vivre seul.e

 

J’ai vécu toute seule assez tôt étant donné que j’ai passé mon adolescence en Province, et que retourner vivre à Paris impliquait alors de prendre un appartement. Les débuts ont été aussi drôles que chaotiques (je me suis nourrie de Kinder Country matin midi et soir les trois premiers mois) et j’avais un sentiment de liberté incroyable dans ce 23m carré mal isolé qui me permettait de communiquer avec mes voisins du dessus à travers le plafond. Ce qui s’avérait plutôt pratique quand il s’agissait de leur dire que leur enfant qui faisait du roller à 3h du matin un mardi, c’était plutôt pénible, surtout la veille de mes partiels. Puis j’ai rencontré l’amour, et les trois années qui ont suivi, je partageais mon appartement et n’habitais seule plus que sur le bail. S’en sont suivies des années à deux pour que finalement, je redécouvre les joies de vivre avec soi-même.

 

Et si j’écris cet article aujourd’hui, c’est parce que cela fait plus de 4 ans que j’habite dans le même appartement que j’aime, et dans lequel je me sens vraiment chez moi. Et même si je pense de plus en plus à intégrer une éco-colocation pour avoir davantage de nature et pouvoir faire des omelettes aux gens le matin (j’adore faire le petit déjeuner pour les autres, ça met les gens de tellement bonne humeur ça me rend toute chose), il y a quand-même beaucoup de côtés merveilleux à vivre seul.e.

 

# Passer la journée à ne rien faire. Genre rien du tout.

Paris c’est beau, c’est grand, c’est culturel et il y a toujours quelque chose à faire. Et c’est quelque chose d’assez merveilleux. Mais les dimanches de novembre, j’ai beau me lever pleine d’entrain, plus motivée que jamais à aller me balader pour profiter d’un peu de solitude et de la ville dans laquelle je vis, les averses couplées au ciel gris qui semble se tenir à quelques centimètres de nos têtes me volent toute ma motivation et me font rester en pyjama, et dans mon lit. S’en suit alors un ballet merveilleux composé de lecture, allumage de bougie, Netflix, pâtes au cheddar et grignotage intempestif.

Et il n’y a personne, PERSONNE pour me juger.

 

# Être un.e obsédé.e de l’ordre

J’aime bien quand c’est rangé. Genre vraiment rangé. Il faut que tout soit aligné, nickel chrome, que tout sente bon et que mon appartement ressemble à un appartement témoin. Cela n’enlève rien au fait qu’il soit super cosy, mais cosy made.com. Pas cosy vide-grenier de Saint-Marcel-lès-Valence. Je sais que cette obsession ne peut pas être comprise de tous, et que certaines personnes ne voient pas l’utilité de cette envie perpétuelle d’ordre. En attendant, si je me fais cambrioler, je suis sûre que la première chose que le cambrioleur se dira, c’est qu’il s’apprête à voler quelqu’un d’organisé. Et qu’il aura des remords, repartant sans rien prendre, et alignant mon paillasson avec le pas de ma porte.

 

# Etre ridicule, à l’abri des regards

J’ai failli glisser en sortant de la douche et mourir plus de fois qu’on ne peut l’imaginer. Parfois il y a des gens, alors je crie “OMAGAD J’AI FAILLI MOURIR”, et les gens se moquent, évidemment. Et parfois il n’y a personne. Alors je vois ma vie défiler sous mes yeux, je sors de la salle de bain, heureuse que personne n’ait pu témoigner de cette presque chute ridicule et du son suraigu qui est sorti de ma bouche, avant de retourner dans la salle de bain et de glisser de nouveau sur la flaque d’eau que j’ai laissée.

Pouvoir faire tomber mon téléphone sur ma tête en écrivant un message allongée sur le dos, sans que personne ne se moque pendant beaucoup trop longtemps.

Se faire des masques d’argile et ne pas pouvoir téléphoner parce que le masque a séché et que l’on a oublié de le rincer, nous empêchant tout mouvement de faciès.

 

# Choisir sa déco

Que l’on soit plutôt branché minimalisme scandinave, bordel réconfortant ou coussins roses en forme de coeur et waterbed ; c’est toi qui prends les décisions sans rien demander à personne.

 

# Ecouter des trucs pourris

Parce qu’écouter Ed Sheeran x Justin Bieber dans le métro est une option bien trop risquée, on préfèrera l’écouter à l’abris des oreilles indiscrètes, en lavant son appartement avec frénésie. Après si t’as des vues sur ton voisin, il faut assumer quand vous vous croisez dans la cage d’escalier.

 

# Manger de façon glamour-ish

Que celui qui n’a jamais mangé une pizza en la roulant sur elle-même sans même la couper en parts me jette la première cheesy crust.

 

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À mon moi de 20 ans

À l’aube de mes 30 ans, je peux dire que j’ai appris beaucoup de choses durant cette décennie écoulée. Des choses que l’on m’a apprises, d’autres que j’ai apprises toute seule, sur le tas, parfois trop tard, parfois au bon moment, et parfois même un peu trop tôt.

Mais je les ai apprises. Mais si j’avais pu me donner quelques conseils à mon moi de 20 ans pour me préparer à cette jolie décennie pleine d’émotions que je viens de vivre, j’aurais aimé que cela soit ceux-ci :

 

Fuir des gens toxiques ne fait pas de toi quelqu’un de mauvais. Si tu te sens mal quand tu es avec des personnes et que tu dois marcher sur des oeufs en permanence par peur de froisser l’autre, simplement en étant toi-même, c’est que cette relation n’est pas saine. Explique le problème, et pars. Et cesse de t’auto-flageller pour l’avoir fait.

 

Aime-toi comme tu es. Accepte tes épaules, tes abdos, tes bras trop musclés et tes grains de beauté. Et n’écoute pas ceux qui disent que tu n’es pas féminine. Les gens qui critiquent sont trop souvent des personnes qui ne s’aiment pas. Ne leur en veux pas, et laisse leurs remarques glisser.

 

Mets de l’argent de côté. Ce n’est pas être chiant que d’être un tantinet adulte.

 

Cesse de dire que trouver l’amour est facile en prenant les autres de haut. Ce que tu as aujourd’hui, tu ne l’auras pas forcément demain. Alors fais preuve d’empathie, tu seras bien contente que les autres viennent t’aider quand tu seras à terre.

 

Parce que tu te retrouveras à terre. Ce sera brutal, inattendu, traumatisant, et en plus de faire le deuil d’un amour que tu pensais invincible, tu devras faire le deuil de la personne que tu ne seras plus jamais. Mais tu verras, celle que tu deviendras sera plutôt pas mal. Et bien plus forte.

 

Certaines personnes verront et comprendront des choses avant toi. Avant même que tu ne les envisages. Elles essaieront de te guider pour que tu prennes une direction plus tolérante, plus bienveillante, moins critique. Ecoute ces personnes, aime-les, fais-leur confiance et sois présente pour elles.

 

Embrasse ton étrangeté. Continue de faire parler les cailloux, de t’asseoir par terre partout, d’avoir des conversations avec les animaux et de créer des histoires avec tes pancakes. C’est bien d’être différent.

 

Si tu n’aimes pas quelqu’un ou quelque chose ; dis-le. N’attends pas que la personne comprenne d’elle-même. Ca peut paraître abrupte, mais sur le long terme, tout le monde y gagnera.

 

Cesse de crier à qui veut bien l’entendre que les personnes qui pleurent sont des personnes faibles. Toi aussi tu pleureras.

 

Non, Blackberry ne reviendra pas sur le devant de la scène de téléphonie mobile. Achète-toi un Smartphone bordel de Dieu, un vrai. Un qui a toutes ses touches. Être joignable ne fait pas de toi une personne consumériste.

 

Ne punis pas les personnes qui ne font pas ce que tu aurais voulu qu’elles fassent. Chacun est comme il est, accepte les gens tels qu’ils sont, n’attends pas d’eux qu’ils soient comme tu le voudrais.

 

Reste naïve. Reste souriante. Reste “bisounours” comme disent les autres. Être cynique n’a jamais rendu les gens cool. Bien au contraire.

 

Si tu oublies ton protège-dents, ne va pas à l’entraînement.

 

Appelle tes parents plus souvent. Ils te feront lever les yeux au ciel même à 30 ans, et ils sont loin d’être parfaits, mais tu les aimes. Alors dis-leur.

 

N’oublie jamais que l’on peut tromper une fois mille personnes. Non… On peut tromper mille fois mille personnes. Non non attends… on peut tromper mille fois une personne.

 

Continue de faire des blagues. Et de rire trop fort.

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thermostat 12

Oui oui oui, la semaine dernière il a fait chaud. Très chaud. Et perso je suis inquiète. Je suis inquiète pour l’environnement, je suis inquiète pour les animaux, pour les personnes qui sont plus sensibles à la chaleur que moi, je suis inquiète d’être la seule à toujours pouvoir bouffer comme 12 alors qu’il fait 42°c, je suis inquiète pour ma facture d’électricité parce que du coup je mets la clim, et donc je suis de nouveau inquiète pour l’environnement.

La boucle est bouclée.

Mais, alors que l’on a déjà eu deux épisodes de canicule cette année (j’en ai eu pour ma part 2728929 entre l’Afrique du Sud, le Swaziland, et la Grèce) (et ouais j’en branle pas une, kestuvafèr?), j’ai commencé à faire des liens entre les extrêmes chaleurs et… le bonheur.

Le bonheur pur et simple.

Est-ce que… est-ce que la canicule nous rendrait plus heureux ?

“Non mais elle déraille complètement la petite là…”

La chaleur, ça te fait tout vivre au ralenti. Alors tu prends le temps de jouer aux cartes dans le jardin sous l’arbre, tu regardes les insectes te grimper dessus au lieu de regarder ton partenaire de kems (“Putain mais j’ai fait le signe 12 fois meuf”), tu fais l’amour — tu ne baises pas hein, tu fais l’amour — parce que baiser quand il fait 44 degrés ça demande trop d’effort — les soirées s’éternisent, tu vas dans des friches, plus dans des bars, tu te lèves super tôt et tu as la sensation merveilleuse que le monde t’appartient et que personne ne pourra t’enlever cette liberté à laquelle tu goûtes tout juste.

Alors d’accord on râle et on colle, mais on râle et on colle dans l’amour et le bonheur.

Mais…pourquoi ?

Ça sent l’été, et donc les vacances

Bon ok, ça sent aussi l’aisselle luisante le goudron qui colle aux tatanes. Mais on sait que malgré tout ça, les vacances arrivent. Que l’on en ait pas pris depuis deux semaines ou un an, les trains se blindent, les compagnies aériennes commencent leurs grèves ; pas de doute, les grandes vacances sont bien là. On demande depuis quelques semaines / mois déjà “et toi tu pars où cet été ?”. Il y a ceux qui ont leur maison de vacances “Quiberon faire du surf / Hossegor faire du paddle / Draguignan faire la planche dans la piscine”.

Ceux qui veulent du frais “Montagne / Grotte / Roubaix”.

Ceux qui partent à l’étranger raisonnable (bonsoir) “Portugal / Italie / Malte”.

Et ceux qui énervent juste et auxquels on ne reposera plus jamais la question “Nouvelle-Zélande / Tahiti / Iles de Paques”.

Gnagnagna. Fait un temps de merde en Nouvelle-Zélande à cette période de l’année d’abord.

Ça sent les sorties inopinées

Bah oui, étant donné que c’est bientôt les vacances et que l’été nous permet de profiter d’environ 22h je jour — j’exagère à peine — on sort du lundi au dimanche, pour une balade, une expo, un apéro qui se transforme en 12, et on rentre chez soi beaucoup trop tard, beaucoup trop soûl, mais heureux.

 

La chaleur, ça rend tout romanesque.

Vous avez déjà vu une maison en pierre au mois de décembre ? On a l’impression que tout craque, ça caille, et franchement on pense à tous les films d’horreur dans lesquels les “héros” ne tiennent pas 20 minutes. Et il y a clairement beaucoup plus de sang qui coule dans les maisons de ta Grand-Tante au bord d’un chemin sans voisin que dans un appart décoré sur Made.com.

Mais une maison en pierre au mois de juillet, c’est comment ? Bah ça devient une maison dans laquelle on sent que l’on pourrait être écrivain, vivre de tomates du potager et de vin bio, à écrire des bouquins sur les amours impossibles et à regarder des films sur un drap blanc mal attaché avec des pinces à linge en bois.

On se sent dans un siècle différent, l’atmosphère est solaire, ça sent les pins et les possibilités du monde entier qui s’offrent à nous. Et pour les malheureux qui restent à Paris ? Les rues en travaux dégueulent du goudron et un niveau sonore proche de celui de Beyrouth, les friches nous font penser à nos vacances dans le sud, les tables bancales des terrasses ont un air de feria, et même les parisiens ont l’air détendu. On raconte même qu’on en a vu quelques uns sourire.

 

La chaleur, ça nous rend mou…

Et râler demande beaucoup d’énergie. Alors après quelques minutes ou heures pour les plus courageux de “j’ai chaaauuuud” “j’en peux plus de la chaleeeeur”, les plus malins comprennent que râler nous fait encore plus transpirer et que c’est dans l’intérêt commun de ne rien dire, de s’asseoir sur le ventilo, et d’enchaîner les Mister Freeze.

 

…et ça nous permet par conséquent de nous reconnecter

Et peut-être que l’on a du mal à encore comprendre ça à Paris, mais faire beaucoup de choses ne nous rend pas forcément plus heureux.

Bah ouais.

On n’a pas arrêté de nous dire et de se dire que plus on irait voir d’expos au Palais de Tokyo, plus on ferait la queue pour rentrer dans un bar blindé aux prix exorbitants, plus on serait heureux. Alors qu’en réalité, se connecter à ce et ceux qui nous entourent, regarder la nature, s’allonger sur son lit en bonne compagnie (ou seul), sentir le vent dans ses cheveux, caresser un animal, sont autant de choses qui nous permettent de nous reconnecter au monde, et surtout à nous même. Et quand on a la flemme de tout, on prend le temps de ne rien faire. Et l’on comprend très souvent que c’est ce qui nous rend souvent bien plus heureux qu’un agenda trop rempli avec des events que l’on ne savoure même plus.

la chaleur, ça rend tout « well hello there… »

Et vas-y que je te montre une épaule par là, et un nouveau tatouage par ci, et une trace de maillot de bain, et une effluve de Monoï. La chaleur, ça donne envie de se mélanger. On dira ce que l’on veut, Netflix qui plante en décembre, c’est la catastrophe. Netflix qui plante en juillet, y’a pas mort d’hommes.

Puis c’est vachement plus facile de faire des oeillades quand on n’a pas les cils qui sont congelés ou noyés sous la pluie.

Alors évidemment, après ces épisodes de canicule en France, on reste tous inquiets pour le futur. Mais le temps de trouver une solution globale et des solutions individuelles (genre trier, jeter ses mégots de cigarette dans les poubelles, arrêter de prendre des pailles, diminuer les emballages en ayant des sacs réutilisables, VOTER, réduire ses déplacements en voiture et environ 272829 autres solutions faciles à adopter…), essayons de prendre le temps de transpirer en étant heureux, ce sera déjà pas mal.

 

Love

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les 7 différences

— Alors avec le mec ?

— On est trop différents

— Ah ouais je vois… Mais… c’est bien d’être différent, non ?

Alors.

Alors.

Alooooooors.

 

J’ai fait beaucoup de dates. Non attends qu’est-ce que je raconte… J’ai fait BEAUCOUP de dates. Pas que des dates Tinder, parce que les dates Tinder j’en ai fait quelques uns, puis je me suis rendue compte que c’était juste impossible. Que quelqu’un allait mourir beaucoup trop rapidement et que la loi Française n’avait pas encore de spécificités concernant les meurtres Tinder.

 

— Accusée, vous avez quelque chose à dire pour votre défense dans le meurtre de Roger Tinder ?

— Oui. Il a commandé trois cocktails et deux plats pendant que je buvais mon Perrier,  et il m’a parlé de son ex pendant 1h avant de me dire qu’il avait oublié son porte-monnaie et j’ai dû payer la totalité de la note. Ainsi que son Uber.

— Ah. Bon bah innocente alors.

 

J’ai donc fait des dates. Des dates impromptus, des dates organisés, des dates qui ont duré 2 minutes (“Je… J’ai mon chat qui m’appelle… Enfin je veux dire on m’appelle pour mon chat.. Oh merde”), des dates qui ont duré des jours, des nuits, des dates qui en fait n’étaient pas des dates (“T’entends quoi par t’as une nana depuis 8 ans ?”).

 

J’ai même fait des rencontres.

 

J’ai fait des dates en Anglais, des dates en Maltais, Ukrainien, des dates en Espagnol, et des dates en “What the fuck did he just say?”.

Puis j’ai surtout énormément parlé avec beaucoup, beaucoup, beaucoup de gens qui m’ont eux-même raconté leurs dates. Du coup, j’ai appris pas mal de choses.

Notamment une, qui est, selon moi, la plus importante :

 

Peu importe l’endroit, peu importe la personne, le moment, et le mood, il faut garder un truc en tête : les différences, c’est bien.

 

Puis j’ai essayé d’être avec des gens très différents de moi. Du coup j’ai complété ce que j’avais appris : les différences, c’est bien. Mais ça dépend lesquelles.

Ah ouais ? Et what do you mean comme dirait Justin ?

 

#Ne pas aimer le même parfum de glace ne fait pas partie de la même catégorie de différence qu’être pour ou contre l’avortement par exemple.

Ce que je veux dire avec ce titre de catégorie beaucoup trop long, c’est qu’il y a des choses qui nous définissent en tant qu’être humain. Nos croyances, nos convictions, nos envies pour le monde dans lequel on évolue nous définissent en tant qu’être humain. Parfois, des personnes peuvent ne pas être d’accord avec notre vision. Et parfois encore, elles peuvent aller à l’encontre de ces dernières.

Certains choix en impliquent d’autres, et c’est souvent là que ça pose problème. Parce que l’on peut ne pas voter pour le même parti politique par exemple, cela induit très souvent qu’une différence d’opinion ne va que très seulement être écrite au singulier.

Sans faire de généralité, il est très peu probable qu’une personne qui pense que les personnes lesbiennes et gays sont des erreurs de Dieu comprenne l’évolution féministe du monde dans lequel on vit.

Je peux me tromper hein, je ne suis pas sociologue, mais j’ai quand-même des doutes. Et si être avec quelqu’un qui ne comprend pas que la glace au yaourt est l’une des choses les plus belles au monde n’est en soi pas très grave, se dire que l’on va passer sa vie avec quelqu’un qui jette ses papiers par terre sans comprendre le problème alors que l’on est dans une réflexion sans déchet, est un peu plus…compliqué à gérer.

#On peut “agree to disagree” et bien le vivre, tant que l’on s’écoute l’un l’autre

On peut ne pas être d’accord sur les façons de vivre, tant que c’est dans le respect et l’écoute de l’autre. Et encore une fois, c’est ici une question de curseur. Tant que l’on fait sincèrement l’effort d’écouter les arguments de l’autre, pas dans le but de le contrer mais de les comprendre, les recevoir, les accepter, on peut finalement apprendre des choses, en comprendre d’autres, et vivre avec, sans forcément les intégrer à notre vie. Je ne connais pas que des végétariens en couple avec des végétariens, et ça se passe très bien. Mais je ne connais pas non plus de vegan en couple avec un chasseur ; vous voyez la différence ?

En même temps je suis déjà sortie avec un boucher. Spoiler alert, ça ne s’est pas bien fini.

#On peut agir de la même manière mais pour des raisons totalement différentes

Et puisque l’on parle de végétarisme qui est QUI NE LE SAIT PAS, l’un de mes sujets de prédilection, il s’avère que je connais également des gens qui se fréquentent et qui sont végétariens, mais absolument pas pour les mêmes raisons.

Ils ont donc une façon de se nourrir commune, mais ne mènent pas le même combat. Alors d’accord, c’est lié et ils ont des valeurs qui se rejoignent sur plein de points, mais il s’agit ici encore d’être différents tout en se nourrissant des ambitions et combats de l’autre pour agrémenter le sien. Et ça peut très bien se passer, tant qu’encore une fois, on écoute l’autre sans penser que de facto, notre combat est plus valorisant que celui de l’autre. Ni mieux. Ni plus légitime. Et ça peut très bien se passer.

En même temps je suis déjà sortie avec un végétarien. Mais il comptait les calories. Spoiler alert, notre histoire n’a pas survécue à mon premier goûter pain complet peanut butter et confiture.

#On peut évoluer et faire évoluer dans la douceur et la réussite, si ce n’est pas notre objectif principal

“On ne change pas les gens”. Mais en même temps, pourquoi est-ce que l’on voudrait changer totalement une personne avec laquelle on a envie de passer du temps ? On peut échanger, écouter, évoluer, faire se rencontrer… et donc faire évoluer les mentalités. Que ce soit la nôtre, ou la sienne. Et si tout ça est pensé dans un but altruiste et de partage, ça ne peut qu’aller bien.

Mais, si dès le début, des choses chez la personne vous hérissent le poil, des choses vous font honte ou face auxquelles vous ne vous sentez vraiment pas à l’aise, même après discussion, je pense que vous savez quoi faire.

#On peut être avec quelqu’un qui nous ressemble totalement, et avoir une relation chaotique.

Parce que tu as beau te trouver cool, pas sûre que tu sortirais avec toi pour autant. Moi je dis toujours que je serai super amie avec moi, mais que je ne sortirai pas avec moi, parce que je n’aurais pas confiance. Alors imaginez deux secondes sortir avec quelqu’un qui vous ressemble au niveau de la personnalité ? Les mêmes goûts, les mêmes envies, les mêmes qualités certes… mais les mêmes travers aussi.

En conclusion

Pas de conclusion. Ca va… c’est l’été.

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pursuit of happiness

J’ai vu ce film avec Will Smith*, il m’a retournée. Et depuis je me souviens que le bonheur est parfois là, sans que l’on ait besoin de courir après. Pas les choses pratiques, le bonheur, le pur, le simple.

Le ventilo sur les pieds nus à l’agence

 

Se réveiller 3min avant le réveil et ne pas être fatigué.e

 

“Votre vol est confirmé”

 

“Je te fais confiance”

 

“Merci”

 

La première gorgée de bière

 

La première gorgée de café

 

La première gorgée d’eau fraîche

 

Se souvenir que l’on est dans un pays où l’on peut boire sans devoir marcher des kilomètres pour s’abreuver. Ah, toi non plus ça ne te rend pas heureux mais ça te donne envie de faire les choses ? Viens on en parle.

 

“Je t’aime”

 

Le silence.

 

Le Coca frais posé sur le bureau un lendemain de soirée.

 

Un ciel bleu, partout.

 

Le douche froide après le running en été

 

La douche chaude après le tennis en hiver

 

Ecrire.

*On l’a pas vu ensemble ensemble, genre lui il joue dedans et moi je mangeais des pâtes au cheddar sur mon lit. Je voulais que ce soit clair.

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les singes de la sagesse

Oui, il s’agit bien des trois singes qui se cachent la bouche, les oreilles et les yeux. Ces singes que vous avez croisés en revenant de votre road trip en Thaïlande, sur le marché hippie d’Ibiza ou au Duty Free de Bali.

Les trois singes représentent le fait de “ne pas dire le mal, ne pas entendre le mal, ne pas voir le mal.”

Et si à force de ne plus vouloir dire, entendre ou voir le mal, on avait fini par ne plus dire, entendre, ou rien voir du tout ?

La parole

Pourquoi est-ce que l’on a arrêté de se dire les choses dans la vie ?

En amour, en amitié ; on attend que cela “se tasse” en espérant que l’on tienne entre temps. On ghost, on ne rappelle pas, on bloque, on boude, on fait la gueule, on en veut, on se fait des noeuds à l’estomac ; incapables de dire ce que l’on ressent.

Par peur de blesser l’autre, de prendre des décisions irrémédiables qui seront peut-être les mauvaises décisions. Alors on reste, on râle, ou on en oublie l’honnêteté qui nous manque tant.

Je me demande si ça a toujours été comme ça. Si l’on a toujours fui par peur, ou par flemme. C’est pourtant bien de dire les choses, de se parler, de s’écouter, d’écouter les autres. Ca nous permet d’avancer, de mettre des mots sur des sensations, et de gagner du temps pour aller ce vers quoi on aspire réellement. Parce que ne rien dire et attendre que l’autre comprenne, c’est comme faire frire des falafels en slip ; on te souhaite un peu de réussir mais on sent quand-même arriver la catastrophe.

Dire à l’instant T ce que l’on ressent, sans énervement, juste partager et dire à l’autre comment ça se passe dans notre tête. Admettre que l’on peut se tromper, que l’on peut avoir ressenti quelque chose et que ce ne soit plus le cas, ou l’inverse.

Des choses simples qui peuvent nous éviter des soirées les yeux rivés au plafond en se demander si le signal sera bien interprété.

On sait que cela ne sera pas toujours évident, et que, si certaines personnes sauront échanger dans la bienveillance et l’honnêteté, d’autres n’en seront pas forcément capables. Mais essayer, juste essayer, c’est déjà beaucoup.

 

L’écoute

Pourquoi est-ce que l’on a arrêté d’écouter l’autre ?

Devoir se presser pour finir notre histoire par peur que l’autre nous coupe, avoir des échanges stériles et superficiels qui ne nous apportent rien, écouter d’une oreille pour redemander la même chose deux jours plus tard, renvoyer une question simplement par politesse… C’était quand la dernière fois que l’on a écouté à 100% ? Que l’on a eu envie de savoir ce qu’il se passait réellement, sans avoir en arrière pensée une histoire nous concernant lock and loaded ?

On entend, mais est-ce que l’on écoute sincèrement ?

On parle beaucoup pour combler les vides, mais les vides sont si importants pour nous permettre de se poser, de digérer ce qu’il vient de se passer, ce que l’autre a dit et ce que nous on a entendu. Et puis ce que l’on a compris.

On a trop souvent tendance à finir les phrases des autres pour montrer que l’on comprend une sensation que l’autre ne comprend sûrement pas lui-même. C’est compliqué d’analyser ce que l’on ressent, et encore plus quand la personne en face ne nous en laisse pas l’opportunité.

 

L’attention

Pourquoi est-ce que l’on a arrêté de regarder ce qui nous entoure ?

Ici on parle d’attention, ou de la vue, ou de tout ce qui nécessite de faire attention aux personnes qui nous entourent. Parce que parfois les gens craquent, et l’on se demande comment cela se fait que l’on n’ait rien vu avant. Peut-être qu’à force de vouloir occulter tout le mauvais du monde qui nous entoure, on ne prend plus la peine de voir quoi que ce soit : le bon, le mauvais, ou juste le nécessaire.

S’imposer quand l’autre n’a pas envie, voir quand quelqu’un a besoin de nous, trouver des petites attentions pour montrer qu’on n’est là même si l’on ne sait pas vraiment quoi faire.

On ne peut pas tout voir, tout le temps. Mais prendre le temps de lever notre nez de nos téléphone pour voir ce qui nous entoure, c’est aussi prendre conscience du monde dans lequel on évolue. Cela nous permet de le comprendre un peu mieux, de comprendre ses habitants, et de nous comprendre un peu mieux nous-même, et par conséquent d’être plus connecté.

Et à autre chose qu’à Instagram.

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les boules quiès

Depuis 4 ans à l’agence dans le 11ème, j’arrive toujours tôt, pour avoir vingt minutes seule, totalement seule à mon étage et prendre le temps d’organiser mes pensées. Je me suis toujours levée tôt dans la vie, je prends le temps de petit-déjeuner, de regarder un bout de série, de lire quelques pages de mon bouquin, et surtout pour avoir cette sensation que le temps ne m’échappe pas.

Et ces vingt minutes à l’agence, sans écouteurs, sans rien, à regarder par la fenêtre et à ranger les tiroirs de ma tête, en ouvrir quelques uns, en refermer d’autres, sont nécessaires pour que je puisse me sentir bien.

Mais depuis quelques mois, ces vingt minutes n’existent plus.

Enfin, elles existent, mais elles sont dures à obtenir. Parce que le silence n’est plus disponible.

Paris a toujours été bruyante, mais elle est devenue inaudible. Elle râle des pots d’échappements, soupire des bus, elle pleure des orages, dégueule des klaxons et hurle des disputes. Paris ne m’autorise plus ces vingt minutes qu’elle m’offrait depuis toutes ces années. On s’était pourtant mises d’accord.

En participant à un cours de yoga sur les berges de Seine il y a quelques semaines, Paris m’a montrée que pour réussir à obtenir du silence, il fallait se battre. Trop se battre. Je n’ai jamais réussi à me concentrer, et alors que tout le monde faisait des « om », je pensais à tuer des gens.

Comment peut-on réussir à se concentrer quand les agressions sont tellement fortes ?

Comment réussir à trouver une paix intérieure quand tu entends un marteau piqueur à longueur de journée depuis plus d’une décennie ? Que les runners sur les berges de Seine écoutent leur musique via des enceintes portables ? Que le ménage de l’agence se fait pendant la pause dej ? Que Paris comptait au 1er juillet quelques

7 396 chantiers en cours ?

Sept mille trois cent quatre-vingt seize chantiers en cours.

Ça en fait du goudron qui colle sous ta running.

Ici on a des boules quiès, des intra-auriculaires, des casques anti bruits, parce qu’ici, le bruit ne fait pas de pause :

#Les gens toussent. On est 60 à l’agence, et personne n’a la bonne idée de tomber malade en même temps. On se relaie, du coup il y a toujours quelqu’un de malade. Ou d’allergique. Ou les deux.

#Les gens hurlent. Bah oui parce qu’il y a du bruit à l’extérieur, alors forcément, on hurle pour se faire entendre. On hurle en terrasse, on hurle dans la rue, on hurle dans le métro.

#On hurle pour se faire comprendre. J’ai nommé, les engueulades publiques. Moi ça me captive. Il y a des gens qui pètent des câbles sans rien en avoir à foutre du regard des autres. Et vas-y que je te tape dans la porte, que je te fasse des grands gestes, que ça pleure, que ça s’embrasse, que ça pleure de nouveau. Et toi tu regardes planqué.e derrière tes Ray Ban en te disant que peut-être que Racine a pensé ses pièces en voyant un couple se déchirer dans la rue. Le drame inspire et attire, c’est un fait.

#Les travaux. Paris et les travaux c’est un thème qui prend des proportions dramatiques. Avant, on avait du mal à trouver une place en terrasse, heureusement ce problème n’est plus d’actualité. Souvent coincées entre un boulevard bruyant, un marteau piqueur, un camion poubelle et une grue qui bip, plus personne ne va en terrasse.

#Les gens appellent. Sérieux, les appels c’est pas possible, moi j’ai l’impression qu’il va se passer un truc grave quand on m’appelle. Que quelqu’un est mort, a été kidnappé (merci Taken — « Good Luck »), ou que j’ai oublié de payer une facture. Ca fait tellement officiel. Les appels c’est la banque, l’assurance ou Gérard de Bouygues qui veut te vendre un Samsung Galaxy.

#Les chiens qui aboient. Ce n’est pas le fait qu’ils aboient qui m’énerve, c’est que ça me rappelle que moi je n’ai pas de chien.

#Les gens écoutent de la musique sans casque. Juste comme ça, comme s’ils étaient chez eux, dans l’intimité de leur salon. Alors qu’ils sont dans la rue. Mettons-nous d’accord sur une playlist les gars au moins.

#Les enfants qui pleurent. Ce n’est pas le fait qu’ils pleurent qui m’én… Ah si. Si si c’est tout à fait ça.

Les klaxons, les bus qui font vibrer les bâtiments en attendant à un feu, le camion poubelle qui passe huit fois dans la semaine alors qu’on a, je pense, la rue la plus dégueulasse de Paris. Les gens qui font leur tri sélectif à 7h du matin un dimanche — repose doucement ce pot en verre de confiture Bonne Maman et je te laisserai la vie sauve — qui passent l’aspirateur à minuit, qui se font des cafés quand tu es en conf call, les gens en conf call qui parlent alors que tu parles, les alarmes de voiture qui sonnent pendant deux heures sans s’arrêter, les portes qui claquent…

Paris c’est le mec qui ronfle super fort mais que tu aimes bien quand-même. Et dans les deux cas ; je vous conseille clairement les boules quiès.

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We gotta talk

J’adore parler. J’adore débattre, refaire le match, m’étendre sur la photo d’un film, dire que “quand-même 10€ la pinte ils exagèrent”, j’aime bien raconter, storyteller, narrer, rigoler, plaisanter, répéter “Meuf tu me l’as déjà raconté hier…”, demander l’avis des autres, ne pas écouter l’avis des autres “agree to disagree”. J’aime bien hurler, chuchoter, détailler, analyser, susurrer.

Mais si tant est que j’aime m’exprimer et écouter le reste du monde le faire, je pense que dans certaines situations, il devrait être obligatoire… de se taire.

Aux toilettes

Qu’est-ce que c’est que cette manie que de parler à quelqu’un de l’autre côté de la porte des toilettes. Si je vais là-bas, c’est pas pour débattre de pourquoi le dernier Jim Jarmush était nul. Alors attends, je reviens, et on en parle. La seule situation dans laquelle on peut se parler à travers cette porte c’est entre nanas, en boite, à 12 grammes. Non négociable.

En écrivant un message

Nous sommes une génération qui avons les yeux rivés sur notre écran. C’est mal. Et surtout, c’est malpoli. C’est pour ça que je ne sors pas mon téléphone au restaurant, ou que, quand j’écoute quelqu’un, je l’écoute vraiment. Pas avec un oeil sur facebook. Mais parfois, on doit répondre à un message / mail / whatsapp. Du coup on s’excuse “désolée mais je dois vraiment répondre à mon père / boss / plan cul ”. Comme ça, on annonce qu’on est conscient de faire quelque chose malpoli et qu’on met la conversation entre parenthèses pendant deux minutes, mais on s’excuse en le faisant.

Alors pourquoi, pourquoi, POURQUOI est-ce que la personne continuerait de parler ? On a dit qu’on revenait dans deux minutes, attends donc avant de poursuivre. Sinon, toi tu parles, et je ne t’écoute pas, moi j’envoie “j’ai envie de toi” à mon boss au lieu de l’envoyer à Roger, et je n’ai toujours pas répondu à mon père. Donc personne n’est content.

Pendant les pubs au cinéma

Vous savez combien de temps ça prend d’imaginer / produire une pub ? Longtemps. Très longtemps. Et ça coûte cher. Et ça prend énormément d’énergie. Et puis la pub souvent c’est nul, mais parfois, c’est beau. Alors au prix de votre place de ciné, commencez à porter votre attention sur l’écran dès votre installation dans les fauteuils rouges feutrés.

Au lit

“T’aimes ça ?” “J’y vais plus fort ?” “T’as envie de quoi ?”.

Bah là du coup j’ai très envie que tu te taises, parce que si je dois commencer à lister mes réponses dans ma tête tellement tu sollicites mon cerveau ça ne va pas aller. Je sais que certain.e.s aiment ça. Mais franchement, respirez entre deux questions, sinon ça épuise. Et pas dans le bon sens de la chose.

 

Au cinéma tout court

Je m’en fouuuuus que le mec ce soit celui qui joue dans le film de tu sais pas qui mais si le mec qui sortait avec la nana de la série là.

Je m’en cogne. Arrête de parler. Liste tes questions et on en parle APRÈS. Voilà, comme pour le lit en fait. On peut même s’envoyer en l’air au cinéma comme ça ça fait une pierre deux coups. Vous voyez, on trouve toujours des solutions.

Bien à vous, et du silence.

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C’est comment être célibataire à bientôt 30 ans ?

J’ai lu un article de Garance Doré il y a quelques jours, qui parlait du célibat à plus de 40 ans. Comme d’habitude, c’était brillant, criant de vérité, et très touchant. Alors je me suis dit que j’allais écrire un article sur ce que c’était que d’être célibataire à bientôt 30 ans.

C’est changer le “1m95, blond, épaules larges, plus de 80 kilos, bilingue Anglais, né ailleurs qu’en France, qui pratique un sport stylé type rugby ou waterpolo, tatoué, investi dans le bénévolat, études supérieures, sensible à la cause animale” que tu avais en tête quand tu avais 20 ans, en “poli”.

 

Puis changer le “poli” en “qui ne regarde pas son téléphone alors que je lui parle”

 

Puis en “ne regarde son téléphone que trois fois max quand je lui parle”

 

Avant de te dire que non, tu ne te contenteras pas d’un mec impoli en fait. Point barre.

 

C’est rencontrer des mecs, savoir que cela ne va pas marcher parce que tu le sens dans tes tripes, mais essayer quand-même. Arrêter. Essayer. Arrêter. Et puis te dire que ce que tu dois arrêter, c’est surtout de te faire du mal. Et commencer à écouter ce que ton corps te dit.

 

C’est crier à qui veut bien l’entendre que tu es une femme forte et indépendante et que de toute façon tu n’as pas besoin d’un mec pour être pleinement épanouie, et d’avouer après trois Spritz que quand-même, ça te manque d’être amoureuse.

 

Et demander entre deux sanglots et cinq Spritz que “ILLLL EST OUUUU LE BOOOOON ????”

 

C’est dire que de toute façon tu adopteras un bébé seule si a 35 ans tu n’as pas rencontré celui avec lequel tu voudrais partager ta vie.

 

C’est regarder Sex and the City et se dire “putain mais de ouf”

 

C’est regarder l’Auberge Espagnole, les Poupées Russes, Casse Tête Chinois et se dire “AH OUAIS MAIS DE OUF”

 

C’est partager des premiers baisers chaotiques. Genre vraiment chaotiques.

 

C’est partager des premiers baisers qui te font flageoler les jambes, battre le coeur et vibrer tout le corps. Et réaliser que ton coeur est encore là, prêt pour les belles rencontres.

 

C’est avoir la pression de tes parents en permanence. Parce que le fait que tu ne veuilles pas d’enfants ne change rien au fait que des petits-enfants, ils en veulent eux.

 

En fait c’est avoir la pression du reste du monde.

 

C’est apprendre à s’aimer et à passer du temps avec soi-même.

 

C’est te dire que si tu es célibataire, et que Chris Hemsworth ne l’est toujours pas, c’est peut-être qu’il y a un lien de corrélation.

 

C’est se raconter nos histoires entre potes / copines en mangeant une omelette et en se disant que “non mais quand-même y’a qu’à Paris que ça arrive”.

 

C’est appeler des copines qui vivent à l’étranger et dire “Oh my Gosh I thought it only happened in Paris”

 

C’est se dire que l’inconnu est à chaque coin de rue. Que ce soit le bon inconnu, ou l’inconnu tout court.

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Ça va c’est l’été

L’été, tout est moins grave. L’été on s’en fout un peu de ce qu’il peut se passer, parce que le monde s’est mis d’accord avec cet argument imparable “ohhh, ça vaaaaaa, c’est l’été…”.

L’été les gens peuvent arriver en retard, parce que cela nous donne du temps pour se poser sur un banc et bronzer. On peut attendre une table en terrasse plus longtemps parce que l’on ne se gèle pas le temps de fumer une cigarette. Les bars dégueulent de parisiens qui vont de rosé en Ricard, et ça ne nous dérange pas vraiment de marcher sur la route faute de place, parce que de toute façon, Paris est vide.

L’été les gens sont beaux. Et disponibles. Ah oui, parce que l’été, les couples se défont plus vite qu’un lacet glissant. Donc forcément l’été, on fait l’amour. On fait l’amour, on baise, on s’envoie en l’air ; peu importe la façon de le faire tant qu’on le fait. Oui j’ai dit “baiser”. Oh ça va, c’est l’été.

 

L’été, notre work out de la salle de gym au néon grésillant se transforme en cours de yoga matinal face à l’eau. Parce que l’été on veut bien faire des efforts, comme se lever tôt, se coucher tard, ou les deux. L’été, on mange moins, donc on se trouve plus mince, et à Paris, se trouver mince signifie se trouver beau pour beaucoup. L’été on mange des choses bonnes et fraîches ; de la tomate mozza de l’Italien au coin de la rue à la Carambole de notre cocktail en passant par une tranche de pastèque à la fin d’un barbecue. On mange bon, frais, et surtout on mange sexy. La pêche juteuse dans laquelle on croque a quand-même une autre gueule que la patate raclette du mois de novembre. Et puis des desserts sucrés, on ne s’en prive pas. Ça va, c’est l’été.

 

L’été on fait le tri ; on se débarrasse des tee-shirts que l’on ne met plus, de nos jeans élimés, des plans cul que l’on ne rappelait que lorsque Netflix plantait, et des vernis à ongles qui ont une consistance douteuse. Parce que l’été ; on a le choix. Les fringues sont moins chères, les friches poussent comme des bonnes herbes, et la carte des cocktails colorés s’allonge à perte de vue. Et souvent, on en boit un de trop. Mais bon… ça va, c’est l’été.

 

L’été on arrête de se lisser les cheveux, on arrête de se maquiller, on arrête de s’habiller et on regarde notre bronzage qui ressort dans nos draps blancs qui ont chauffé au soleil. On marche pieds nus dans l’herbe, et les parcs deviennent nos jardins privés. Mais on veut bien partager les Tuileries avec les milliers de touristes venus découvrir Paris, parce que bon, ça va, c’est l’été.

 

L’été, c’est le sas de décompression. Le dernier moment que l’on s’accorde avant de prendre les vraies décisions, celles qui vont dicter notre année à venir. Parce que comme les enfants, on continue de compter nos années telles des années scolaires. Et l’été sont autant les grandes vacances des trentenaires que celles des ados.

On s’amuse, on prend un peu plus de temps pour traverser la rue, on exagère nos mouvements, on cale son pas sur le rythme de la musique que l’on écoute, on ne boude pas lorsque l’on attend à un feu, on déteste moins les oiseaux sur les toits et on finitpresque par leur trouver un petit je ne sais quoi bucolique. On dort les fenêtres ouvertes en écoutant Paris qui elle aussi, peine à s’endormir à cause de la chaleur. On se dit que vivre autrement qu’en short n’est définitivement pas une façon de le faire et on lance des regards appuyés à ceux qui nous donnent encore plus chaud que les 33°c ambiants. Bah quoi ? Ça va, c’est l’été.

 

L’été, on fait des plans sur la comète, on en écrit, on en raye, on repense à certains, et on en repousse d’autres. Parce que l’on peut hésiter, après tout, on prendra les décisions à la rentrée.

En attendant, ça va… c’est l’été.

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