Non mais vous vous rendez compte ?

 

 

Parfois on est confrontés à des situations tellement aberrantes que lorsque l’on tente, en vain, de raisonner la partie concernée, à la fin du plaidoyer, on a l’impression que la situation est grotesque parce que tellement, TELLEMENT improbable. Et on a envie de demander, sincèrement aux gens « Non mais, VOUS VOUS RENDEZ COMPTE ?? ».

En fait, il y a des choses que l’on ne fait pas. Ca s’appelle la fuckin bienséance. Point. Barre. Zéro négociation possible, merci.

 

On ne part pas en plein milieu d’une partie de jambes en l’air. Brunch, pas brunch, alcoolisé, pas alcoolisé, rendez-vous de vie ou de mort pour aller faire un don du sang / greffe de coeur / sauver le soldat Ryan. Vous respectez l’amour ? Bon, ben respectez le sexe aussi.

On ne met pas sa main sur la main d’un autre gens sur la barre du métro. On n’est pas en boite mon gars, ce que j’ai dans la main c’est un the vert Venti, on est mardi il est 9h18 et tu pourrais être mon arrière arrière grande père. Genre celui que personne ne veut voir et à côté duquel on ne veut pas s’asseoir pendant les diners de famille ? Pourquoi ? PARCE QU’IL TOUCHE LES MAINS DES GENS DANS LE METRO !!

Tu ne piques pas dans mon assiette. Qu’on soit amis depuis 14 ans, que tu aies demandé, pas demandé, qu’on boive dans le même verre. Lâche cette patate douce et tu garderas tes doigts.

On ne vole pas les expressions / attitudes d’une personne pour se forger sa propre personnalité alors que l’on ne fait même pas partie de la vie de cette dite personne.

On ne renverse pas les situations. Tu te fais virer ça arrive, c’est pas que tu n’étais plus en accord avec les valeurs de la boîte. Tu te fais quitter ça arrive, c’est pas que tu avais envie de profiter. Tu as la flemme de ranger ça arrive, c’est pas que tu es jemenfoutiste.

On ne croit pas que l’autre est mordu parce qu’il a répondu à un message en mettant un smiley clin d’œil. Si on se sent sensible de l’emoji on achète un Blackberry de 1976 et on ne reçoit que des carrés en guise d’emoji. Compliqué pour la compréhension, mais facile pour l’interprétation. « Il a mis un carre. Il me kiffe. Ou il veut me tuer à coup de cure-dents acérés. Je choisis la première version, je me sens optimiste aujourd’hui ».

On ne délègue pas par flemme pour ensuite reprocher à la personne ? T’as eu la flemme de te faire un café et je te fais un macchiato de folie mais tu ralouilles parce que t’aimes pas le lait d’amande ? Ne viens pas pleurer si tu t’es fait fouetter a coups de touillette.

On ne regarde pas les films en sautant des passages. Même si c’est contemplatif. Même si c’est violent. Même si c’est l’angoisse. On fait comme tout le monde et si ça nous gonfle on attend que ca passe en se planquant derrière des plaids.

 

On ne joue pas la carte altruiste pour une raison égoïste. Si l’on quitte quelqu’un, ce n’est pas pour le bien de ce quelqu’un, si on ne voit plus des gens ce n’est pas pour ne pas imposer sa mauvaise humeur ambiante.

 

Pour certaines choses, il peut y avoir des exceptions concernant un fait pourtant aberrant :

 

On ne mord pas. Sauf entre 3h et 9h du matin.

On ne fait pas de chantage. Sauf après les 5 pintes règlementaires.

On ne dit pas « t’es joli » au bartender. (Ni à personne d’ailleurs.) (Sauf à un bébé hippopotame.) Voir ligne ci-dessus.

On ne HURLE pas les chansons de Sefyu dans le Uber en voyant le panneau Aulnay-sous-Bois. Sauf si le Uber les hurle avec nous.

On ne crie pas un secret d’état pile au moment où la musique s’arrête. Sauf si l’on est à 12 grammes. Et que le reste de la salle aussi.

 

En fait, tout s’adapte, même la bienséance… Non mais vous vous rendez compte ?

 

 

 

 

 

 

 

 

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