tourne le dos sans nostalgie aucune.

Fiers de nous, de notre prise de décision ou de notre détermination.

Fiers de ce que l’on a décidé de faire de nous, de la manière que l’on a eue de tirer un coup sec sur le pansement, avec autant d’empathie qu’une esthéticienne un samedi après-midi.

Fiers de se dire que l’on est capable d’aller au bout d’un truc. Et pas seulement du triple cheeseburger du grec d’en bas. Sauce samouraï. Chef.

Et sans céder pour autant, mais, alors que l’on ne s’y attendait même plus, on se retrouve à nouveau confronté à cette sensation que l’on pensait passer à la trappe. Ce petit truc qui nous prend aux tripes. Qui naît dans un coin, et que l’on calme facilement, avant de parfois redevenir une obsession à laquelle on pensait avoir échappé des jours, mois, ou années auparavant.

Et c’est comme ça que les rechutes débarquent, créant culpabilité et envie, nous faisant nous poser autant de questions que Zuckerberg aux frères Winklevoss.

LA CIGARETTE

Le contexte

Il y a des gens qui arrêtent de fumer (bravo les gars), avec l’aplomb d’un Tom Hardy dans The Dark Knight Rises, qui tiennent des années sans ne jamais flancher, gin tonic ou pas, Americano Venti ou pas, tristesse ou pas.

Et tout à coup, alors qu’ils se pensaient débarrassés de cette envie qui leur fait taper du pied ailleurs qu’à la Concrete, la sensation qui fut un peu trop familière repointe le bout de son nez.

La mauvaise solution

On achète l’intégrale de Flight of the Conchords et on s’enquille des Fluffernutters (sandwich beurre de cacahuètes / pâte de marshmallow ; un truc sain) jusqu’à se rendre malade.

La bonne solution

On achète l’intégrale de Flight of the Conchords parce que c’est la série la plus drôle du monde et ensuite on se souvient de pourquoi l’on a arrêté de fumer, que cela soit pour l’envie d’avoir un mini-soi, par envie d’économiser, de ne plus se pourrir la santé, de pouvoir courir plus de 8 minutes sans avoir envie de mourir.

LA VIANDE

Le contexte

On est végétarien par envie, par conviction, par altruisme, par éducation. On ne juge pas les gens qui ne le sont pas mais l’on est contents de pouvoir aller au bout d’une de ses convictions, pas pour se sentir mieux que les autres, mais parce que l’on sait que l’on fait une concession par croyance et que l’on persévère.

Et tout à coup, entre deux grilled cheese sandwiches et trois bols de soupes de pois cassés / crème coco / curcuma, on pense aux brochettes bœuf / fromage du jap’.

La mauvaise solution

Bah…manger les brochettes.

La bonne solution

Essayer des boucheries végétariennes / végétaliennes, en dépit de ce que disent nos amis carnassiers, se dire que l’on va au bout de ses convictions comme l’on va au bout d’un marathon, en se demandant 86 fois pourquoi l’on s’impose ça mais au final, en sachant éperdument qu’on est au bon endroit.

UN GENS

Le contexte

Peine de cœur, envie d’être par soi-même, Hank Moodisme ; les raisons sont nombreuses pour que certains se promettent de ne plus jamais se laisser attendrir par un autre être vivant (chatons qui éternuent et lémuriens qui réclament des caresses exclus).

Et tout à coup, on se surprend à sourire en étant attendri pour autre chose que le sneezing panda.

La mauvaise solution

Demander conseil à une magic ball et appliquer ledit conseil.

La bonne solution

Demander conseil à une magic ball et ensuite râler parce que la réponse ne va pas dans notre sens et que ‘’de toute façon c’est vraiment un truc à la con ce machin’’.

LA STABILITÉ

Le contexte

Après l’achat de 12 cactus, 23 mini tasses et l’équivalent de toute la collection printemps / été / automne / hiver de Madeindesign, Fleux, Maisons du Monde et tout ce qui vend des sucriers au prix d’un mois de location d’un triplex dans le 3e, on se dit que ça y est, on est installé, on essaie de rester plus de 34 secondes dans un endroit qui nous plait. Et alors qu’on a pris ses marques et que l’on peut marcher dans le noir dans notre appart’ sans se manger vélo / plante suspendue / qu’est-ce que…put**n c’est quoi ça. Foutue Vans qui vient me faire des croche-pattes, on se demande si l’on ne serait pas mieux ailleurs.

La mauvaise solution

Envoyer 86 mails à des boîtes situées à l’étranger sous prétexte qu’elles sont à LA / SF / NY / Melbourne / Sydney..oh Nashville tiens ils ont l’air heureux un peu dans la série, je m’achète un chapeau de cow boy et on est bons.

La bonne solution

Réfléchir à ce que l’on voudrait faire avant de réfléchir à l’endroit où l’on aimerait aller. Et s’acheter tout de même un chapeau de cow boy. Parce qu’on ne sait jamais. Comme dirait l’ami Christophe.

 

Ouais Maé.

 

Bien à vous, et de la conviction.

 

 

 

 

 

 

 

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