Sur le papier

 

Il y a une légende qui dit (non c’est pas vrai) (c’est juste moi) que tout ce qui est génial sur le papier, l’est sacrément moins en vrai.

Comme si l’on nous faisait miroiter une espèce d’idéal que l’on doit à tout prix vivre, atteindre, sous peine de n’être qu’un vieux truc au courant de rien qui n’a rien vécu, sous prétexte qu’on n’a jamais fait ce truc qui a l’air tellement, mais tellement génial…

…sur le papier.

 

 

Et parfois, on est nous-même à l’origine de cette quête d’un truc qui s’avère être pourri.

 

Les endroits coolos où déjeuner

Adepte des endroits où l’on boit du céleri pressé et où les assiettes ne sont que végétales, j’aime sincèrement aller bruncher dans des endroits que l’on retrouve en première page de mylittleparis et autres sites lus par des gens qui vont au concert de Jamie XX un mercredi soir : les gens de la pub, les gens de la mode, les gens du design, les gens en free. Ah et les barbiers aussi. Pas les coiffeurs hein. Les barbiers.

Mais, même si chaque bouchée de ma tartine avocado/ciboulette/gomasio sur pain de campagne aux moultes graines est un petit bout de Paradis, il y a une chose bancale : les gens.

Manger entourée de nanas d’1m75 pour 48 kilos, teint/ongles/cheveux parfaits, ça a vite fait de me faire sacrément froncer les sourcils. Moralité, tu penses de faire une cure de jouvence à coups de jus pressés à froid carotte gingembre, et tu ressors du resto avec une nouvelle ride.

 

La prochaine fois, je mangerai un burger supplément cheddar.

 

Papier : 1

Vraie vie : 0

 

Les films d’horreur

Regarder un bon vieux film d’horreur en s’enfilant du pop corn et de la cheezy crust, c’est à peu près la définition d’un parfait lundi en ce qui me concerne. On rameute ses amis/un Roger/son chat et c’est parti pour 1h42 de « mais ils sont vraiment cons à se séparer ces insolents ».

Mais en vrai ? Je pense que j’ai dû voir un triangle de chaque film d’horreur max. Oui un triangle. Comme celui par lequel je regarde lesdits films, planquée derrière 23 coussins et 12 plaids. Du coup j’ai chaud, mais j’ose pas trop virer les plaids, au cas où (au cas-où le mec sortirait de la télé donc) (mais serait tout de suite intimidé par ma forteresse de plaids et coussins), et ça fait de la buée sur mes lunettes. Puis il y a une tension de ouf j’ai peur de bouger le petit doigt, mais bon je me reprendrai bien une part de pizza quand-même.

 

Voilà, y’a de la sauce sur mon coussin maintenant.

 

Papier : 1

Vraie vie : 0

Coussin : 0

 

La prochaine fois, je regarderai Toy Story.

 

Les aires d’autoroute

Pour moi les aires d’autoroute c’est un peu comme les boules à neige ; une espèce de passion incommensurable qui me rend tout chose dès que j’en ai une à proximité. Sauf que les boules à neige, c’est génial de A à Z.

C’est génial quand on la déballe parce que ça veut dire que quelqu’un a pensé à nous et nous a ramené le truc que l’on aime de son voyage, c’est génial quand toutes les paillettes se mettent à danser, c’est génial quand la petite dernière vient s’aligner à côté de ses potes pour le plus grand désarroi de ses amis d’agence, c’est génial quand on en découvre des incroyables (boule à neige dameuse avec une marmotte à l’intérieur, allô la génialitude), alors que les aires d’autoroute c’est génial…juste quand on est encore dans la voiture. On se dit que ça va être un mélange de gens heureux qui s’en vont pour passer des vacances au soleil, d’odeur de crème solaire et de nourriture que l’on n’a pas l’habitude de manger et de café chaud pour se remettre du réveil beaucoup trop matinal.

Alors qu’en fait, c’est un mélange des plus charmants fait de transpiration de Roger 94 kilos (et pas 94 kilos genre stylé), de cris d’enfants, de patchouli, si la nourriture on ne la mange pas souvent c’est parce que c’est juste l’enfer et que visiblement le végétarisme n’est jamais arrivé jusqu’à l’aire d’autoroute de Besançon, et le café coûte plus cher qu’une machine Nespresso, pas une capsule hein, UNE MACHINE, pour te donner des trucs aromatisés goût Vanille cheloue avec 33 sucres + lait + crème + mousse alors que tu voulais juste un allongé.

La prochaine fois je prendrai l’avion.

 

Papier : 1

Vraie vie : 0

 

 

Les vraies boutiques

Le shopping, cette belle invention qui te fait te sentir plus cool/ sûre/ heureuse/ pauvre après seulement quelques minutes.

On se sent l’âme d’une Pretty Woman, le travail pas très honnête et le Richard Gere en moins, mais on se sent épanouie…sur le papier.

Parce que dans notre tête c’est confession entre deux portants avec nos copines, essayages qui tombent pile poil et vendeuse qui nous propose un thé en attendant, mais en vrai, c’est odeurs de l’enfer, nana qui nous regarde sous tous les angles alors qu’on essaie difficilement de faire rentrer ses épaules dans un tee-shirt, et regards interloqués quand on essaie de raconter notre dernier weekend à nos copines à la caisse.

 

La prochaine fois j’irai sur topshop enroulée dans mon plaid.

 

 

Les soirées privées

Grosse soirée underground dans des locaux d’entreprise / soirée planquée dans un kebab / un pote organise une soirée où le mot d’ordre est de retourner l’appart, on a tous reçu ce genre de message qui nous fait plus chaud au cœur qu’un Bombay Sapphire un samedi soir. On se dit que ça va être un mélange entre Projet X et un clip de Blink 182 où la vie n’est que beer pong et jello shots, alors que la réalité est…différente. On se retrouve dans une boîte de nerds qui font du conseil en informatique, AVEC les 30 nerds en question, à écouter un mec qui passe des sons d’une soirée miss camping, à boire du rhum pas frais et à parler avec un mec qui vend des compléments alimentaires et qui porte un tank top.

Blanc le tank top.

La prochaine fois je ne changerai rien, j’ai tellement ri que j’ai des nouveaux abdos.

 

Papier : 1

Vraie vie : 12. Les nouveaux muscles, ça n’a pas de prix. (et c’est pas le mec des compléments aliementaires qui me contredira)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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