Paris, we gotta talk

Paris c’est le mec avec lequel tu es depuis 10 ans mais qui te donne toujours la chair de poule à chaque fois qu’il te touche l’épaule. On ne va pas se mentir, c’est une ville incroyable, dans laquelle il y a toujours quelque chose à manger, boire, voir, apprendre, sentir, toucher. Plus de dix ans que je passe devant des endroits qui me laissent échapper un “Wow” alors que je les connais par coeur.

Mais alors que je me replongeais dans la série “Please like me”, pépite australienne sur des gens un peu paumés et qui essaient de comprendre leur vie visiblement plus bordélique que prévue, je me suis souvenue à quel point Paris étaient le genre d’endroit qui va toujours trop vite, et qui a parfois tendance à nous fatiguer sans même que l’on s’en rende compte, parce que l’on a tendance à trouver que c’est normal. Un peu comme le mec avec lequel tu es depuis 10 ans mais qui te donne désormais envie de mettre ton portable en silencieux quand il appelle.

 

Paris, je t’aime, mais…

 

Tes trottoirs sont trop étroits. On ne passe pas à deux, et tes habitants ne sont malheureusement pas les mieux élevés

 

Tes habitant.e.s sont trop souvent condescendant.e.s, se pensant dans un film tourné par Truffaut à la terrasse du Flore

 

Tes terrasses sont trop bondées. En témoignent mes cheveux qui sentent le cendrier et mes cicatrices de cigarettes qui sont venues embrasser mes bras sans rien que je ne leur demande

 

Tes restaurants sont trop pleins. Tellement d’endroits géniaux où découvrir des plats incroyables, mais les files d’attente plus longues qu’à Star Tour un pont de mai me donnent envie de manger des nouilles instantanées dans mon lit.

 

Ton temps m’épuise. J’ai l’impression d’être dans une BD où le personnage principal est déprimé, et au-dessus duquel un perpétuel nuage gris flotte. Mais moi je vais bien, alors que la seule qui n’a pas le moral au beau fixe ; c’est toi. Je ne te demande pas des températures australiennes, juste de laisser mes cheveux être dans un good day plus de 4min par jour.

 

Tes prix m’usent. Alors ok c’est cool quand je vais à l’étranger et que je me sens plus riche que Kanye West en allant bruncher. Mais quand je réalise après 4 tournées que la pinte du bar dont le sol colle aux Timberland est à 9€ ; j’ai envie de te faire des infidélités.

 

Tes célibataires me font lever le sourcil. C’est toujours tellement trop, mais au final jamais assez. Autant jouer les équilibristes en talon de 12 après avoir bu trois gin tonics un jour de vent.

 

Tes habitants sont trop minces. Je sais Paris, tu n’y es pour rien, mais quand tu hébergeras davantage de 2ème lignes de rugby que de mecs qui font de l’escalade, je râlerai un peu moins. En même temps, vue la largeur des tes trottoirs, ça risquerait d’être compliqué.

 

Tes habitant.e.s ont le teint gris. On va finir par ressembler à ton temps, et moi le teint gris, ça jure avec mes yeux bleus.

Allez, tu sais bien que je t’aime malgré tes défauts.

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