le massage

 

Il y a quelques semaines, j’ai été me faire masser. Une envie spontanée née après avoir parlé de l’application Treatwell. Treatwell, c’est un peu comme Balinéa, mais en moins cher En gros il s’agit d’une plateforme qui regroupe des centaines de lieux dans lesquels tu peux te faire masser / faire faire une manucure / te faire couper les cheveux, et plein d’autres trucs a priori cool quand tu as envie d’un petit peu de pampering.

J’ai donc parlé de cette application, et vu que la magie Mark Zuckerberg et son Big Brothering font bien les choses, j’ai eu environ 282929 pubs poussées de l’app sur Facebook.

 

C’était donc un dimanche d’octobre, il pleuvait, je venais de finir un tea time avec une amie et l’idée de me faire masser sur une table chauffante avec de l’huile qui sentait bon les îles Fidji me faisait vachement envie.

 

J’ai donc choisi un massage aux huiles chaudes à 700m de là où j’étais, ai repris une part de pumpkin pie pour la route, et suis allée à mon rendez-vous.

 

Quand j’ai débarqué à l’adresse de l’institut, il y avait une façade déconfite sur laquelle était inscrit en lettres capitales “ONGLERIE”. Et c’était pas dans la meilleure typo. Et celui qui nie le fait que la police d’une enseigne n’est pas directement liée à la qualité de la prestation n’est autre qu’un escroc.

 

Je regarde mon mail de réservation, puis l’enseigne, puis le numéro de la rue, puis mon mail de réservation, puis ma pumpkin pie, et j’entre dans l’institut. À ce moment-là, je sais que l’institut n’en n’est pas un, donc je vais arrêter de l’appeler comme ça, je préfère être honnête. J’entre donc dans cet endroit défraîchi à l’odeur de cuisine étrange. Deux dames m’accueillent et me disent de m’asseoir après que je leur ai annoncées que j’avais rendez-vous pour un massage d’une heure. Je m’assieds et une autre dame me dit de la suivre. Je n’ai pas eu le temps de m’asseoir sur la chaise et fais donc un squat — c’est toujours ça de pris. La dame me montre une pièce, ouvre la porte, j’y entre, et elle referme la porte derrière moi.

 

Dans cette pièce exiguë et d’une glauquitude hors-norme ; une table de “massage”, un slip jetable emballé, une radio et un porte-manteau. J’en conclus donc que je dois enfiler ce slip. Des massages, j’en ai fait d’autres, et je sais que le plus souvent, la tenue portée n’est pas celle dans laquelle je me trouve le plus à mon avantage. À peine le temps d’enfiler un bout du slip que la dame entre de nouveau “j’ai pas finiiiiiii” je lui lance, une jambe en l’air, l’autre prête à lui faire un kick pour cause d’intrusion. La scène se répétera une deuxième fois, mais faire les gros yeux en slip jetable n’a pas le même impact que quand l’on est habillé. Lesson learned.

 

À l’intérieur, ça sent l’huile rance et l’heure qui va sembler beaucoup trop longue, mais je n’ai pas vraiment le choix, et je m’allonge sur la table, un peu dépitée. Au total, je suis restée une heure dans cette pièce sombre et triste, avec une radio qui crachotait de la musique chinoise, une masseuse qui respirait tellement fort que j’avais l’impression qu’un vent force 8 s’abattait sur mon velux, et All night long de Lionel Richie qui tournait en boucle dans ma tête — ça n’a rien à voir avec le massage, mais je voulais quand-même le souligner.

 

Au bout de cette heure interminable, la dame me lance un “finiiii”, accompagné d’une lampe de 8000 volts qu’elle allume et qui me brûle la rétine. Me voilà donc toujours myope, toujours astigmate, et avec la sensation d’avoir une cloque à l’oeil gauche. À moitié aveuglée, je tente de me rhabiller dans la dignité et la lumière peu flatteuse du néon blanc qui me donne l’impression d’avoir de la cellulite sur les orteils et des cernes aux omoplates.

 

Je suis ressortie sous la pluie, en sentant l’huile de cuisson, encore plus tendue qu’à l’arrivée.

 

Bon, au moins j’ai ma pumpkin pie pour me consoler. Et je peux même la blâmer quand les gens me regardent dans le métro en reniflant l’odeur d’huile de cuisson qui émane de mes pores.

 

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