La zone de confort ; « allez viens, on n’est pas bien »

 

« Sortez de votre zone de confort ».

 

Vu le nombre de fois où l’on lit ça sur l’Internet mondial, on finit par avoir l’impression de n’être qu’un vieux tas de flemme bien ancré dans son rockin chair sur sa terrasse à boire une citronnade – Louisiane style.

Ou un vieux machin qui tient sur des Roshe One déglinguées qui se balancent au bout d’un accoudoir d’un fauteuil Fleux en mangeant un burger de chez Starvin’ Joe – Parisian style.

 

Mais ça veut dire quoi exactement sortir de sa zone de confort ? Et puis si l’on est si confort, pourquoi est-ce que l’on voudrait aller ailleurs ?

Ça n’existe pas un moment où l’on se sent beaucoup trop bien, petit rayon de soleil sur le nez, banc disponible dans un parc, pas trop chaud, pas trop froid, et où l’on se dit « Mais je suis beaucoup trop bien là, je vais bouger ! ».

 

On l’aime bien ce banc, il est confortable, on le connaît, il a presque la forme de notre séant (ça veut dire fesses) (mais en moins drôle) incrusté dedans.

 

Quelle drôle d’idée.

 

Mais visiblement, il faut suivre le mouvement, parce que désormais, avoir une vie calme c’est nul. On fuit l’ennui, on n’en veut pas, le bonheur c’est mainstream, on veut avoir vécu des choses, et le cas contraire, tout lâcher pour faire un truc qui va nous remuer. Le bonheur c’est un truc de gens chiants, c’est dans l’effort et dans l’échec que l’on se construit, alors à qui ça servirait d’être heureux depuis dix ans avec pour seule interrogation le temps qu’il fera ce week-end ?

 

Comment ça tout le monde ?

 

Mais non, nous on veut de la sueur, des histoires à raconter, du soupir pour seule réponse à la question « Comment ça va ? », du sourcil levé pour seule réaction à de belles histoires, du cynisme à des questions légitimes mais qui ne font plus partie de notre vie.

 

C’est plus facile de mépriser les gens heureux que de les envier.

 

Alors à chaque fois que l’on se rend compte que la vie est un peu trop confortable, un peu trop tracée, au lieu de prendre un peu de recul et de se demander ce que l’on pourrait faire pour l’améliorer, on se remet dans les starting blocks et on refait la course dans le couloir d’à côté, pour se mettre en danger, pour se sentir vivre un peu et voir les choses avec une perspective différente.

 

Morale de l’histoire ? Sortez de votre zone de confort, changez de banc.

 

Ou un truc dans le genre.

 

 

 

 

 

 

 

 

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